Entre nous et lui, et si jamais survient l’autre éventualité, ce sont vos terres et vos clans si vous y retournez (1).
Le ẖâfiẓ Bahâ’ al-Dîn Ibn ‘Asâkir rapporte dans son livre « Al-Mustaqsā fī Faḍāʾil al-Aqṣā », selon sa chaîne de transmission, d’al-Awzâʿî, de Khâlid ibn Maʿdân, d’après Kaʿb al-Aẖbâr, qui a dit : « La ville de Constantinople se réjouit de la ruine de Bayt al-Maqdis – c’est-à-dire à l’époque de Bukht Naṣṣar (Nabuchodonosor). Elle en tira fierté et arrogance, et s’éleva orgueilleusement. Dieu Tout-Puissant l’appela alors “l’insolente orgueilleuse”. En effet, elle avait déclaré, tout en se moquant de Bayt al-Maqdis : “Si le Trône de mon Seigneur était sur l’eau, moi, j’ai été bâtie sur l’eau.” Dieu S’est alors courroucé contre elle et lui a promis le châtiment et la destruction. Il lui dit :
“J’ai juré, ô arrogante, parce que tu t’es rebellée contre Mon ordre et que tu t’es enflée d’orgueil, que J’enverrai contre toi des serviteurs croyants, issus des demeures de Saba’. Puis Je fortifierai leurs cœurs jusqu’à les rendre semblables aux cœurs de lions féroces, et Je ferai en sorte que la voix de l’un d’eux, dans la bataille, soit tel le rugissement d’un lion sortant de la forêt. Ensuite, Je frapperai vos cœurs de terreur, semblable à celle subie par l’oiseau fragile ; puis Je vous arracherai vos ornements, vos soieries et vos parures et Je vous laisserai toutes chauves, dénudées et dépouillées. Car voilà bien longtemps qu’on M’y associe d’autres idoles, qu’on adore un autre que Moi et qu’on invente des mensonges contre Moi, tandis que Je t’accordais un répit jusqu’au jour de ta honte. Ne te hâte donc pas, ô rebelle : rien de ce que Je veux n’échappera à Ma volonté.”
L’imam Aḥmad a dit : « Abû Aḥmad nous raconta ; il dit : ‘Abd al-Jabbâr ibn al-ʿAbbâs ach-Chibâmî nous transmit, d’après Abû Qays. ‘Abd al-Jabbâr ajouta : “Je pense que c’était d’après Huzayl.” Celui-ci raconta : Huzayfa se leva pour prêcher dans la demeure de ʿÂmir (2) ibn Ḥanẓala, où se trouvaient le Yéménite (3) et le Muḍarite, et il déclara : “Il viendra un jour sur Muḍar où ils ne laisseront aucun serviteur de Dieu L’adorer sans le tuer, ou bien ils seront frappés si durement qu’ils ne pourront même pas protéger l’extrémité d’un vallon.” Quelqu’un lui demanda : “Ô Abû ʿAbd Allâh, dis-tu cela à ton propre peuple ou à un peuple dont tu fais partie ?” Il répondit : “Je ne fais que rapporter ce que j’ai entendu de la bouche du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) (4).” »
Et l’imam Aḥmad poursuivit : « Abû an-Naḍr nous transmit ; il dit : ‘Abd ar-Raḥmân ibn Thâbit ibn Thawbân nous rapporta, d’après son père, d’après Makḥûl, d’après Jubayr ibn Nufayr, d’après Mâlik ibn Yu khâmir, d’après Mu‘âdh ibn Jabal, qui a dit : Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) a déclaré : “La prospérité de Bayt al-Maqdis annoncera la ruine de Yathrib ; la ruine de Yathrib annoncera le déclenchement de la Grande Bataille (al-malḥama) ; le déclenchement de la Grande Bataille annoncera la conquête de Constantinople ; et la conquête de Constantinople marquera la sortie du Faux Messie (ad-Dajjâl).””
Il dit ensuite : Le Prophète frappa alors de sa main la cuisse ou l’épaule de celui à qui il s’adressait (c’est-à-dire Muʿâdh ibn Jabal) puis dit : “Voilà bien la vérité, tout comme tu es ici” ou “tout comme tu es assis.”” Tel est le récit rapporté par Abû Dâwud, d’après ʿAbbâs al-ʿAnbarî, d’après Abû an-Naḍr, Hâshim ibn al-Qâsim, selon cette chaîne de transmission. C’est une chaîne solide et un ḥadith correct, marqué d’un éclat de sincérité et de la majesté prophétique (5).