Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai entendu Muʿâwiyya ibn Abî Sufyân dire : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dire : “Laissez les Turcs tranquilles tant qu’ils vous laissent tranquilles.” » (1)

At-Tabarânî a rapporté, d’après Ibrâhîm ibn Abî Hâtim, d’après Nuʿaym ibn Hammâd, dans son livre “al-Malâḥim” : Ibrâhîm a dit : « Nous ont rapporté Yaḥyâ ibn Saʿîd al-ʿAṭṭâr et Abû al-Mughîra, d’après Ismâʿîl ibn ʿAyyâsh, d’après ʿAbd Allâh ibn Dînâr, d’après Kaʿb al-Aḥbâr qui a dit : “Les Turcs descendront à Âmid, et soixante-dix mille d’entre eux boiront de l’eau des fleuves Tigre et Euphrate. Ils se répandront dans la Jazîra (Mésopotamie), tandis que les musulmans seront en situation de faiblesse à al-Ḥîra, sans pouvoir rien contre eux. Alors Allah leur enverra une neige en quantité incalculable, assortie d’un vent violent et d’un intense froid glacial, si bien qu’ils seront anéantis.”” Dans une autre version de Kaʿb : “Allah leur enverra la peste, si bien qu’un seul d’entre eux en réchappera.”

Il ressort de ce hadith que les compagnons ont déjà combattu les Turcs, les ont vaincus, ont pris leur butin et ont asservi leurs femmes et leurs enfants. L’apparence de ces hadiths indique que leur combat fait partie des signes de l’Heure. Or, les signes de l’Heure ne surviennent qu’à l’approche de celle-ci, peu avant qu’elle n’advienne. Il se peut donc qu’un nouvel affrontement d’ampleur ait lieu, dans l’avenir, entre les musulmans et les Turcs, pour aboutir en fin de compte à la sortie de Ya’jûj et Ma’jûj, comme cela sera mentionné par la suite. Il se peut aussi que les signes de l’Heure soient plus vastes qu’un simple sursis proche de celle-ci, ou encore qu’ils englobent, de façon générale, tout ce qui survient après l’époque du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui), fût-ce fort longtemps avant la fin des temps. C’est ce qui apparaît lorsque l’on examine attentivement les hadiths en la matière, comme on pourra le constater bientôt, si Allah le veut.

Nous avons déjà mentionné ce qui est rapporté au sujet du meurtre d’al-Ḥusayn ibn ʿAlî à Karbalâ’, sous le règne de Yazîd ibn Muʿâwiyya, comme cela a été exposé plus haut, ainsi que ce qui est rapporté à propos des hadiths évoquant les califes omeyyades, « de jeunes garçons issus des Banû ʿAbd al-Muṭṭalib ».

Aḥmad a dit : « Nous a rapporté Rûḥ : ‘Nous a rapporté Abû Umayya ʿAmr ibn Yaḥyâ ibn Saʿîd ibn al-ʿÂṣ : il m’a informé de la part de mon grand-père, Saʿîd ibn ʿAmr ibn Saʿîd, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “J’ai entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui) dire : ‘La ruine de ma communauté viendra par les mains de jeunes garçons.’” Alors Marwân – qui se trouvait avec nous dans le cercle, avant d’exercer quelque autorité – s’écria : ‘Alors, que la malédiction d’Allah soit sur eux s’ils sont de tels jeunes garçons !’ Abû Hurayra dit : ‘Par Allah ! Si je voulais, je pourrais nommer les Banû untel et les Banû untel.’ Il poursuivit : ‘J’accompagnais mon père et mon grand-père pour rendre visite aux Banû Marwân après qu’ils eurent pris le pouvoir. Or, je voyais qu’ils prêtaient serment d’allégeance à des enfants, et parfois même à un nourrisson emmailloté.’ Mon père et mon grand-père me disaient : ‘Se pourrait-il que vos compagnons soient ceux qu’Abû Hurayra évoquait, disant que certains rois se ressembleraient les uns les autres ?’”’ » Al-Bukhârî en a rapporté une version similaire d’Abû Hurayra (2).

Les hadiths sur ce sujet sont très nombreux, et nous en avons procuré l’analyse détaillée dans “Dalâʾil an-Nubuwwa”. Il a été question plus haut du hadith au sujet du menteur et du destructeur issus de Thaqîf (3). Le menteur est al-Mukhtâr ibn Abî ʿUbayd, qui se révolta à al-Kûfa à l’époque de ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr : c’était un Râfiḍî (chiite extrémiste) pervers, accusé d’hérésie, qui prétendait recevoir une révélation ; Muṣʿab ibn az-Zubayr finit par le tuer. Quant au destructeur (al-mubîr), il s’agit d’al-Ḥajjâj ibn Yûsuf ath-Thaqafî, qui tua ʿAbd Allâh ibn az-Zubayr. Il était nâṣibî (hostile à la famille du Prophète), tyrannique et arrogant, à l’opposé du premier qui était extrémiste chiite, comme cela a été dit plus haut.

