Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit, selon ce qui est rapporté de façon authentique dans les deux Sahîhs : « Lorsque César périra, il n’y aura plus de César après lui ; et lorsque Kisrâ périra, il n’y aura plus de Kisrâ après lui. Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, vous dépenserez assurément leurs trésors dans la voie de Dieu. » (1)

Et cela s’est accompli exactement comme il l’avait annoncé, à l’époque d’Abou Bakr, de ‘Oumar et de ‘Othmân : la domination de César de ce temps-là — appelé Héraclius — s’est retirée du Cham (la Grande Syrie) et de la Djazîra, si bien que son pouvoir s’est trouvé limité aux seules terres byzantines. Les Arabes désignaient par « César » toute personne régnant sur les territoires romains, y compris le Cham et la Djazîra. Ce hadith constitue une grande bonne nouvelle pour les habitants du Cham, à savoir que le pouvoir du roi byzantin n’y reviendra jamais, jusqu’au Jour du Jugement. Nous citerons bientôt ce hadith avec sa chaîne de transmission et son texte, si Dieu le veut.

Quant à Kisrâ, il fut privé de l’essentiel de sa souveraineté au temps de ‘Oumar ibn al-Khattâb, puis ce qui lui restait encore en main disparut au temps de ‘Othmân ibn ‘Affân, et il fut ensuite tué en l’an trente-deux. Louange à Dieu et reconnaissance envers Lui. Nous avons exposé ce sujet en détail plus haut. Le Messager de Dieu (ﷺ) avait invoqué contre lui lorsqu’il apprit qu’il avait déchiré la lettre que le Prophète lui avait envoyée, priant Dieu de déchirer son pouvoir en mille morceaux : c’est bien ce qui advint. (2)

Par ailleurs, il est rapporté dans les deux Sahîhs, d’après une chaîne de transmission remontant à Al-A‘mach et Jâmi‘ ibn Abî Râchid, via Shaqîq ibn Salama, rapporté par Hudhayfa (qu’Allah l’agrée), qui raconta : « Nous étions assis auprès de ‘Oumar ibn al-Khattâb lorsqu’il demanda : “Qui d’entre vous se souvient du hadith du Messager de Dieu (ﷺ) au sujet de la fitna ?” Je répondis : “Moi.” Il dit : “Parle ; tu es bien hardi.” Je dis : “Il (le Prophète) a mentionné la fitna touchant l’homme dans sa famille, son bien, son voisin et son enfant, que la prière, l’aumône, le fait de recommander le bien et d’interdire le mal effacent (expiant ses fautes).” ‘Oumar répondit : “Ce n’est pas à cela que je fais allusion, mais à la fitna qui submerge comme les vagues de la mer.” Je repris : “Ô Commandeur des croyants, il y a entre elle et toi une porte fermée.” Il dit : “Malheur à toi ! Cette porte sera-t-elle ouverte ou brisée ?” Je dis : “Elle sera brisée.” Il conclut : “En ce cas, elle ne se refermera plus jamais.” Je dis : “Effectivement.” Nous demandâmes alors à Hudhayfa : “Est-ce que ‘Oumar savait qui était cette ‘porte’ ?” Il répondit : “Oui, je lui en avais parlé sans ambiguïté.” Toutefois, nous n’osâmes pas demander davantage à Hudhayfa qui était la ‘porte’, et nous priâmes Masrûq de l’interroger. Il le fit et la réponse fut : “C’était ‘Oumar.” » (3)

La suite des événements confirma ces propos : après l’assassinat de ‘Oumar, en l’an vingt-trois, les troubles éclatèrent parmi les gens, et c’est ce qui provoqua leur propagation. Le Messager de Dieu (ﷺ) avait aussi annoncé qu’‘Othmân ibn ‘Affân ferait partie des gens du Paradis, bien qu’il subirait une dure épreuve (4) : et cela se produisit effectivement. Il fut assiégé dans sa demeure, comme cela a été amplement décrit à sa place, et il fut tué dans la patience et la recherche de la récompense divine, en martyr — qu’Allah soit satisfait de lui. Nous avons mentionné, lors du récit de son meurtre, les hadiths qui annonçaient et signalaient cette issue avant qu’elle ne survienne ; et cela s’est accompli conformément à ces prédictions, sans la moindre différence. Nous avons aussi rapporté les hadiths relatifs au Jour du Chameau et à Siffîn, qui indiquaient la survenue de ces événements marqués par la discorde et l’épreuve. C’est en Dieu que nous plaçons tout notre recours.

