Raqaba, d’après Qays ibn Muslim, d’après Târiq ibn Shihâb, a rapporté : « J’ai entendu ‘Umar ibn al-Khattâb dire : “Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) s’est levé parmi nous et nous a informés du commencement de la création, jusqu’à l’entrée des gens du Paradis dans leurs demeures et des gens du Feu dans les leurs. Celui qui s’en souvient s’en souvient, et celui qui l’a oublié l’a oublié.” » Al-Bukhârî l’a mentionné ainsi, de manière suspendue, à travers une formule de doute, d’après [‘Îsâ] Ghunjâr, d’après Raqaba [qui est Ibn Musqila. Abû Mas‘ûd ad-Dimashqî a dit dans “al-Aṭrâf” : « Seul ‘Îsâ Ghunjâr l’a rapporté d’Abû Ḥamza, d’après Raqaba. »] (1). Et Dieu est plus savant.
Abû Dâwud a déclaré, au début du livre des Troubles (Kitâb al-Fitan) dans ses “Sunan” : « ‘Uthmân ibn Abî Shayba nous a rapporté, d’après Jarîr, d’après al-A‘mash, d’après Abû Wâ’il, d’après Hudhayfa, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) se leva parmi nous et ne laissa rien de ce qui allait advenir, jusqu’au Jour de la Résurrection, sans nous en informer durant ce même discours. Celui qui s’en souvient s’en souvient, et celui qui l’a oublié l’a oublié. Mes compagnons connaissent ces informations ; lorsque l’une d’elles se réalise, elle revient à mon esprit comme un homme se rappelle le visage d’un autre en son absence ; puis, lorsqu’il le revoit, il le reconnaît.” » Al-Bukhârî l’a également rapporté selon la chaîne de transmission de Sufyân ath-Thawrî, et Muslim selon celle de Jarîr, tous deux passant par al-A‘mash (2).
L’imâm Ahmad a dit : « ‘Abd ar-Razzâq nous a rapporté, nous informant que Ma‘mar le tenait d’‘Alî ibn Zayd, d’après Abû Naḍra, d’après Abû Sa‘îd, qui a dit : “Un jour, le Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) nous fit prier al-‘Asr (la prière de l’après-midi). Puis il se leva et nous tint un sermon jusqu’au coucher du soleil ; il ne laissa rien de ce qui arrivera jusqu’au Jour de la Résurrection sans nous l’exposer. Celui qui s’en souvient s’en souvient, et celui qui l’a oublié l’a oublié. Parmi les propos qu’il a tenus, il a dit : ‘Ô gens, le bas-monde est vert et doux, et Dieu vous y a placés en tant que successeurs, observant ce que vous allez faire ; prenez garde au bas-monde et prenez garde aux femmes.’”” Il en rapporta la suite du discours jusqu’à ce qu’il dise, alors que le soleil était sur le point de se coucher : “Ce qui reste de ce bas-monde, par rapport à ce qui en est déjà écoulé, est semblable à ce qui reste de votre journée par rapport à ce qui en est déjà passé.” » ‘Alî ibn Zayd ibn Jud‘ân at-Taymî présente des particularités et des hadiths réprouvés, mais ce hadith possède cependant des témoignages concordants par d’autres voies. On trouve une partie de ce hadith dans le “Ṣaḥîḥ” de Muslim, rapportée de Abû Naḍra d’après Abû Sa‘îd (3).
Ceci démontre clairement, et sans ambiguïté, que ce qui reste de la vie d’ici-bas est très peu en comparaison de ce qui en est déjà écoulé. Malgré tout, nul ne connaît précisément la part restante, hormis Dieu le Très-Haut, tout comme nul ne connaît exactement ce qui en est déjà passé, hormis Dieu (Exalté soit-Il). Quant à ce qui se trouve dans les livres des Israélites et des Gens du Livre, qui fixent ce qui s’est écoulé en milliers et en centaines d’années, plus d’un savant a souligné leur erreur et leur égarement sur ce point, et ils le méritent bien.