« Tu seras mis à l’épreuve. Si tu l’es, ne me dénonce pas. » Le jeune garçon guérissait l’aveugle-né, le lépreux et toute autre maladie, et c’est Dieu qui leur accordait la guérison par son intermédiaire (1).
Il y avait un courtisan du roi qui devint aveugle. En entendant parler du jeune garçon, il alla le trouver en lui apportant de nombreux présents et lui dit : « Guéris-moi, et tout ceci sera à toi. » Le garçon répondit : « Je ne guéris personne ; c’est Dieu — Exalté soit-Il — qui guérit. Si tu crois en Lui, je Le prierai et Il te rendra la santé (2). » L’homme crut alors, le garçon pria, et Dieu le guérit.
Plus tard, cet homme revint voir le roi et s’assit près de lui, comme auparavant. Le roi lui demanda : « Qui t’a rendu la vue ? » L’autre répondit : « Mon Seigneur. » Le roi poursuivit : « C’est donc moi ? » Il répliqua : « Non, mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi reprit : « Aurais-tu un autre seigneur que moi ? » L’homme dit : « Oui, mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi ne cessa de le torturer jusqu’à ce qu’il révèle le nom du jeune garçon.
Quand il fut amené devant le roi, celui-ci lui dit : « Ô mon enfant, serais-tu parvenu, grâce à ta sorcellerie, à guérir l’aveugle-né, le lépreux et toutes ces maladies ? » Le jeune garçon répondit : « Je ne guéris personne (3) ; c’est Dieu — Exalté soit-Il — qui guérit. » Le roi rétorqua : « C’est donc moi ? » et le garçon répondit : « Non. » — « As-tu un autre seigneur que moi ? », demanda le roi. Le garçon dit : « Mon Seigneur et le tien, c’est Dieu. » Le roi le fit de nouveau torturer, jusqu’à ce qu’il révèle le nom du moine.
Le moine fut alors amené devant le roi, qui lui ordonna : « Abjure ta foi. » Il refusa, et le roi plaça une scie sur le sommet de son crâne et le coupa en deux. Puis il ordonna à l’aveugle guéri : « Abjure ta foi. » L’homme refusa également, et on lui scia la tête de la même manière.
Le roi s’adressa alors au jeune garçon : « Abjure ta foi. » Mais il refusa. Le roi l’envoya donc avec quelques hommes vers telle ou telle montagne en disant : « Lorsque vous serez arrivés à son sommet (5), s’il renonce à sa foi, laissez-le, sinon précipitez-le (6). » Ils l’emmenèrent, mais une fois parvenu au sommet, le jeune garçon dit : « Ô mon Dieu, préserve-moi d’eux de la manière qu’il Te plaira. » La montagne se mit à trembler, ils chutèrent tous et périrent. Le garçon, tâtonnant, revint jusqu’au roi et entra auprès de lui. Le roi lui demanda : « Qu’est-il advenu de tes compagnons ? » Il répondit : « Dieu m’en a dispensé. »
Alors le roi envoya le jeune garçon avec d’autres hommes sur une barque (7), en disant : « Si, au milieu de la mer, il renonce à sa foi, épargnez-le ; sinon, précipitez-le dans les flots (8). » Ils s’aventurèrent donc en mer et le jeune garçon pria : « Ô mon Dieu, préserve-moi d’eux de la manière qu’il Te plaira. » Ils furent tous engloutis et le garçon, après avoir échappé au naufrage, se rendit à nouveau chez le roi. Celui-ci lui demanda : « Qu’est-il advenu de tes compagnons ? » Il répondit : « Dieu m’en a dispensé. »
Le jeune garçon affirma ensuite au roi : « Tu ne pourras pas me tuer à moins de faire ce que je vais t’indiquer. Si tu le fais, tu me tueras ; sinon, tu seras incapable d’en venir à bout. » Le roi lui dit : « Qu’est-ce donc ? » Le jeune garçon proposa : « Rassemble la population sur une vaste esplanade, puis crucifie-moi sur un tronc et prends une flèche de mon carquois. Ensuite, dis : “Au nom de Dieu, le Seigneur du garçon.” Si tu agis ainsi, tu me tueras. » Le roi exécuta ce plan : il réunit les gens en un lieu, fixa le jeune garçon sur un poteau, plaça la flèche sur la corde de l’arc, puis décocha le trait en disant : « Au nom de Dieu, le Seigneur du garçon. » La flèche atteignit la tempe du jeune garçon, qui porta la main à la plaie et mourut (9). Alors, les gens s’écrièrent