Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au début de Rabiʿ al-Ākhir, l’instituteur Dawud (1) décéda. Il était chargé de la surveillance de l’armée, et la supervision des bureaux (dawāwīn) lui fut également confiée jusqu’à la toute fin, si bien qu’il cumula ces deux fonctions, et à ma connaissance, personne avant lui ne les avait jamais exercées simultanément. Il était le plus informé quant à la gestion de l’armée, le mieux renseigné sur les noms de ses hommes et sur les emplacements des concessions (iqṭāʿāt). Son père avait été adjoint à l’administration des armées, et il était un Juif karaïte. Son fils — c’est-à-dire Dawud — se convertit à l’islam dix ans environ avant la mort de son père. Il montrait extérieurement un bon comportement, et Dieu seul connaît sa part cachée et secrète. Il tomba malade un mois environ avant son décès et mourut ce jour-là. Sa prière funéraire fut célébrée à la Grande Mosquée des Omeyyades, devant « l’Aigle », après la prière de lʿaṣr. Puis on le transporta jusqu’à la tombe qu’il s’était préparée dans son verger à Ḥawsh. Il avait à peu près cinquante ans.

Au début de ce mois, parvint un décret royal (al-marsūm al-sharīf al-sulṭānī) ordonnant qu’on restitue aux femmes chrétiennes ce qui leur avait été prélevé lors de la levée d’impôts, même si tout cela procédait d’une injustice. Toutefois, percevoir ces sommes auprès des femmes était plus scandaleux encore, et Dieu est le plus Savant.

Le lundi 15 du même mois, le vice-sultan — qu’Allah l’honore — ordonna de perquisitionner les vergers des gens soumis au statut de dhimma. On y trouva du vin fraîchement pressé dans de grandes jarres (khawābī) et des cuves (ḥubāb), et tout fut versé à terre, louange à Dieu et reconnaissance envers Lui, au point que le liquide inonda les ruelles et les routes, et le fleuve Tūrā (3) déborda à cause de cela. Il ordonna également de confisquer une forte somme aux dhimmis chez qui l’on avait découvert ce vin, eux qui se trouvaient déjà imposés. Quelques jours plus tard, il fut proclamé en ville que les femmes des dhimmis ne devaient plus fréquenter les hammams en même temps que les musulmanes, mais plutôt dans des bains qui leur seraient réservés. Quant aux hommes non-musulmans qui voudraient entrer dans les hammams avec les musulmans, ils devraient obligatoirement porter des signes distinctifs pour qu’on puisse les reconnaître comme mécréants, tels que des clochettes au cou ou des anneaux. De même, on exigea que les femmes des dhimmis portent deux chaussures de couleur différente, par exemple l’une blanche et l’autre jaune.

Le vendredi 19 du mois — c’est-à-dire de Rabiʿ al-Ākhir — on convoqua les trois juges et un groupe de muftis : du côté shaféite, les deux adjoints du cadi, à savoir le cadi Shams al-Dīn al-Ghazzī et le cadi Badr al-Dīn ibn Wahba, ainsi que le shaykh Jamāl al-Dīn ibn Qāḍī al-Zabdānī, l’auteur (al-muṣannif) shaykh ʿImād al-Dīn ibn Kathīr, le shaykh Badr al-Dīn Ḥasan al-Zurʿī et le shaykh Taqī al-Dīn al-Fāriqī. De l’autre côté, il y avait les qāḍī al-quḍāt (juges suprêmes) Jamāl al-Dīn al-mālikī et al-ḥanbalī, le shaykh Sharaf al-Dīn ibn Qāḍī al-Jabal al-ḥanbalī, le shaykh Jamāl al-Dīn ibn al-Shurayshī (4), le shaykh ʿIzz al-Dīn ibn Ḥamza, fils du shaykh al-Salāmiyya de rite hanbalite, ainsi que ʿImād al-Dīn al-Ḥanāʾī. Ils se réunirent avec le vice-sultan dans la grande salle (al-qāʿa).

