D’après son père et son grand-père, on raconte que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Il n’y a pas eu de prophète qui n’ait décrit le Dajjal à sa communauté. Quant à moi, je vais assurément vous le décrire d’une manière que nul avant moi n’a décrite : il est borgne, tandis que Dieu – exalté soit-Il – n’est pas borgne. » Ils ne l’ont pas mentionné dans leurs recueils, et la chaîne de transmission (isnâd) en est jugée bonne (1).
Dans le Sahîh de Muslim, d’après la chaîne d’al-Aʿmach, rapportée de Shaqîq, rapportée de Hudhayfa, celui-ci rapporte que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Le Dajjal est borgne de l’œil gauche, il a des cheveux touffus (2). Il a avec lui un paradis et un enfer : son enfer est un paradis, et son paradis est un enfer (3). »
Abû Bakr ibn Abî Shayba nous transmit : Yazîd ibn Hârûn nous transmit, d’après Abû Mâlik al-Ashjaʿî, d’après Ribʿî ibn Hirâsh, d’après Hudhayfa, qui a dit : le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a déclaré : « Je sais mieux que lui ce que le Dajjal apportera : il a avec lui deux rivières qui coulent. Selon la vision de l’œil, l’une paraît être de l’eau blanche et l’autre paraît être un feu ardent. Si l’un de vous le rencontre, qu’il se rende vers ce qui lui semble être du feu, qu’il ferme les yeux et abaisse la tête pour y boire : il y trouvera une eau fraîche. En outre, le Dajjal a un œil éteint, recouvert d’une membrane (4). Entre ses deux yeux est inscrit : ‘Kâfir’ (mécréant), que pourra lire tout croyant, qu’il soit lettré ou non. »
Puis ce hadith fut également rapporté par la chaîne de Shuʿba, d’après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, d’après Ribʿî, d’après Hudhayfa, selon le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui), dans un propos similaire. Ibn Masʿûd dit : « Je l’ai également entendu du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui). » Al-Bukhârî le mentionne dans un hadith semblable, d’après la chaîne de Shuʿba (5).
L’imâm Ahmad a dit : « Muhammad ibn Jaʿfar nous a rapporté, Shuʿba nous a rapporté, d’après Abû l-Tayyâh, qui a entendu Sakhra dire, d’après Subayʿ (6) : ‘On m’a envoyé de Mâh (7) à Koufa pour y acheter des montures. Nous arrivâmes à al-Kunâsa. Mon compagnon s’en alla vers les montures, tandis que je m’approchai d’un homme autour duquel se trouvait une assemblée : c’était Hudhayfa. Je l’entendis dire : Les Compagnons du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) avaient coutume de l’interroger au sujet du bien, tandis que moi, je l’interrogeais au sujet du mal. Je lui dis : “Ô Messager de Dieu, après ce bien y aura-t-il un mal ?” Il répondit : “Oui.” Je lui demandai : “Comment s’en préserver ?” Il dit : “Par le sabre.” – Je répliquai : “Et après ?” Il dit : “Il y aura ensuite une trêve entachée de défauts.” – Je dis : “Et puis ?” Il dit : “Ensuite apparaîtront des prédicateurs d’égarement. Si, ce jour-là, tu vois un calife sur terre, suis-le, même s’il atteint ton corps et prend tes biens. Et si tu ne le vois pas, enfuis-toi sur la terre, fût-ce en mourant la racine d’un arbre serrée entre tes dents.” – Je dis : “Et qu’arrivera-t-il après ?” Il dit : “Ensuite sortira le Dajjal.” – Je m’enquis : “Qu’apportera-t-il avec lui ?” Il répondit : “Un fleuve” – ou “de l’eau et du feu”. Celui qui entre dans son fleuve verra ses œuvres anéanties, et le péché lui incombera. Quant à celui qui entre dans son feu, sa récompense lui sera assurée et son péché effacé.”’ »