Un voisin de Jabir ibn ‘Abd Allah me raconta : « Je suis revenu d’un voyage et Jabir vint me saluer. Je me mis alors à lui parler de la division qui avait gagné les gens et de ce qu’ils avaient introduit (en matière de religion). Jabir se mit à pleurer, puis il déclara : “J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : ‘Les gens sont entrés en masse dans la religion d’Allah, et ils en sortiront également en masse.’” » (1)
Et Ahmad a rapporté : « Yahyâ ibn Ishâq nous a raconté, d’après Ibn Lahî‘ah, qui le tenait d’Abou Younus, qui le tenait d’Abou Hourayra » — et Hassan a dit : « Ibn Lahî‘ah nous a rapporté, d’après Abou Younus, d’après Abou Hourayra » — qu’Abou Hourayra (qu’Allah l’agrée) a dit : « Le Messager d’Allah (ﷺ) a déclaré : “Malheur aux Arabes pour un mal qui se rapproche : des épreuves aussi obscures que les ténèbres de la nuit, au point que l’homme se retrouvera croyant au matin et mécréant le soir. Certains vendront leur religion pour un maigre profit de ce bas monde. Celui qui s’y accroche alors à sa religion ressemble à celui qui tient une braise” — ou il a dit : “des épines”. » Hassan, dans son récit, rapporte l’expression : « en se débattant dans les épines. » (2)
Et Ahmad a dit : « Abou Ja‘far al-Madâ’inî nous a raconté, qui le tenait de ‘Abd as-Samad ibn Habîb al-Azdî, d’après son père Habîb ibn ‘Abd Allah, d’après Shubayl ibn ‘Awf, d’après Abou Hourayra, qui a dit : “J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire à Thawbân : ‘Comment réagiras-tu, ô Thawbân, lorsque les nations se ligueront contre vous, comme on se rue sur un plat de nourriture dont on prend sa part ?’ Thawbân répondit : ‘Ô Messager d’Allah, que ma mère et mon père te soient sacrifiés ! Est-ce parce que nous serons peu nombreux ?’ Il dit : ‘Non, au contraire, vous serez alors nombreux, mais on jettera la faiblesse dans vos cœurs.’ Ils demandèrent : ‘Quelle est cette faiblesse, ô Messager d’Allah ?’ Il déclara : ‘Vous aimerez trop la vie d’ici-bas et vous détesterez le combat.’” » (3)
L’imam Ahmad a également rapporté : « ‘Abd ar-Razzâq nous a raconté, d’après Ma‘mar, d’après un homme, d’après ‘Amr ibn Wâbisah al-Asadî, d’après son père, qui a dit : ‘Je me trouvais chez moi à Koufa, quand j’entendis frapper à ma porte : “Que la paix soit sur vous ! Puis-je entrer ?” Je répondis : “Que la paix soit sur toi ! Entre.” Quand la personne entra, je vis que c’était ‘Abd Allah ibn Mas‘oud. Je lui dis : “Ô Abou ‘Abd ar-Rahmân, est-ce l’heure habituelle pour rendre visite ?” C’était en effet le milieu de la journée. Il me dit : “Le temps a été long et j’ai pensé à quelqu’un avec qui je pourrais discuter.” Il se mit alors à me rapporter des propos du Messager d’Allah (ﷺ), et je fis de même. Puis il me raconta : ‘J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) dire : “Il surviendra une tentation (fitna) telle que celui qui dort sera mieux que celui qui est allongé, celui qui est allongé sera mieux que celui qui est assis, celui qui est assis sera mieux que celui qui est debout, celui qui est debout sera mieux que celui qui marche, celui qui marche sera mieux que celui qui monte, et celui qui monte sera mieux que celui qui galope (4). Tous ceux qui y périront iront au Feu.” Alors je dis : “Ô Messager d’Allah, quand cela arrivera-t-il ?” Il répondit : “Ce sera aux jours du tumulte (harj).” Je dis : “Et quand surviennent les jours du tumulte ?” Il répondit : “Quand un homme ne sera plus en sécurité avec la personne à ses côtés.” Je dis : “Que m’ordonnes-tu de faire si j’atteins cette époque ?” Il dit : “Retiens-toi, bride tes mains, et reste chez toi.” Je dis : “Ô Messager d’Allah, que faire si un homme entre chez moi ?” Il répondit : …”’ »