Trois fois, « Ô Médine la Pure (Ṭayba), en vérité Dieu a interdit qu’elle puisse être pénétrée par le Dajjâl ». Puis, le Messager de Dieu (ﷺ) prêta serment : « Par Dieu, Celui en dehors duquel il n’y a pas de divinité, il n’existe ni chemin, qu’il soit étroit ou large, ni plaine ni montagne, sans qu’un ange ne s’y tienne, l’épée dégainée, jusqu’au Jour de la Résurrection ; le Dajjâl ne pourra y pénétrer auprès de ses habitants ».
‘Âmir raconta : « J’ai alors rencontré Al-Muharrar ibn Abî Hurayra, et je lui ai rapporté le hadith de Fâtima bint Qays. Il me dit : “Je témoigne qu’à mon père, il a été rapporté le même récit que celui que Fâtima t’a relaté, à ceci près qu’il disait : ‘Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : Il (le Dajjâl) se trouve vers l’Est.’” » Il poursuivit : « Puis, j’ai rencontré Al-Qâsim ibn Muhammad, et je lui ai mentionné le hadith de Fâtima. Il déclara : “Je certifie qu’Aïsha m’a rapporté la même chose que ce que t’a rapporté Fâtima, à ceci près qu’elle a ajouté : Les Deux Lieux Sacrés (Mecque et Médine) lui sont interdits.” » Ce hadith a également été rapporté par Abû Dâwud et Ibn Mâjah, suivant la chaîne de transmission d’Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid, via Mujâlid, d’après ‘Âmir ash-Sha‘bî, d’après Fâtima bint Qays. Ibn Mâjah en a donné un récit plus développé, tandis qu’Abû Dâwud l’a renvoyé au hadith qu’il cite juste avant, sans mentionner la corroboration d’Abû Hurayra et d’Aïsha, comme l’a noté l’imam Ahmad (1).
Abû Dâwud a dit : « Nous a rapporté An-Nufaylî ; il nous a rapporté d’Uthmân ibn ‘Abd ar-Rahmân, qui tient d’Ibn Abî Dhi’b, d’après Az-Zuhrî, à travers Abû Salama, de Fâtima bint Qays : le Messager de Dieu (ﷺ) différa un soir la prière de ‘ishâ’ ; il sortit ensuite et dit : “Ce qui m’a retenu, c’est ce récit que Tamîm Ad-Dârî m’a narré au sujet d’un homme se trouvant sur une île en pleine mer. Je tombai face à une femme qui traînait ses cheveux. Je lui demandai : Qui es-tu ? Elle répondit : Je suis Al-Jassâsa. Va à ce palais !” Je m’y rendis et je trouvai un homme tirant ses cheveux, enchaîné de fers, sautant entre le ciel et la terre. Je lui dis : Qui es-tu ? Il répondit : Je suis le Dajjâl. Le Prophète des gens illettrés est-il déjà apparu ? Je répondis : Oui. Il dit : Lui ont-ils obéi ou l’ont-ils rejeté ? Je répondis : Au contraire, ils lui ont obéi. Il dit : Cela est meilleur pour eux.” » Ceci témoigne d’une corroboration du récit de Ash-Sha‘bî depuis Fâtima bint Qays en partie. Abû Dâwud rapporta ensuite la tradition de ‘Abd Allâh ibn Burayda, via ‘Âmir ash-Sha‘bî, d’après Fâtima bint Qays, dans son intégralité, conforme à ce qui précède (2).
Abû Dâwud dit encore : « Nous a rapporté Wâsil ibn ‘Abd al-A‘lâ ; il nous a rapporté d’Ibn Fudayl, via Al-Walîd ibn ‘Abd Allâh ibn Jumaî‘, d’après Abû Salama ibn ‘Abd ar-Rahmân, à travers Jâbir, qui raconta : Un jour, sur le minbar, le Messager de Dieu (ﷺ) déclara : “Il arriva que des personnes voyageaient en mer et n’avaient plus de provisions. Une île apparut à leurs yeux ; ils y débarquèrent pour chercher du pain et ils furent alors abordés par Al-Jassâsa.” J’interrogeai Abû Salama : ‘Qu’est-ce qu’Al-Jassâsa ?’ Il répondit : ‘C’est une femme tirant sur la peau et les cheveux de sa tête.’ Elle leur dit : ‘Allez dans ce palais…’ », et Jâbir mentionna ensuite le long récit. Il fit également allusion aux palmiers de Bayçân et à la source de Zughar. Il dit : “C’est le Messie.” Ibn Abî Salama me précisa qu’un passage du hadith ne lui était pas resté en mémoire. Jâbir affirma qu’il s’agissait d’Ibn Sayyâd. Je lui dis : “Mais il est mort !” Il répondit : “Même s’il est mort.” Je dis : “Mais il s’est converti à l’islam !” Il dit : “Et alors ?” »