Al-Aswad al-‘Ansi, d’après Umm Haram :
Elle rapporte avoir entendu le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dire : « La première armée de ma Communauté qui combattra par voie maritime a déjà mérité (sa récompense). » Umm Haram ajoute : « J’ai alors dit : “Ô Messager de Dieu ! Serais-je des leurs ?” Il répondit : “Tu en feras partie.” » Puis le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit : « La première armée de ma Communauté qui conquerra la cité de César verra ses péchés pardonnés. » Je demandai : « En ferais-je partie, ô Messager de Dieu ? » Il répondit : « Non. » (1)
[Mention du combat en Inde]
L’imam Ahmad a dit : « Yahyâ ibn Isḥâq nous a rapporté, d’après al-Barâ’, d’après al-Ḥasan, d’après Abû Hurayra, qu’il (Abû Hurayra) a dit : “Mon ami sincère, le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), m’a confié qu’il avait dit : ‘Dans cette Communauté, il y aura une expédition en direction du Sind et de l’Inde. Si je l’atteins et que je suis alors martyr, ce sera le bien. Sinon…’ – puis il prononça un mot – ‘et si je reviens, je serai Abû Hurayra l’Affranchi, car il (Dieu) m’a affranchi du Feu.’” (2) »
Aḥmad a rapporté, par ailleurs, via Hushaym d’après Sayyâr, d’après Jubr ibn ‘Ubayda, d’après Abû Hurayra, qu’il a dit : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) nous a promis une expédition en Inde : si je suis alors martyr, je serai au nombre des meilleurs martyrs, et si je reviens, je serai Abû Hurayra l’Affranchi. » (3) L’imam an-Nasâ’î l’a également transmis d’après le ḥadîth de Hushaym et Zayd ibn Abî Unaysa, via Sayyâr, d’après Jubr – ou Jubayr – qui le tenait d’Abû Hurayra, et il en a fait la mention. (4)
Les musulmans ont combattu en Inde l’année 44 de l’Hégire, sous l’autorité de Muʻâwiya ibn Abî Sufyân (que Dieu l’agrée). Il s’y produisit alors des événements que nous avons détaillés auparavant. Plus tard, le grand et louable roi Maḥmûd ibn Subuktikîn, souverain du pays de Ghazna et de ses environs, organisa une expédition vers l’an 400 de l’Hégire. Il y accomplit des actes renommés et louables, parmi lesquels la destruction de la plus grande idole appelée Sômnât : il s’empara de ses colliers, de ses joyaux, de son or et de ses ornements (5), amassant des richesses inestimables, puis il rentra sain et sauf dans ses terres, chargé de butin.
De même, les gouverneurs omeyyades combattaient les Turcs dans les confins du Sind et du territoire chinois. Ils triomphaient de leur roi, le plus grand Qân, dispersaient ses armées et s’emparaient de ses biens et de ses réserves. Des hadiths mentionnent leur description et leur caractérisation. Nous en citerons ici un bref exemple :
L’imam al-Bukhârî rapporte : « Abû al-Yamân nous a transmis, d’après Shu‘ayb, d’après Abû az-Zinâd, d’après al-A‘râj, d’après Abû Hurayra, que le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : “L’Heure ne surviendra pas avant que vous n’affrontiez un peuple chaussé de sandales en poil, et que vous ne combattiez les Turcs, aux yeux petits, au visage rouge, au nez aplati (6), comme si leurs visages étaient des boucliers (7) martelés. Vous trouverez parmi les meilleurs des hommes ceux qui répugnent le plus à cette tâche avant de s’y engager. Les hommes sont comme des mines : les meilleurs d’entre eux, à l’époque préislamique…” ». (Fin de la citation.)