Il passera le reste de ses jours comme les vôtres. Il aura un âne qu’il montera, dont la largeur entre les deux oreilles sera de quarante coudées. Il dira alors aux gens : « Je suis votre Seigneur. » Pourtant, il est borgne, tandis que votre Seigneur n’est pas borgne. Et il sera écrit entre ses deux yeux « Kafir » (K–F–R), épelé lettre par lettre. Tout croyant saura le lire, qu’il sache écrire ou non. Il visitera chaque point d’eau et chaque source, à l’exception de Médine et de La Mecque, que Dieu lui a interdites, des anges se tenant à leurs portes. Il disposera de montagnes de pain, tandis que les gens subiront la faim, hormis ceux qui le suivront. Il aura avec lui deux fleuves, et je sais mieux que lui ce qu’ils sont : l’un, qu’il appellera « paradis », et l’autre, qu’il appellera « enfer ». Celui qui entrera dans ce qu’il nomme « paradis » sera en réalité dans l’enfer, et celui qui entrera dans ce qu’il nomme « enfer » sera en réalité dans le paradis.
Avec lui surgiront des démons qui parleront aux gens. Il suscitera une grande épreuve : il ordonnera au ciel de faire tomber la pluie, ce que les gens verront de leurs propres yeux ; il tuera une personne, puis la ressuscitera, toujours sous le regard de tous, mais ne pourra répéter ce prodige sur personne d’autre. Il dira alors aux gens : « Qui, hormis le Seigneur, pourrait agir ainsi ? »
Les musulmans fuiront vers la montagne de la Fumée (Jabal ad-Dukhân), en Syrie. Il viendra les assiéger, et l’épreuve sera très dure pour eux. Puis Jésus, fils de Marie, descendra. Il appellera à l’aube en disant : « Ô gens, qu’est-ce qui vous empêche de sortir pour affronter ce menteur malfaisant ? » Ils répondront : « C’est un homme de jinn. » Ils iront alors à sa rencontre, et se trouveront face à Jésus fils de Marie (ﷺ). La prière sera alors établie, et on lui dira : « Avance, ô Esprit de Dieu. » Mais il répondra : « Que votre imam s’avance et dirige la prière. » Après qu’il aura accompli la prière de l’aube, ils sortiront combattre l’imposteur.
Lorsque le menteur verra Jésus, il se dissoudra comme le sel dans l’eau. Jésus marchera vers lui et le tuera, au point que les arbres et les pierres diront : « Ô Esprit de Dieu, voici un Juif ! » Il n’épargnera personne parmi ceux qui le suivaient, et tous seront tués. »
Ce récit est rapporté exclusivement par Ahmad. Il est également transmis par plusieurs personnes d’après Ibrâhîm ibn Tâhmân, qui est digne de confiance (2).
Le hadith de Nawwâs ibn Sim‘ân al-Kilâbî va dans le même sens, en version plus détaillée : Muslim rapporte (selon Abû Khaythama Zuhayr ibn Harb) : « Al-Walîd ibn Muslim m’a raconté qu’Abd al-Rahmân ibn Yazîd ibn Jâbir lui a transmis, d’après Yahyâ ibn Jâbir at-Tâ’î, le juge de Himṣ, qui le tenait d’Abd al-Rahmân ibn Jubayr, lequel le tenait de son père Jubayr ibn Nufayr al-Ḥaḍramî, qu’il avait entendu Nawwâs ibn Sim‘ân al-Kilâbî… » (et ainsi de suite). Muhammad ibn Mihrân ar-Râzî raconta la même chose — et le texte lui appartient — en disant : « Al-Walîd ibn Muslim nous a relaté avoir entendu ‘Abd al-Rahmân ibn Yazîd ibn Jâbir, d’après Yahyâ ibn Jâbir at-Tâ’î, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Jubayr ibn Nufayr, d’après son père Jubayr ibn Nufayr, d’après Nawwâs ibn Sim‘ân, qui dit : “Un matin, le Messager de Dieu (ﷺ) évoqua le Dajjâl, le décrivant tantôt de manière atténuée, tantôt de manière vigoureuse, au point que nous l’imaginâmes déjà au milieu des palmiers. Lorsque nous revînmes auprès de lui, il remarqua notre trouble et dit : « Qu’avez-vous donc ? » Nous répondîmes : « Ô Messager de Dieu, tu as parlé du Dajjâl ce matin, tantôt en l’atténuant, tantôt en le soulignant, au point que nous l’avons cru tout proche des palmiers. » Il répondit : « Ce n’est pas lui qui me fait le plus peur pour vous… S’il sort alors que je suis parmi vous, je m’en chargerai à votre place ; s’il sort alors que je ne suis plus, chacun devra se défendre lui-même, et Dieu sera le protecteur de chaque musulman. C’est un jeune homme, aux cheveux crépus, à l’œil éteint, je le compare à ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qatan. Que quiconque d’entre vous le rencontre lui récite les débuts de la sourate…” ».”