(1) Ce hadith a été rapporté par Al-Ṭabarānī dans "al-Kabīr" (19/882). Sa chaîne de transmission est faible, un point confirmé par plusieurs témoins de cette version abrégée, bien qu'il soit considéré comme bon (ḥasan) dans d'autres versions. (2) Il a été rapporté par Ahmad dans le Musnad (2/324) et par al-Bukhārī sous le numéro 3605. (3) Il a été rapporté par Muslim (2545).
سمِعْتُ معاويةَ بنَ أبي سفيانَ يقولُ: سمِعْتُ رسولَ اللَّه ﷺ يقولُ: "اتْرُكُوا التُّرْكَ مَا تَرَكُوكُمْ" (١) . وروى الطَّبَرانيُّ، عن إبراهيم بن أبي حاتم، عن نُعَيْم بن حمادٍ في كتاب "المَلاحِم" ، ثنا يحيى ابنُ سعيد العَطَّارُ وأبو المُغيرةِ، عن إسماعيلَ بن عَيَّاشٍ، عن عبدِ اللَّه بنِ دِينارٍ، عن كعبِ الأحبارِ قال: يَنْزِلُ التُّركُ آمِدَ، ويشرب مِن نهرِ الدِّجْلةِ والفُراتِ سبعون ألفًا، ويَسْعَوْن في الجزيرةِ وأهل الإسلام، في الحِيرة، لا يَسْتطِيعون لهم شيئًا، فيَبْعَثُ اللَّهُ عليهم ثلجًا بغيرِ كَيْلٍ فيه صِرٌّ مِن ريحٍ شديدةٍ وجَليدٍ، فإذا هم خامِدون. وفي رواية عن كعب: فيبعث اللَّه عليهم الطاعون، فلا يفلت منهم إلا رجل واحد. والمقصود أن التُّرك قاتلهم الصحابة، فهزموهم، وغَنِموهمْ وسَبَوا نساءَهم وأبناءهم، وظاهرُ هذه الأحاديث يقتضي أن قتالهم يكون من أشراط الساعة، وأشراطها لا تكون إلا بين يَديها قريبًا منها، فقد يكون هذا واقعًا مرة أخرى عظيمة بين المسلمين وبين الترك، حتى يكون آخر ذلك خروجَ يأْجُوجَ ومأجُوجَ، كما سيأتي ذِكرُ أمرهم، د ان كان أشراطُ الساعة أعمَّ من أن يكون بين يَدَيها قريبًا منها، أو يكون مما يقع في الجُملة، حتى ولو تقدّم قبلها بدهر طويل، إلّا أنه مما يقع بعد زمن النبي ﷺ وهذا هو الذي يظهرُ بعد تأملّ الأحاديث الواردة في هذا الباب، كما ترى ذلك قريبًا إن شاء اللَّه تعالى. وقد ذكرنا ما ورد في مقتل الحُسَيْن بن عليّ بكَرْبلاءَ، في أيام يزيد بن معاوية، كما سَلَف، وما ورد من الأحاديث في ذكر خلفاء بني أمَيّة أُغَيْلمة بني عبد المطلب. قال أحمد: حدثنا روح، حدثنا أبو أمَيّة عمرو بن يحيى بن سعيد بن العاص، أخبرني جَدِّي سعيد بن عمرو بن سعيد، عن أبي هريرة قال: سمعت رسول اللَّه ﷺ يقول: "هَلَكَةُ أُمّتي عَلَى يَدْي غِلْمةٍ" فقال مروان، وهو معنا في الحَلْقة قبل أن يَلِيَ شيئًا: فَلَعْنَةُ اللَّهِ عليهم غِلْمَةً، قال: أما واللَّه لو أَشَاء أن أقول بَنِي فلان، وبني فلان لفعلتُ، قال: فكنت أخرجُ مع أبي وجدّي إلى بني مروان بعد ما ملكوا، فإذا هُم يبايعونَ الصِّبْيانَ، ومنهم من يُبايَع له وهو في خِرْقَةٍ، قال لنا: هل عَسَى أَصْحَابُكُمْ هؤلاء أنْ يَكُونوا الذين سمعتُ أبا هريرة يذكر أن هذه الملوك يُشبه بعضها بعضًا. ورواه البخاريّ بنحوه عن أبي هريرة (٢) . والأحاديثُ في هذا كثيرة جدًّا، وقد حررّناها في دلائل النبوة. وتقدم الحديث في ذِكر الكذَّاب والمبير من ثقيف (٣) ، فالكذَّاب هو المختار بن أبي عُبَيْد الذي ظهر بالكوفة، أيام عبد اللَّه بن الزُّبير، وكان رافضيًا خبيثًا، بل كان يُنْسَبُ إلى الزندقة، وادعى أنه يُوحى إليه، وقد قتله مصعب بن الزُّبير، وأما المُبير، فهو الحجاج بن يوسف الثقفيّ، الذي قَتَلَ عبد اللَّه بن الزُّبير، وكان ناصبيًا، جَبَّارًا عنيدًا، عكس الأول في الرفض كما تقدم.
(١) رواه الطبراني في "الكبير" (١٩/ ٨٨٢) وفي إسناده ضعف، وله شواهد بهذا الاختصار، فهو حسن لغيره. (٢) رواه أحمد في المسند (٢/ ٣٢٤) والبخاري رقم (٣٦٠٥). (٣) رواه مسلم (٢٥٤٥).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies