Il se rendit à Médine et déclara :
« Hâtez-vous d’aller à Médine et auprès des femmes. Quant à eux, ils la quitteront alors qu’elle sera dans son plus bel état. »
Puis il ajouta :
« Puissé-je savoir quand sortira un feu du Yémen, du mont al-Warrâq, offrant une clarté permettant de distinguer le cou [des chameaux] agenouillés à Boṣrâ, aussi nettement que la lumière du jour ».
Cette chaîne de transmission ne présente pas d’objection (1). Il semble toutefois qu’il y ait eu une confusion chez certains rapporteurs. En effet, le feu qui jaillit du fond d’Aden au Yémen est celui qui poussera les gens de la fin des temps vers le lieu du Rassemblement. Quant au feu éclairant le cou des chameaux, il proviendra de la terre de la Médine prophétique, comme cela a déjà été expliqué.
Le shaykh Shihâb al-Dîn Abû Shâma, qui fut le maître des spécialistes du hadith de son époque et le professeur des historiens de son temps, rapporte qu’en l’an 654 de l’Hégire, un vendredi du mois de Jumâdâ al-Âkhira, un feu apparut dans la région de Médine, dans l’un de ses vallons. Il s’étendait sur quatre parasanges de longueur et quatre milles de largeur, et faisait fondre la roche jusqu’à ce qu’elle devienne semblable au plomb (2), puis elle prenait l’apparence d’un charbon noir. Les gens pouvaient voyager à sa lueur jusqu’à Taymâ’ (3) pendant la nuit. Ce phénomène dura un mois. Les habitants de Médine l’ont documenté et ont composé des poèmes à son sujet, déjà mentionnés précédemment.
Le juge des juges, Ṣadr al-Dîn ‘Alî ibn Abî al-Qâsim al-Ḥanafî, leur cadi à Damas, me raconta — par l’intermédiaire de son père le shaykh Ṣafî al-Dîn, professeur de rite ḥanafite à Boṣrâ — que plusieurs bédouins, se trouvant ce matin-là non loin de Boṣrâ, virent nettement les cous des chameaux éclairés par ce feu apparu dans la terre du Hijâz. Nous avons déjà détaillé cet événement qui advint en l’an 654 de l’Hégire, et ce que nous en avons dit suffit à ne pas devoir le répéter ici.
[Évocation de la nouvelle annoncée par le Prophète (ﷺ) à propos des événements de l’inconnu à venir, après notre époque]
L’imam Aḥmad ibn Ḥanbal (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit :
« Nous raconta Abû ‘Âṣim, nous raconta ‘Azra ibn Thâbit, nous raconta ‘Ilbâ’ ibn Aḥmar al-Yashkurî, qui tenait d’Abû Zayd al-Anṣârî : “Le Messager de Dieu (ﷺ) nous dirigea pour la prière de l’aube, puis monta sur la chaire et nous prêcha jusqu’à l’heure de la prière de midi. Il descendit, accomplit la prière de midi, remonta ensuite sur la chaire et nous prêcha jusqu’à l’heure de la prière de l’après-midi. Il descendit, accomplit la prière de l’après-midi, puis remonta sur la chaire et nous prêcha jusqu’au coucher du soleil. Il nous informa alors de ce qui était et de ce qui adviendrait, et le plus instruit d’entre nous est celui qui en a le meilleur souvenir.” »
Muslim est le seul à rapporter ce hadith dans son “Ṣaḥîḥ”, au “Kitâb al-Fitan”, d’après Ya‘qûb ibn Ibrâhîm al-Dawraqî et Ḥajjâj ibn al-Shâ‘ir, qui le tenaient d’Abû ‘Âṣim al-Ḍaḥḥâk ibn Makhlad al-Nabîl, lequel le tenait de ‘Azra, de ‘Ilbâ’, d’Abû Zayd — à savoir ‘Amr ibn Akhṭab ibn Rifâ‘a al-Anṣârî — avec la même chaîne (4).
Al-Bukhârî, dans “le Livre du Commencement de la Création” de son ‘Ṣaḥîḥ’, a également mentionné qu’il est rapporté d’après ‘Îsâ ibn Mûsâ Ghunjâr… »