Al-Khattâbî a mentionné dans son livre « al-ʿUzla », et, avant lui, Ibn Abî al-Dunyâ a également consacré à ce sujet un large exposé.
Al-Bukhârî rapporte : « Nous a rapporté ʿAbd Allâh ibn Yûsuf, qui nous a informés que Mâlik tenait dʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh (1) ibn Abî Ṣaʿṣaʿa, d’après son père, d’après Abû Saʿîd, lequel a dit : le Messager d’Allâh (ﷺ) a déclaré : “Il est sur le point d’arriver que le meilleur bien d’un musulman soit un troupeau de brebis qu’il suivra sur les hauteurs des montagnes et dans les endroits arrosés par la pluie, pour fuir avec elles les troubles.” » Ce hadith n’a pas été rapporté par Muslim, mais Abû Dâwud, an-Nassâ’î et Ibn Mâjah l’ont rapporté par cette même chaîne de transmission (2).
Il est alors permis de demander la mort et de la solliciter auprès d’Allâh à l’apparition des troubles et de l’injustice, même si cela est interdit pour d’autres raisons, conformément à ce qui est attesté par le ḥadîth (3).
L’imâm Aḥmad a dit : « Nous a rapporté Ḥasan, qui tient lui-même de Ibn Lahîʿa, lequel tient de Abû Yûnus, d’après Abû Hurayra, d’après le Messager d’Allâh (ﷺ), qui a dit : “Que nul parmi vous ne souhaite la mort et n’y invoque pas (Allâh) avant qu’elle ne vienne à lui, à moins qu’il n’ait la certitude de la valeur de ses actes. En effet, quand l’un de vous meurt, son action est coupée, et il n’est ajouté au croyant que du bien par la prolongation de sa vie.” » (4)
La preuve de la permission de demander la mort lorsqu’adviennent les troubles se trouve dans le ḥadîth qu’Aḥmad rapporte dans son « Musnad » d’après Muʿâdh ibn Jabal. Il s’agit du long récit d’un songe dans lequel on trouve cette invocation : « Ô Allâh, je Te demande d’accomplir les bonnes actions, d’abandonner les mauvaises, et d’aimer les pauvres. Accorde-moi Ton pardon et Ta miséricorde, et si Tu destines une épreuve à un peuple, fais-moi mourir auprès de Toi sans que j’en sois la victime. Ô Allâh, je Te demande Ton amour, celui de ceux qui T’aiment et l’amour de toute action qui me rapproche de Ton amour » (5).
Ces hadiths précédemment cités montrent qu’il viendra un temps éprouvant pour les gens, où il n’existera pas de communauté de musulmans qui s’en tiennent fermement à la vérité, que ce soit sur l’ensemble de la terre ou dans certains endroits seulement.
Il est établi dans le « Ṣaḥîḥ » qu’Abd Allâh ibn ʿAmr rapporte que le Messager d’Allâh (ﷺ) a dit : « Allâh ne retire pas la science en l’arrachant aux gens, mais Il la retire en rappelant à Lui les savants. Quand Il ne laissera plus aucun savant, les hommes prendront pour chefs des ignorants qui seront interrogés, puis émettront des avis sans science ; ils s’égareront et égareront (les autres). » (6)
Dans un autre hadith, il est dit : « Une fraction de ma communauté ne cessera de se manifester sur la vérité ; ni ceux qui les abandonneront ni ceux qui s’opposeront à eux ne leur nuiront, jusqu’à ce que l’ordre d’Allâh vienne alors qu’ils seront ainsi. » (7) Et dans le « Ṣaḥîḥ d’al-Bukhârî » : « … et ils se trouvent en Syrie. » (8)
ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak et plusieurs autres imams ont dit : « Il s’agit des gens du ḥadîth. »