Il dit :
« Cette religion ne cessera de se maintenir jusqu’à ce qu’il y ait douze califes » (1).
Dans une autre version : « Cette communauté continuera à être droite dans son ordre, victorieuse sur son ennemi, jusqu’à ce que douze califes d’entre eux passent, tous issus des Quraysh. » Ils demandèrent : « Puis qu’arrivera-t-il ? » Il répondit : « Ce sera le chaos » (2).
Ces califes, annoncés dans ce hadith, ne sont pas les douze dont les Râfidites prétendent ce qu’ils prétendent, à savoir des mensonges et des calomnies, ni qu’ils seraient infaillibles. En effet, la plupart de ceux-là n’ont jamais exercé aucune charge au sein de cette communauté sous forme de califat, ni même dans une contrée ou une province quelconque. Seuls ‘Alî et son fils al-Hasan (qu’Allah les agrée) ont régné parmi eux. Ce n’est pas non plus l’intention de désigner les douze califes immédiatement successifs au temps des Omeyyades, car le hadith de Safînah : « Le califat après moi durera trente ans » (3) s’oppose à cette interprétation, même si al-Bayhaqî l’a privilégiée. Nous en avons toutefois discuté dans le livre « Dalâʾil an-Nubuwa » faisant partie de notre ouvrage, et il n’est pas nécessaire d’y revenir, louange à Dieu.
Cependant, parmi ces douze imams, on compte déjà les quatre califes bien-guidés : Abou Bakr, puis ‘Omar, puis ‘Othmân, puis ‘Alî, ainsi que son fils al-Hasan ibn ‘Alî (qu’Allah les agrée). On y inclut aussi ‘Omar ibn ‘Abdel-‘Azîz, ainsi que l’ont estimé nombre d’imams et la majorité de la communauté, louange à Dieu. Également, un groupe parmi les califes abbassides en fait partie, et le reste apparaîtra dans l’avenir, jusqu’à ce qu’émerge l’Al-Mahdî annoncé dans les hadiths qui le concernent – nous en préciserons le sens ultérieurement, avec l’aide de Dieu, en Lui faisant confiance. Plusieurs savants ont clairement exprimé ce que nous avons avancé, comme nous l’avons démontré.
Le hadith d’Oubâdah concernant ce qui se rapporte à l’époque postérieure aux cent ans :
Aḥmad rapporte : « ḥaddathanâ al-Ḥakam ibn Nâfi‘, ḥaddathanâ Ismâʿîl ibn ʿAyâsh, d’après Yazîd ibn Saʿîd, d’après Abî ʿAṭâ’ Yazîd ibn ʿAṭâ’ as-Saksakî, d’après Muʿâdh ibn Saʿd as-Saksakî (4), d’après Junâdah ibn Abî Umayyah, qui a entendu ʿUbâdah ibn aṣ-Ṣâmit raconter qu’un homme s’était adressé au Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) en disant : “Ô Messager de Dieu, quelle sera la durée de l’aisance de ta communauté ?” Mais il ne lui répondit pas, et cela se répéta trois fois, sans réponse. Finalement, l’homme s’en alla. Le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) demanda alors : “Où est le questionneur ?” On le ramena, et le Prophète dit : “Tu m’as interrogé au sujet d’une chose [sur laquelle personne de ma communauté ne m’avait encore interrogé]. La durée de l’aisance de ma communauté est de cent ans.” Il le répéta deux ou trois fois.” L’homme demanda : “Ô Messager de Dieu, y a-t-il un signe ou un indice à ce sujet ?” Il répondit : “Oui, l’engloutissement (al-khasf), le tremblement de terre (ar-rajf), et l’envoi des démons qui poussent les gens à la sédition.” » (5)
Dans le “Musnad” d’Abî Yaʿlâ et chez al-Bazzâr, on trouve, selon une chaîne contenant Muṣʿab ibn Muṣʿab – que je ne connais que par le biais d’az-Zuhrî – , un récit d’Abû Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn ʿAwf, d’après son père, qui a rapporté que l’Envoyé de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : « La parure de ce monde sera enlevée… »