L’an cent vingt-cinq… « C’est un hadith très étrange (1). »
[Hadith au sujet de la période postérieure à l’an deux cents de l’Hégire]
Ibn Mâjah a dit : « Nous a rapporté Al-Hasan ibn ‘Alî Al-Khallâl, qui a dit : “Nous a rapporté ‘Awn ibn ‘Umârah, qui m’a rapporté ‘Abd Allâh ibn Al-Muthannâ ibn Thumâmah ibn ‘Abd Allâh ibn Anas ibn Mâlik, d’après son père, d’après son grand-père, d’après Anas, d’après Abû Qatâdah, qui a dit : ‘Le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : “Les signes (ou événements) auront lieu après (l’an) deux cents.”’” » Puis Ibn Mâjah le rapporte par deux autres chaînes également attribuées à Anas au sujet du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui), avec un sens comparable. Cependant, ce hadith n’est pas authentique (2). S’il l’était, on l’interpréterait à la lumière de ce qui s’est produit comme troubles à propos de la doctrine de la “création du Coran”, l’épreuve que connut l’imam Ahmad ibn Hanbal ainsi que ses compagnons, éminents maîtres du hadith, comme nous l’avons exposé en détail en cet endroit.
De même, Rawwâd ibn Al-Jarrâh – qui est un narrateur peu fiable – a rapporté de Sufyân Ath-Thawrî, d’après Mansûr, d’après Rib‘î, d’après Hudhayfah, dans un hadith remontant au Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) : « Les meilleurs d’entre vous, après l’an deux cents, seront ceux qui porteront un fardeau léger. » On demanda : « Ô Messager d’Allâh, qu’est-ce qu’un “fardeau léger” (3) ? » Il répondit : « Celui qui n’a ni épouse, ni biens, ni enfants. » Ce hadith est jugé “munkar” (4).
Il est établi dans les deux Sahîh (Al-Bukhârî et Muslim), à travers la chaîne : Shu‘bah – Abû Jamrah – Zuhdam ibn Mudarrib – ‘Imrân ibn Husayn, que le Messager d’Allâh (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Les meilleurs membres de ma communauté sont ma génération, puis ceux qui les suivent, puis ceux qui les suivent encore. » ‘Imrân déclare : « Je ne sais plus s’il a mentionné deux générations ou trois après la sienne. » Puis il a ajouté : « Ensuite, viendront après vous des gens qui témoigneront sans qu’on les invite à témoigner, trahiront sans qu’on leur fasse confiance, feront des vœux sans les tenir, tandis que l’embonpoint se répandra parmi eux. » Voici les termes d’Al-Bukhârî (5).
[Mention de l’an cinq cents]
Abû Dâwud a dit : « Nous a rapporté ‘Amr ibn ‘Uthmân, qui a dit : “Nous a rapporté Abû Al-Mughîrah, qui m’a rapporté Safwân, d’après Shurayh ibn ‘Ubayd, d’après Sa‘d ibn Abî Waqqâs, au sujet du Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) : ‘Je souhaite que ma communauté ne soit pas impuissante devant son Seigneur, au point qu’Il la retarde d’une demi-journée.’” On demanda alors à Sa‘d : “Combien représente cette demi-journée ?” Il répondit : “Cinq cents ans.” Ce hadith est rapporté uniquement par Abû Dâwud (6). »
L’imâm Ahmad ibn Hanbal a également rapporté, d’après Abû Tha‘labah Al-Khushânî, un propos similaire (7). Le fait de fixer cette durée ne nie pas qu’elle puisse être prolongée, si toutefois le hadith remonte bien au Prophète. Dieu est plus savant.