(1) Rapporté par al-Bukhārī n° 3121 et Muslim n° 2919 dans le hadith de Jābir ibn Samurah. (2) Rapporté par al-Bukhārī n° 64. (3) Rapporté par al-Bukhārī n° 525 et Muslim n° 144 dans le hadith d’al-A‘mash, ainsi que par al-Bukhārī n° 1895 et Muslim n° 144 (27) juste après (2892) dans le hadith de Jāmi‘ ibn Abī Rāshid. (4) Rapporté par al-Bukhārī n° 3693.
وقال ﷺ فيما ثبت عنه في "الصحيحين" : "إذَا هَلَك قَيْصَرُ فَلَا قَيْصَرَ بَعْدَهُ، وإذَا هَلَك كِسْرى فلَا كِسْرى بعْدَهُ، والَّذي نَفْسِي بِيَدهِ لتُنْفِقُنَّ كنوزهما في سَبِيل اللَّه" (١) وقد وقع ذلك كما أخبر به سواءً بسواءٍ، في زمن أبي بكر، وعمر، وعثمان انزاحت يدُ قيصر ذلك الوقت -واسم قيصر هرَقْل- عن بلاد الشام، والجزيرة، وثَبَت مُلكُه مقصورًا على بلاد الروم فقط، والعرب إنما كانوا يُسَمُّونَ قيصرَ لِمَنْ ملك بلاد الروم، مع الشام والجزيرة، وفي هذا الحديث بشارة عظيمة لأهل الشام، وهو أن يدَ ملك الروم لا تعودُ إليها أبد الآبدين، ودهرَ الداهرين، إلى يوم الدين، وسنُورد هذا الحديث قريبًا بإسناده، ومتنه إن شاء اللَّه تعالى. وأما كسرى فإنه سُلِبَ عامَّةَ مُلكه في زمن عمر بن الخطاب، ثم استُؤْصِل ما بقي في يده في زمن عثمان بن عفان، ثم قُتل في سنة ثنتين وثلاثين، وللَّه الحمدُ والمنَّة، وقد بسطنا ذلك مُطولًا فيما سلف، وقد دعا عليه رسول اللَّه ﷺ حين بلغه أنه مَزَّق كتابَ رسول اللَّه ﷺ بأن يُمَرق ملكهُ كلَّ مُمَزَّق، فوقع الأمر كذلك (٢) . وثبت في "الصحيحين" من حديث الأعمش، وجامع بن أبي راشد، عن شقيق بن سلمة، عن حُذَيْفة، قال: كنا جُلُوسًا عند عمر بن الخطاب، فقال: أَيُّكُم يَحْفَظُ حَدِيثَ رَسُولِ اللَّهِ ﷺ في الفِتْنَة؟ قلت: أنا، قال: هَاتِ: إنَّكَ لَجَرِيء، فقلت: ذَكَر فِتْنة الرجل في أهله، وماله، وجاره، وولده، يُكفِّرها الصلاة، والصدقة، والأمرُ بالمعروف، والنهي عن المنكر، فقال: ليس هذا أعني، إنما أعني التي تَموجُ مَوج البحر، فقلت: يا أمير المؤمنين، إن بينَك وبَيْنَها بابًا مُغلقًا، فقال: وَيْحكَ! أيُفْتَحُ البابُ أمْ يُكْسَر؟ قلت: بل يكسر، قال: إذًا لا يغلَقُ أبدًا، قلت: أجَلْ، فقلنا لحُذَيفة: أكان عمر يعلم مَن البابُ؟ قال: نعم، إني حَدَّثتهُ حديثًا ليس بالأغاليط، قال: فهِبْنا أن نسأل حذيفة: مَن الباب؟ فقلنا لمسروق: سله، فسأله، فقال: هو عمر (٣) ، وهكذا وقع الأمر سواءً بعد مقتل عمر في سنة ثلاث وعشرين، وقعت الفتنُ بين الناس بعد مقتله، وكان ذلك سبب انتشارها بينهم. وأخبر ﷺ عن عثمان بن عفان أنه من أهل الجنة، على بلوى تُصيبهُ (٤) ، فوقع الأمر كذلك، حُصِر في الدار كما بُسطَ ذلك في موضعه، وقتل صابرًا مُحتسبًا شهيدًا (رضي الله عنه) وقد ذكرنا عند مقتله ما ورد من الأحاديث بالإنذار بذلك، والإعلام به قبل كَوْنِه؛ فوقع طِبْقَ ذلك سواء بسواء. وذكرنا ما ورد من الأحاديث في يوم الجَمَل وصِفِّين ما ورد من الأحاديث المُؤذِنة بكَوْن ذلك، وما وقع فيها من الفتنة والاختبار، وباللَّه المستعان.
(١) أخرجه البخاري رقم (٣١٢١) ومسلم رقم (٢٩١٩) من حديث جابر بن سمرة. (٢) أخرجه البخاري رقم (٦٤). (٣) رواه البخاري رقم (٥٢٥) ومسلم رقم (١٤٤) من حديث الأعمش، ورواه البخاري رقم (١٨٩٥) ومسلم رقم (١٤٤) (٢٧) الذي بعد (٢٨٩٢) من حديث جامع بن أبي راشد به. (٤) رواه البخاري رقم (٣٦٩٣).

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