Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« Tu seras mis à l’épreuve. Si tu l’es, ne me dénonce pas. » Le jeune garçon guérissait l’aveugle-né, le lépreux et toute autre maladie, et c’est Dieu qui leur accordait la guérison par son intermédiaire (1).

Il y avait un courtisan du roi qui devint aveugle. En entendant parler du jeune garçon, il alla le trouver en lui apportant de nombreux présents et lui dit : « Guéris-moi, et tout ceci sera à toi. » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne ; c’est Dieu — Exalté soit-Il — qui guérit. Si tu crois en Lui, je Le prierai et Il te rendra la santé (2). » L’homme crut alors, le garçon pria, et Dieu le guérit.

Plus tard, cet homme revint voir le roi et s’assit près de lui, comme auparavant. Le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? » L’autre répondit : « Mon Seigneur. » Le roi poursuivit : « C’est donc moi ? » Il répliqua : « Non, mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi reprit : « Aurais-tu un autre seigneur que moi ? » L’homme dit : « Oui, mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il révèle le nom du jeune garçon.

Quand il fut amené devant le roi, celui-ci lui dit : « Ô mon enfant, serais-tu parvenu, grâce à ta sorcellerie, à guérir l’aveugle-né, le lépreux et toutes ces maladies ? » Le jeune garçon répondit : « Je ne guéris personne (3) ; c’est Dieu — Exalté soit-Il — qui guérit. » Le roi rétorqua : « C’est donc moi ? » et le garçon répondit : « Non. » — « As-tu un autre seigneur que moi ? », demanda le roi. Le garçon dit : « Mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi le fit de nouveau torturer, jusqu’à ce qu’il révèle le nom du moine.

Le moine fut alors amené devant le roi, qui lui ordonna : « Abjure ta foi. » Il refusa, et le roi plaça une scie sur le sommet de son crâne et le coupa en deux. Puis il ordonna à l’aveugle guéri : « Abjure ta foi. » L’homme refusa également, et on lui scia la tête de la même manière.

Le roi s’adressa alors au jeune garçon : « Abjure ta foi. » Mais il refusa. Le roi l’envoya donc avec quelques hommes vers telle ou telle montagne en disant : « Lorsque vous serez arrivés à son sommet (5), s’il renonce à sa foi, laissez-le, sinon précipitez-le (6). » Ils l’emmenèrent, mais une fois parvenu au sommet, le jeune garçon dit : « Ô mon Dieu, préserve-moi d’eux de la manière qu’il Te plaira. » La montagne se mit à trembler, ils chutèrent tous et périrent. Le garçon, tâtonnant, revint jusqu’au roi et entra auprès de lui. Le roi lui demanda : « Qu’est-il advenu de tes compagnons ? » Il répondit : « Dieu m’en a dispensé. »

Alors le roi envoya le jeune garçon avec d’autres hommes sur une barque (7), en disant : « Si, au milieu de la mer, il renonce à sa foi, épargnez-le ; sinon, précipitez-le dans les flots (8). » Ils s’aventurèrent donc en mer et le jeune garçon pria : « Ô mon Dieu, préserve-moi d’eux de la manière qu’il Te plaira. » Ils furent tous engloutis et le garçon, après avoir échappé au naufrage, se rendit à nouveau chez le roi. Celui-ci lui demanda : « Qu’est-il advenu de tes compagnons ? » Il répondit : « Dieu m’en a dispensé. »

Le jeune garçon affirma ensuite au roi : « Tu ne pourras pas me tuer à moins de faire ce que je vais t’indiquer. Si tu le fais, tu me tueras ; sinon, tu seras incapable d’en venir à bout. » Le roi lui dit : « Qu’est-ce donc ? » Le jeune garçon proposa : « Rassemble la population sur une vaste esplanade, puis crucifie-moi sur un tronc et prends une flèche de mon carquois. Ensuite, dis : “Au nom de Dieu, le Seigneur du garçon.” Si tu agis ainsi, tu me tueras. » Le roi exécuta ce plan : il réunit les gens en un lieu, fixa le jeune garçon sur un poteau, plaça la flèche sur la corde de l’arc, puis décocha le trait en disant : « Au nom de Dieu, le Seigneur du garçon. » La flèche atteignit la tempe du jeune garçon, qui porta la main à la plaie et mourut (9). Alors, les gens s’écrièrent

