Puis il dit : « Et abaisse ta voix » (﴿وَاغضُض مِن صَوتِكَ﴾), ce qui signifie : quand tu parles, ne t’efforce pas d’élever le ton, car la plus forte et la plus détestable des voix est le braiment des ânes.
Il est établi dans les deux Sahîh(1) qu’il est prescrit de rechercher la protection (auprès de Dieu) en entendant, la nuit, le braiment des ânes, car ceux-ci ont vu un démon. C’est pourquoi il est déconseillé d’élever la voix lorsqu’il n’y a pas nécessité, en particulier au moment d’éternuer. Il est recommandé de baisser la voix et de couvrir son visage, comme l’établit le hadith rapportant la pratique du Messager de Dieu (ﷺ)(2). Cependant, élever la voix pour l’appel à la prière (adhân), pour rassembler les combattants, au moment de l’ihrâm(3) ou en d’autres circonstances similaires est autorisé.
Voici donc un extrait de ce que Dieu – Exalté soit-Il – a relaté au sujet de Luqmân (paix sur lui)(4) dans le Coran, comme sagesses et préceptes bénéfiques qui incitent au bien et éloignent du mal. De nombreux récits rapportent son histoire et ses exhortations. On attribue également à Luqmân un ouvrage appelé « Majalla(5) de Luqmân ». Nous en mentionnerons ce qui est possible, si Dieu le veut.
L’imam Ahmad a dit : « ‘Alî ibn Isḥâq(6) nous a rapporté, Ibn al-Mubârak nous a informés, Sufyân nous a informés, et Nahshal ibn Mujamma‘(7) al-Ḍabbî m’a rapporté, de Qaza‘a, d’après Ibn ‘Umar, qui a dit : “Le Messager de Dieu (ﷺ) nous a informés que Luqmân le Sage disait : ‘En vérité, si l’on confie quelque chose à Dieu, Il la préserve.’”(8) ».
Ibn Abî Ḥâtim a dit : « Abû Sa‘îd al-Ashajj nous a rapporté : ‘Isâ ibn Yûnus nous a rapporté, d’après al-Awzâ‘î, d’après Mûsâ ibn Sulaymân, d’après al-Qâsim ibn Mukhaymira(9), que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Luqmân disait à son fils, tout en l’exhortant : ‘Ô mon fils, prends garde…’” »
(1) Rapporté par al-Bukhārī : n° 3303 dans le chapitre de la création, porte « Le meilleur bien du musulman est un troupeau de moutons qu’il pâture sur les pâturages des montagnes », et par Muslim (2729) dans le chapitre de l’évocation et de la supplication, porte « L’encouragement à faire des invocations au chant du coq ». De même, rapporté par Abū Dāwūd (5102) dans l’éthique, chapitre « Ce qui a été rapporté concernant le coq et les animaux », et al-Tirmidhī (3459) dans les supplications, chapitre « Ce qu’on dit lorsqu’on entend le braiement de l’âne ».
(2) Rapporté par Abū Dāwūd (5029) dans l’éthique, chapitre « Concernant l’éternuement », et al-Tirmidhī (2745) dans l’éthique, chapitre « Ce qui a été rapporté au sujet de l’abaissement de la voix et du fait de cacher le visage lors de l’éternuement », d’après Abū Hurayra qui rapporta : « Quand le Messager de Dieu ﷺ éternuait, il posait sa main ou son vêtement sur sa bouche, il baissait ou abaissait ainsi sa voix ». Et al-Tirmidhī souligne : « Ce hadith est ḥasan ṣaḥīḥ » (bon et authentique).
(3) Dans l’édition : « al-’ihlāk » (la destruction), ce qui est une erreur. Dans une autre édition : « dhālika fa dhālika ».
(4) Dans l’exemplaire « B » : – qu'Allah soit satisfait de lui –.
(5) Dans les exemplaires « B » et « Ṭ » : « biḥikma » (avec sagesse). Et al-Majalla : « ṣaḥīfa » (feuillet, document dans lequel on écrit), et le « ṣaḥīfa » contient la sagesse. Il est dit : tout livre parmi les Arabes s’appelle « majalla ». (Lisān al-‘Arab, entrée « jallal »).
(6) Ibn Isḥāq n’apparaît pas dans la chaîne de transmission du hadith dans le Musnad ; il est dit : « ḥaddathanā ‘Abd al-Raḥmān, ḥaddathanā Sufyān... »
(7) Dans l’édition : « Nahīk » b. yujma‘, ce qui contient une altération et une déformation. Et Nahshal b. Mujma‘ adh-Dubbī al-Kūfī fait partie des narrateurs fiables selon at-Tahdhīb.
(8) Musnad Aḥmad (2/87), n° 5606, sa chaîne de transmission est authentique, ses narrateurs sont fiables, ceux du Ṣaḥīḥ à l’exception de Nahshal b. Mujma‘ qui est fiable également, attesté par Ibn Ma‘īn, Abū Dāwūd et Ya‘qūb b. Sufyān. Nous ne connaissons pas de critiques à son encontre (Taḥrīr at-Taqrīb 4/25).
(9) al-Qāsim b. Mukhaymirah, Abū ‘Urwah al-Ḥamdānī, résident de Damas, narrateur fiable, décédé en l’an 100 de l’Hégire. (Siyar A‘lām an-Nubalāʾ, 5/201).