Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il se convertit. Je dis : « Il est entré à Médine. » Il répondit : « Même s’il est entré à Médine. » Ce hadith est rapporté uniquement par Abou Dāoūd et il est très étrange (1).

Al-Ḥāfiẓ (le grand spécialiste du ḥadīth) Abū Yaʿlā a dit : « Muḥammad ibn Abī Bakr nous a rapporté, Abū ʿĀṣim (Saʿd ibn Ziyād) nous a rapporté, il m’a dit d’après Nāfiʿ, mon affranchi, d’après Abū Hurayra, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) s’est installé sur la chaire et a dit : « Tamīm m’a fait un récit. » Puis il aperçut Tamīm dans un coin de la mosquée et déclara : « Ô Tamīm, raconte aux gens ce que tu m’as raconté. » Tamīm dit : « Nous étions sur une île, et nous tombâmes sur une bête dont on ne savait distinguer l’avant de l’arrière. Elle nous dit : “Êtes-vous surpris par ma création ? Dans le couvent, quelqu’un désire vous parler.” Nous pénétrâmes donc dans le couvent et nous y trouvâmes un homme enchaîné dans le fer, depuis la cheville jusqu’à l’oreille. L’une de ses narines était bouchée et l’un de ses yeux effacé. Il nous demanda : “Qui êtes-vous ?” Nous l’en informâmes, puis il demanda : “Qu’est devenue la mer de Tibériade ?” Nous répondîmes : “Elle est telle que tu la connaissais.” Il demanda : “Et les palmiers de Bayṣān ?” Nous répondîmes : “Toujours comme avant.” Il dit alors : “Je foulerai la terre de mes deux pieds, sauf la ville d’Ibrāhīm et Ṭāba.” Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) déclara : “Ṭāba, c’est Médine.” » Voilà un ḥadīth très étrange. Abū Ḥātim a dit : « Abū ʿĀṣim n’est pas solide (dans la transmission). »

L’Imām Aḥmad a dit : « Muḥammad ibn Sābiq nous a rapporté, Ibrāhīm ibn Ṭahmān nous a rapporté, d’après Abū al-Zubayr, d’après Jābir ibn ʿAbd Allāh qui raconta : “Une femme juive de Médine mit au monde un garçon dont l’œil était effacé et protubérant. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) redouta qu’il ne fût l’Antéchrist (al-Dajjāl). Il le trouva sous une couverture (qaṭīfa) en train de marmonner. Sa mère l’avertit : ‘Ô ʿAbd Allāh, Abū al-Qāsim (le Prophète) est venu, sors à sa rencontre.’ Il sortit alors. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit : ‘Qu’a-t-elle, que Dieu la maudisse ! Si elle l’avait laissé, nous aurions su (ce qu’il en est).’ Puis il ajouta : ‘Ô Ibn Ṣayyād, qu’aperçois-tu ?’ Il répondit : ‘Je vois la vérité et je vois le faux, et je vois un Trône sur l’eau.’ Le Prophète fut aussitôt trompé (fa-lubbisa ʿalayhi) (2). Il reprit : ‘Attestes-tu que je suis le Messager de Dieu ?’ L’autre répliqua : ‘Attestes-tu, toi, que je suis le messager de Dieu ?’ Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) répondit alors : ‘Je crois en Dieu et en Ses messagers’, puis il sortit et le laissa.

“Ensuite, il vint le voir une autre fois. Il le trouva dans leurs palmiers, toujours en train de marmonner. Sa mère l’avertit de nouveau : ‘Ô ʿAbd Allāh, Abū al-Qāsim est venu.’ Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) s’écria : ‘Qu’a-t-elle, que Dieu la maudisse ! Si elle l’avait laissé, nous aurions su (ce qu’il en est).’ Le Prophète espérait recueillir quelque parole révélatrice, afin de savoir s’il était vraiment l’Antéchrist ou non. Il dit : ‘Ô Ibn Ṣayyād, qu’aperçois-tu ?’ Il répondit : ‘Je vois la vérité et je vois le faux, et je vois un Trône sur l’eau.’ Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit : ‘Attestes-tu que je suis le Messager de Dieu ?’ Et lui de répondre : ‘Attestes-tu que je suis le messager de Dieu ?’ Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) déclara : ‘Je crois en Dieu et en Ses messagers.’ Puis on le trompa de nouveau et il sortit, le laissant.

