Ibn Abî Hâtim rapporta : « Mon père nous raconta, puis al-‘Abbâs ibn al-Walîd, puis Zayd ibn Yaḥyâ ibn ‘Ubayd al-Khuzâ‘î, puis Sa‘îd ibn Bashîr, d’après Qatâda, qui dit : “Dieu proposa à Luqmân le Sage de choisir entre la prophétie et la sagesse, et il préféra la sagesse à la prophétie. Il dit qu’alors Jibrîl vint à lui pendant son sommeil et répandit sur lui la sagesse. Puis, au matin, il se mit à parler avec discernement.” » Sa‘îd ajouta : « J’ai entendu Qatâda dire : “On demanda à Luqmân : ‘Comment as-tu choisi la sagesse plutôt que la prophétie, alors que ton Seigneur t’avait donné le choix ?’ Il répondit : ‘Si Dieu m’avait envoyé la prophétie à titre d’ordre irrévocable, j’aurais espéré qu’Il m’aide à la réaliser et j’aurais aspiré à l’assumer. Cependant, Il me l’a laissée au choix, et j’ai craint d’être trop faible pour la prophétie ; c’est pourquoi la sagesse m’a été plus chère.’” » (1)(2)
On considère toutefois ce récit avec réserve, car des critiques ont été formulées à l’encontre du hadith que Sa‘îd ibn Bashîr rapporte de Qatâda. (3) Quant au récit rapporté par Sa‘îd ibn Abî ‘Arûba, toujours d’après Qatâda, au sujet de la Parole de Dieu : « En vérité, Nous avons donné la sagesse à Luqmân » (Coran 31:12), il explique que cela signifiait pour Luqmân la compréhension de l’islam, qu’il n’était pas prophète et qu’aucune Révélation ne lui fut envoyée. (4)(5) C’est également la position exprimée par plusieurs pieux Anciens, parmi lesquels Mujâhid, Sa‘îd ibn al-Musayyib et Ibn ‘Abbâs. Dieu sait mieux ce qu’il en est.