(1) Je n'ai trouvé aucune biographie à son sujet dans les sources dont je dispose. (2) « al-Ḥubbāb » : pluriel de ḥubb, qui désigne un grand jarre ; voir al-Qāmūs al-Muḥīṭ (ḥubb). (3) Dans l’édition : « tūzā », ce qui est une altération. (4) Dans l’édition : « al-Sharīshnī », ce qui est une altération corrigée à plusieurs reprises sans indication de ce changement.
وفي مستهل ربيع الآخر كانت وفاة المعلِّم داود (١) الذي كان مباشرًا لنظارة الجيش، وأُضيف إليه نظر الدواوين إلى آخر وقت، فاجتمع له هاتان الوظيفتان، ولم يجتمعا لأحد قبله كما في علمي، وكان من أخبر النَّاس بنظر الجيش وأعلمهم بأسماء رجاله، ومواضع الإقطاعات، وقد كان والده نائبًا لنظَّار الجيوش، وكان يهوديًا قرائيًا، فأسلم ولده هذا قبل وفاة نفسه بسنوات عشر أو نحوها، وقد كان ظاهره جيدًا واللَّه أعلم بسرِّه وسريرته، وقد تمرَّض قبل وفاته بشهر أو نحوه، حتى كانت وفاته في هذا اليوم، فصُلِّيَ عليه بالجامع الأموي تجاه النَّسر بعد العصر، ثم حُمل إلى تربة له أعدها في بستانه بحوش، وله من العمر قريب الخمسين. وفي أوائل هذا الشهر ورد المرسوم الشريف السلطاني بالردّ على نساء النصارى ما كان أخذ منهنَّ مع الجباية التي كان تقدم أخذها منهن، وإن كان الجميع ظلمًا، ولكن الأخذ من النساء أفحش وأبلغ في الظلم، واللَّه أعلم. وفي يوم الإثنين الخامسَ عشرَ منه أمر نائب السلطنة أعزه اللَّه بكبس بساتين أهل الذمة فوجد فيها من الخمر المعتصر في الخوابي والحُبَاب (٢) فأريقت عن آخرها وللَّه الحمد والمنة، بحيث جرت في الأزقَّة والطرقات. وفاض نهر تُورَا (٣) من ذلك، وأمر بمصادرة أهل الذمة الذين وجد عندهم ذلك بمال جزيل، وهم تحت الجباية، وبعد أيام نودي في البلد بأن نساء أهل الذمة لا تدخل الحمَّامات مع المسلمات، بل تدخل حمَّامات تختصُّ بهن، ومن دخل من أهل الذمة الرجال مع الرجال المسلمين يكون في رقاب الكفار علامات يُعرفون بها من أجراس وخواتيم. ونحو ذلك، وأمر نساء أهل الذمة بأن تلبس المرأة خفَّيها مخالفَين في اللَّون بأن يكون أحدهما أبيض والآخر أصفر أو نحو ذلك. ولما كان يوم الجمعة التاسعَ عشرَ من الشهر -أعني ربيع الآخر- طلب القضاة الثلاثة وجماعة من المفتين: فمن ناحية الشافعي نائباه، وهما القاضي شمس الدين الغَزِّي والقاضي بدر الدين بن وهبة، والشيخ جمال الدين ابن قاضي الزَّبداني، والمصنِّف الشيخ عماد الدين بن كثير والشيخ بدر الدين حسن الزُّرَعي، والشيخ تقي الدين الفارقي. ومن الجانب الآخر قاضيا القضاة جمال الدين المالكي والحنبلي، والشيخ شرف الدين ابن قاضي الجبل الحنبلي، والشيخ جمال الدين بن الشُّرَيشي (٤) ، والشيخ عز الدين بن حمزة ابن شيخ السَّلامية الحنبلي، وعماد الدين الحنائي، فاجتمعت مع نائب السلطنة بالقاعة
(١) لم أقع له على ترجمة فيما بين يديّ من المصادر. (٢) "الحُباب": ج حُبّ وهو الجرَّة الضخمة القاموس المحيط (الحُبُّ). (٣) في ط: توزا وهو تحريف. (٤) في ط: الشريشني وهو تحريف، وقد صححته كثيرًا دونما إشارة لذلك.

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