Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et pour ce qui concerne la dépense (an-nafaqa), il (le Prophète) envoya quelqu’un vers lui et lui dit : « Que t’importe la fille de la famille de Qays ? » Il répondit : « Ô Messager d’Allah, c’est que mon frère l’a répudiée trois fois d’un seul coup. » Elle raconta : Alors le Messager d’Allah (ﷺ) dit : « Regarde, ô fille de la famille de Qays : la dépense (an-nafaqa) et le logement (as-suknâ) incombent à la femme tant que son mari a encore la possibilité de la reprendre (rach‘a). Mais s’il n’a plus de possibilité de retour sur elle, il n’y a alors ni dépense ni logement. Sors donc et va chez Untel. » Puis il ajouta : « Quelqu’un lui parle ; descends plutôt chez Ibn Umm Maktûm, car il est aveugle et ne te verra pas. » Ensuite il dit : « Ne te remarie pas tant que je ne sois celui qui te remarie. »

Elle poursuivit : « Un homme de Quraysh me demanda alors en mariage. Je me rendis auprès du Messager d’Allah (ﷺ) pour le consulter. Il me dit : “Ne veux-tu pas épouser celui que j’aime davantage que lui ?” Je répondis : “Si, ô Messager d’Allah ; marie-moi donc à celui que tu aimes.” » Elle raconta : « Il me maria alors à Usâma ibn Zayd (1). »

Il (le narrateur) ajouta : « Lorsque je voulus partir, elle me dit : “Assieds-toi que je te raconte un récit au sujet du Messager d’Allah (ﷺ).” » Elle rapporta : « Un jour, le Messager d’Allah (ﷺ) sortit et accomplit la prière de midi, puis il s’assit ; les gens furent effrayés. Il leur dit : “Restez assis, ô gens, car ce n’est pas la crainte qui m’a fait me lever. Seulement, Tamîm ad-Dârî est venu me voir et m’a informé d’une nouvelle qui m’a empêché de faire la sieste tant elle m’a réjoui et a été un plaisir pour moi. J’ai voulu répandre sur vous la joie de votre Prophète. Il m’a appris que des hommes de sa tribu avaient pris la mer et s’étaient trouvés surpris par un vent violent qui les força à accoster sur une île qu’ils ne connaissaient pas. Ils restèrent un moment dans le canot d’un bateau, puis descendirent sur l’île. Là, ils trouvèrent un être couvert d’une toison épaisse, sans savoir s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Ils le saluèrent, il leur répondit, puis ils dirent : ‘Ne veux-tu pas nous informer ?’ L’être répondit : ‘Je ne suis ni pour vous renseigner ni pour m’informer auprès de vous, mais il y a ce monastère vers lequel vous vous êtes dirigés (2), et là se trouve quelqu’un qui a grande hâte de vous informer et de s’enquérir de vos nouvelles.’”

“Ils demandèrent : ‘Qui es-tu ?’ Il ou elle répondit : ‘Je suis la Jassâsa.’ Ils se dirigèrent alors vers le monastère, et y trouvèrent un homme solidement enchaîné, affichant une grande tristesse et se plaignant beaucoup. Ils le saluèrent, il leur rendit leur salut, puis leur dit : ‘Qui êtes-vous ?’ Ils répondirent : ‘Nous sommes des Arabes.’ Il dit : ‘Qu’advient-il des Arabes ? Leur Prophète est-il déjà apparu ? (3)’ Ils répondirent : ‘Oui.’ Il dit : ‘Qu’ont-ils fait ?’ Ils dirent : ‘Ils ont fait ce qu’il fallait : ils ont cru en lui et l’ont soutenu.’ Il dit : ‘C’est un bien pour eux. Avait-il un ennemi contre lequel Allah lui a donné la victoire ?’ Ils dirent : ‘À présent, les Arabes adorent un Dieu unique, ont un unique Prophète et une parole unifiée.’ Il dit : ‘Qu’en est-il de la source de Zughar ?’ Ils dirent : ‘Elle se porte bien, ses habitants en boivent et elle les abreuve, et ils en irriguent leurs cultures.’ Il dit : ‘Qu’en est-il des palmiers entre ‘Ammân et Baysân ?’ Ils répondirent : ‘Ils se portent bien et donnent des fruits chaque année.’ Il dit : ‘Qu’en est-il du lac de Tibériade ?’ Ils répondirent : ‘Il est plein.’ Il poussa alors un profond soupir, puis un autre, puis encore un autre, et jura : ‘Si je sortais de cet endroit, je ne laisserais aucune terre d’Allah sans y mettre le pied, à l’exception de Taïba (Médine), car je n’y ai aucun pouvoir.’”