“Il revint une troisième ou une quatrième fois, accompagné d’Abū Bakr, de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb, et d’un groupe de Mouhājirīn et d’Anṣār, tandis que j’étais moi-même avec lui. Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) partit devant nous, espérant surprendre quelques propos de sa part. Mais sa mère le précéda et dit : ‘Ô ʿAbd Allāh, Abū al-Qāsim est arrivé !’ Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) s’écria : ‘Qu’a-t-elle, que Dieu la maudisse ! Si elle l’avait laissé, nous aurions su (ce qu’il en est).’ Puis il lui dit : ‘Ô Ibn Ṣayyād, qu’aperçois-tu ?’ Et il répondit : ‘Je vois la vérité et je vois…’”

(1) Rapporté par Abū Dāwūd, n° 4328. (2) Dans le texte original : « f’albasa wa yaḥk ʿalayk », la correction provient du Musnad d’Aḥmad.
أسلم، قلت: فإنه قد دخل المدينة، قال: وإن دخل المدينة. تفرد به أبو داود وهو غريب جدًا (١) . وقال الحافظ أبو يَعْلَى: حدثنا محمد بن أبي بكر، حدثنا أبو عاصم، سعد بن زياد، حدثني نافع مولاي، عن أبي هريرة، أنّ رسول اللَّه ﷺ استوى على المنبر، فقال: "حدثني تميم" فرأى تميمًا في ناحية المسجد، فقال: "يا تميم حدِّثِ الناس ما حَدَّثْتَني" فقال: كنّا في جزيرة، فإذا نحنُ بدابّةٍ لا يُدْرى قُبُلها مِنْ دُبُرِهَا، فقالت: تعجبون من خَلْقي، وفي الدَّيْر من يَشْتَهي كلامكم، فدخلنا الدَّيْر، فإذا نحنُ برجُل مُوثَقٍ في الحديد، من كعبه إلى أذنه، فإذا أحدُ مَنْخِرَيْهِ مسدودٌ، وإحدى عَيْنَيْهِ مَطْمُوسَةٌ، قال: من أنتم؟ فأخبرناه، فقال: ما فَعَلَتْ بُحَيْرَةُ طَبَرِيّة؟ قلنا: كعهدها، قال: فما فعل نَخْلُ بَيْسانَ؟ قلنا: بعهده، قال: لأطَأَنّ الأرضَ بِقَدميّ هاتين، إلّا بَلدةَ إبراهيم، وطابة، فقال رسول اللَّه ﷺ : "طابة، هي المدينة" . وهذا حديث غريب جدًّا. وقد قال أبو حاتم: أبو عاصم هذا ليس بالمتين. وقال الإمام أحمد: حدثنا محمد بن سابق، حدثنا إبراهيم بن طَهْمان، عن أبي الزبير، عن جابر بن عبد اللَّه أنه قال: إن امرأة من اليهود بالمدينة، ولَدَتْ غُلامًا مَمسْوحَةً عينه طالعة ناتئة فأشفق رسول اللَّه ﷺ أن يكون الدجال، فوجده تحت قَطِيفَةٍ يُهَمْهِمُ، فآذَنتهُ أمه، فقالت: يا عبد اللَّه، هذا أبو القاسم قد جاء فأخْرج إلَيْه، فخَرجَ مِن القَطيفة، فقال رسول اللَّه ﷺ : "ما لها قاتلها اللَّه؟ لو تركتْه لبَيَّن" . ثم قال: "يا ابن صياد ما ترى؟ " قال: أرى حقًّا، وأرى باطلًا، وأرى عَرْشًا على الماء، قال: فَلُبِّسَ عليه (٢) ، قال: "أتشهد أني رسولُ اللَّه؟ " فقال هو: أَتَشْهَدُ أني رسولُ اللَّه؟ فقال رسول اللَّه ﷺ : "آمنتُ باللَّه، ورُسله" ثم خرج، وتركه، ثم أتاه مَرّةً أخرى فوجده في نَخْلٍ لهم، يُهمهِمُ، فآذنَتْه أمُّه، فقالت: يا عبد اللَّه، هذا أبُو القاسم قد جاء، فقال رسول اللَّه ﷺ : "ما لها قاتلها اللَّه؟ لو تَرَكَتْهُ لبَيَّنَ" قال: فكان رسول اللَّه ﷺ يطمع أن يسمع من كلامه شيئًا، ليعلم أهو هو أم لا؟ قال: "يا ابن صياد، ما ترى؟ " قال: أرى حقًّا، وأرى باطلًا، وأرى عَرْشًا على الماء، قال: "أتشهد أنِّي رسولُ اللَّه؟ " قال هو: أتشهدُ أنِّي رسولُ اللَّه؟ فقال رسول اللَّه ﷺ : "آمنتُ باللَّه، ورسله" فلبّس عليه، ثم خرج وتركه. ثم جاء في الثالثة أو الرابعة، ومعه أبو بكر، وعمر بن الخطاب في نَفَرٍ من المهاجرين والأنصار، وأنا معه، قال: فبادر رسول اللَّه ﷺ بَيْن أيدينا، ورجا أن يسمع من كلامه شيئًا، فسَبَقَتْهُ أمّه إلَيْه، فقالت: يا عبد اللَّه، هذا أبو القاسم قد جاء، فقال رسول اللَّه ﷺ : "ما لها قاتلها اللَّه؟ لو تركته لبَيَّن" فقال: "يا ابن صياد ما ترى؟ " قال: أرى حقًّا، وأرى
(١) رواه أبو داود رقم (٤٣٢٨). (٢) في الأصل: فلبس ويحك عليك، والتصحيح من مسند أحمد.

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