En ce qui concerne l’affaire de Bagdad (1) :
Le cheikh ʿAbd al-Raḥmān al-Baghdādī, l’un des notables de la ville et négociant, ainsi que le cheikh Šihāb ad-Dīn al-ʿAṭṭār – courtier en boissons, également originaire de Bagdad –, m’informèrent qu’après qu’Ūways, le roi d’Irak et du Khorassan, eut repris Bagdad des mains du ṭawāšī Marjān, qu’il avait ensuite fait venir auprès de lui, honoré et gracié, il fut convenu que la source du conflit était l’émir Aḥmad, frère (2) du vizir. Le sultan le convoqua et, devant lui, le frappa d’un coup de couteau au ventre, l’éventrant, puis ordonna à certains princes de le mettre à mort. Les gens de la Sunna s’en réjouirent vivement, et les habitants du quartier de Bāb al-Azj s’emparèrent de la potence (ou du poteau) sur laquelle il avait été placé et la brûlèrent. Les troubles s’apaisèrent et ils se vengèrent de la mort du cheikh Jamāl ad-Dīn al-Anbārī (3), que le vizir rafidite avait tué et qu’Allah anéantit peu après. Fin de ce récit.
Décès de Qāḍī al-Quḍāt ʿIzz ad-Dīn (4) ʿAbd al-ʿAzīz ibn Jamāʿah (5) ash-Shāfiʿī :
Au cours des dix premiers jours du mois de Shaʿbān, parvint une lettre d’Égypte annonçant le décès de Qāḍī al-Quḍāt Badr ad-Dīn Muḥammad ibn Jamāʿah à la Mecque – qu’Allah l’honore – le dixième de Jumādā al-Ākhirah, puis son inhumation le onzième à Bāb al-Maʿlā. Il est rapporté qu’il mourut alors qu’il récitait le Coran.
Son compagnon, le cheikh Muḥyī ad-Dīn ar-Raḥbī – qu’Allah le préserve – m’informa qu’il répétait souvent : « J’aimerais mourir alors que je suis démis de mes fonctions et que mon trépas ait lieu dans l’un des deux Lieux saints. » Allah lui accorda ce qu’il souhaitait : il se démit de ses fonctions l’année précédente, émigra à la Mecque, puis se rendit à Médine pour visiter le Messager d’Allah (que la prière et la paix soient sur lui), avant de retourner à la Mecque, où il mourut à la date susmentionnée. Qu’Allah lui fasse miséricorde et arrose sa tombe de Sa grâce.
Il était né en l’an quatre-vingt-quatorze et mourut à soixante-treize ans. Il jouit d’un grand honneur en ce bas monde, d’un rang considérable et de hautes fonctions, ainsi que de grands postes d’enseignement. Puis il se démit de ses charges et se consacra à l’adoration, demeurant dans les deux Lieux saints.
À son propos, on peut reprendre les vers que j’ai composés dans l’une de mes élégies funèbres :
« C’est comme si l’on t’avait averti de la mort,
si bien que tu t’es muni de la meilleure provision. »
Le mardi 9 Shawwāl, reçus chez moi Baṭrak Bashārah, surnommé Mīkhāʾīl, qui m’apprit que les évêques de Syrie lui avaient prêté serment en le désignant patriarche à Damas, en remplacement du patriarche d’Antioche. Je lui fis remarquer qu’il s’agissait là d’une innovation dans leur religion, car il ne saurait exister que quatre patriarcats : celui d’Alexandrie, de Jérusalem, d’Antioche et de Rome. Puis le patriarche de Rome fut transféré à