Et le Messager d’Allah (ﷺ) conclut : « C’est ainsi que s’est achevée ma joie. »

(1) Sa chaîne de transmission est faible dans ce contexte, mais le texte est correct dans l'ensemble selon ses diverses chaînes et témoignages, à l’exception de sa phrase : « Les dépenses et l’habitation reviennent à la femme selon son droit de retour auprès de son mari. » (2) Cela signifie que vous vous êtes approchés de lui. Voir « Tāj al-ʿArūs » (rahiq). (3) Ainsi dans cette narration : « Le Prophète a-t-il été envoyé après cela ? » Et dans une autre narration, chez Ahmad dans « al-Musnad » (4/413 et 418) : « Le Prophète a-t-il été envoyé parmi vous ? » Ce qui clarifie le sens de la narration de notre livre.
والنفقة، فأرسَلَ إليه، فقال: "ما لك، ولابنةِ آلِ قَيْس؟ " قال: يا رسول اللَّه إنّ أخي طَلّقها ثلاثًا جميعًا، قالت: فقال رسول اللَّه ﷺ : "انظري يا ابنة آل قيس، إنما النفقة والسُّكْنَى للمرأة على زوجها، ما كانت له عليها رَجْعَة، فإذا لم يكن له عليها رجعة، فلا نفقة، ولا سُكْنى، اخرجي، فانزلي على فُلانَة" ثم قال: "إنّه يُتحدّث إليها، انزلي على ابن أم مَكْتوم فإنّه أعمَى لا يراك" ثم قال "لا تنكْحِي حتى أكونَ أنا أُنْكحكِ" . قالت: فخطبني رجل من قُريش، فأتيتُ رسول اللَّه ﷺ أسْتأْمِرهُ، فقال: "ألا تَنْكِحينَ مَنْ هُوَ أحَبُّ إليّ منه؟ " فقلت: بلى، يا رسول اللَّه، فأنْكِحْنِي مَنْ أحْبَبْتَ، قالت: فأنكحَني مِنْ أسامةَ بنِ زَيْد (١) . قال: فلمّا أردتُ أن أخرج، قالت: اجلس حتى أحَدّثك حديثًا عن رسول اللَّه ﷺ . قالت: خرج رسول اللَّه ﷺ يومًا من الأيام، فصلّى صلاة الهَاجِرةِ، ثم قَعَد، ففزِع الناسُ، فقال: "اجلسوا أيّها الناس، فإنّي لم أقُم مَقَامِي هذا لِفزع، ولكنّ تميمًا الداريَّ أتاني، فاخبرني خبرًا منعني من القَيْلُولةِ من الفَرح، وقُرّةِ العَيْن، فأحببتُ أن أنْشُر عليكم فرح نبيكم، أخبرني أن رهطًا من بني عمِّه ركبوا البحر، فأصابتهم ريحٌ عاصفٌ فألجأتهم الريحُ إلى جزيرة لا يعرفونها، فقعدوا في قُوَيْرب سفينة، حتى خرجوا إلى الجزيرة، فإذا هم بشيء أهْلَبَ كثيرِ الشعر، لا يدرون، أرجلٌ هو أو امرأة؟ فسلّموا عليه، فردّ عليهم السلام، فقالوا: ألا تُخبرنا؟ فقال: ما أنا بمُخبركم، ولا بمُستخبركم، ولكن هذا الدَّير الذي قد رَهِقْتمُوه (٢) فيه مَنْ هو إلى خبركم بالأشواق أن يخبركم، ويستخبركم، قالوا: قلنا: ما أنت؟ قالت: أنا الجَسّاسة، فانطلقوا حتى أتوا الدير، فإذا هم برجل مُوثَقٍ شَدِيدِ الوَثاق، مُظْهِرِ الحُزْن، كثيرِ التّشَكِّي، فسلّموا عليه، فرّد عليهم، فقال: ممن أنتم؟ قالوا: من العرب، قال: ما فعلت العرب؟ أخرَجَ نَبِيُّهُمْ بَعْدُ؟ (٣) قالوا: نعم، قال: فما فعلوا؟ قالوا: خيرًا، آمنوا به، وصدقوه، قال: ذلك خير لهم، قال: فكان له عدوّ فأظهره اللَّه عليهم؟ قال: فالعرب اليوم إلههُمْ واحد، ونَبِيّهُمْ واحد، وكلمتهم واحدة؟ قالوا: نعم، قال: فما فعلت عين زغر؟ قالوا: صالحة، يشرب منها أهلها، تسقيهم ويَسْقُونَ منها زَرْعَهُمْ. قال: فما فعل نخل بين عَمَّانَ وَبيْسان؟ قالوا: صالح، يُطْعِمُ جَنَاهُ كُلَّ عامٍ، قال: فما فعلت بُحَيْرة طَبرِية؟ قالوا: ملأى، قال: فَزَفَر، ثُمّ زفر، ثم زفر، ثم حلف: لو خَرَجْتُ من مكاني هذا ما تركتُ أرضًا من أرض اللَّه إلّا وطِئْتُها، غيرَ طَيْبَةَ، ليس لي عليها سُلْطان، قال: فقال رسول اللَّه ﷺ : " إلى هذا انتهى فرحي"
(١) وإسناده ضعيف بهذا السياق، صحيح المتن بالجملة بطرقه وشواهده، دون قوله: "إنما النفقة والسكنى للمرأة على زوجها ما كانت عليه رجعة". (٢) أي دنوتم منه. انظر "تاج العروس" (رهق). (٣) كذا في هذه الرواية: "أخَرَجَ نبيُّهم بعد؟ " وفي رواية أخرى عند أحمد في "المسند" (٤/ ٤١٣ و ٤١٨): "هل بعث فيكم النبي؟ " وهي توضح معنى رواية كتابنا.

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