4 – La jurisprudence (fiqh) :
Ceci révèle la diversité des domaines de son savoir. Nous ne nous sommes pas attardés sur l’émergence de ses étonnantes compétences dans les sciences de l’exégèse (tafsîr) et du hadith, car elles sont naturellement présentes dans les prologues et les conclusions de l’ouvrage. Cependant, voir la personnalité du savant juriste l’emporter sur celle de l’historien relève d’une démarche particulière qui mérite d’être relevée et illustrée. C’est ce qui apparaît, par exemple, dans son examen de la question de celui qui assura le mariage d’Oumm Salama (– paix sur lui –) (1), dans son étude du statut juridique de la consommation de la viande d’ânes domestiques (2), ou encore dans son exposé au sujet de la validité du mariage temporaire (3).
5 – L’histoire annalistique (târîkh ḥawlî) :
Le terme « ḥawl » désigne l’année, en tenant compte de sa révolution et de la course du soleil dans ses points de lever et de coucher. À ce sujet, Dieu le Très-Haut dit : « Et les mères allaiteront leurs enfants pendant deux années complètes » [Coran 2 : 233], et Il dit également : « Une provision d’entretien pour une année, sans qu’elles soient expulsées » [Coran 2 : 240].
La méthode de l’histoire annalistique est apparue chez les historiens musulmans à une époque ancienne, dès le IIe siècle de l’Hégire, c’est-à-dire au commencement même de la rédaction historique. Il est rapporté que Haytham ibn ‘Adî, décédé en 207 H, avait composé une histoire classée selon les années (4). De même, Ibn Sa‘d, le secrétaire d’al-Wâqidî, décédé en 230 H, a rédigé une histoire annalistique (5), et nous est parvenue l’Histoire de Khalîfa ibn Khayyât, décédé en 240 H (6).
L’histoire annalistique classée par années est liée au calendrier de l’Hégire prophétique, si bien que ses influences étrangères y sont quasiment inexistantes. C’est pourquoi les historiens musulmans s’y sont particulièrement intéressés. Les premières œuvres annalistiques, dont l’une des plus importantes est l’Histoire de Tabarî, décédé en 310 H, se focalisaient principalement sur les événements historiques, en donnant rarement une place prépondérante aux notices biographiques. Toutefois, dès le VIe siècle de l’Hégire, on note un tournant net dans ce type d’ouvrages, notamment chez les historiens qui étaient également des spécialistes du hadith, et qui accordèrent une attention plus grande à la mention des biographies. Cela apparaît clairement dans le livre « Al-Muntazim » d’Ibn al-Jawzî, décédé en 597 H, où il introduisit une division distincte entre les événements et les décès, plaçant les notices biographiques après les faits marquants de chaque année. Cette méthode a continué d’influencer la forme annalistique des travaux historiques ultérieurs, comme en témoigne le livre « Al-Bidâya » d’Ibn Kathîr (7).
6 – Les décès (al-wafayât) :
L’auteur les mentionne à la fin de chaque année sous le titre : « Ceux qui sont décédés durant cette année ». Il peut parfois s’y étendre longuement