(1) Son expression « Dieu entre ses mains » ne figure ni dans al-B, ni dans al-Musnad. (2) Dans al-Ṭ : « et il a appelé. Il t’a guéri. » (3) N’existe pas dans al-B. (4) Dans al-Ṭ : « le moine ». (5) Dans al-B : « le sommet de la montagne ». (6) Ajouté dans al-Musnad : « au-dessus de lui ». Quant à « ad-dahdahah » : cela signifie « la roulade ». (7) Ainsi dans al-Musnad, ce qui est correct. Dans al-ʾA, al-B et al-Ṭ : « qarqara ». « Al-qarqūr » désigne un navire. (8) Dans al-Ṭ : « alors ils l’ont noyé ». (9) Dans al-B : « alors il posa ». Ce qui est en accord avec ce qui figure dans al-Musnad.
ستُبْتَلَى فإن ابتُلِيت فلا تدل عليَّ. فكان الغلام يُبرئ الأكمه والأبرصَ وسائر الأدواء ويشفيهم الله على يديه (١) وكان جليسٌ للملك فعمي، فسمع به، فأتاه بهدايا كثيرة، فقال: اشفني ولك ما هاهنا أجْمَع. فقال: ما أنا أشفي أحداً، إنما يشفي الله – Exalté soit-Il – ، فإن آمنت به دعوت الله فشفاك (٢) . فآمن، فدعا الله فشفاه. ثم أتى الملكَ، فجلس منه نحو ما كان يجلس، فقال له الملك: يا فلان من ردّ عليك بَصَرَك؟ فقال: ربي. قال: أنا. قال: لا ربي وربُّك الله. قال: ولك ربٌّ غيري؟ قال: نعم، ربي وربك الله. فلم يزل يعذبه حتى دلّ على الغلام، فأتى به فقال: أي بني! بَلَغَ من سحرك أن تُبرئ الأكمه والأبرص، وهذه الأدواء؟! قال ما أشفي أنا أحداً (٣) إنما يشفي الله – Exalté soit-Il – . قال: أنا. قال: لا. قال: أولك ربٌّ غيري؟ قال: ربي وربك الله. قال: فأخذه أيضاً بالعذاب، ولم يزل به حتى دَلَّ على الراهب، فأتي بالراهب (٤) فقال: ارجع عن دينك. فأبى. فوضع المنشار في مَفْرِق رأسه حتى وقع شِقَّاهُ. وقال للأعمى: ارجع عن دينك. فأبى. فوضع المنشار في مفرق رأسه حتى وقع شِقَّاه. وقال للغلام: ارجع عن دينك. فأبى. فبعث به مع نفر إلى جبل كذا وكذا. وقال: إذا بلغتم ذروته (٥) فإن رجع عن دينه، وإلا فدهدهوه (٦) ، فذهبوا به، فلما علوا الجبل قال: اللهم اكفنيهم بما شئت. فرجف بهم الجبل فدُهدِهوا أجمعون. وجاء الغلام يتلمس حتى دخل على الملك فقال: ما فعل أصحابك؟ فقال: كفانيهم الله. فبعث به مع نفر في قُرْقُوْر (٧) فقال: إذا لججتم البحر فإن رجع عن دينه، وإلا فغَرِّقوه (٨) في البحر، فلججوا به البحر، فقال الغلام: اللهم اكفنيهم بما شئت، فغرقوا أجمعون، وجاء الغلام حتى دخل على الملك فقال: ما فعل أصحابك؟ فقال: كفانيهم الله. ثم قال للملك: إنك لست بقاتلي حتى تفعل ما آمرُك به، فإن أنتَ فعلتَ ما اَمرك به قتلتني، وإلا فإنك لا تستطيع قتلي. قال: وما هو؟ قال: تجمعُ الناسَ في صعيد واحدٍ، ثم تصلبني على جذع، وتأخذ سهماً من كنانتي، ثم قل: بسم اللّه ربّ الغلام، فإنك إذا فعلت ذلك قتلتني، ففعل ووضع السهم في كبد القوس ثمّ رماه وقال: بسم الله ربّ الغلام، فوقع (٩) السهم في صدغه، فوضع الغلام يده على موضع السهم ومات، فقال الناس:
(١) قوله: الله على يديه ليس في ب، ولا في المسند. (٢) في ط: ودعوت. شفاك. (٣) ليست في ب. (٤) في ط: الراهب. (٥) في ب: ذروة الجبل. (٦) زاد في المسند: من فوقه. والدهدهة: الدحرجة. (٧) كذا في المسند. وهو الصواب. وفي أ، وب، وط، قرقرة. والقرقور: السفينة. (٨) في ط: فأغرقوه. (٩) في ب: فوضع. وهو موافق لما في المسند.

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