Puis arriva l’année sept cent soixante-sept (de l’Hégire). Elle débuta alors que le sultan des contrées égyptiennes et syriennes, des deux nobles sanctuaires et des provinces qui en dépendent, était le roi al-Achraf ibn al-Husayn, fils du roi an-Nâsir Muhammad ibn Qalâwûn, âgé d’environ dix ans. L’atâbak des armées et administrateur de ses royaumes était l’émir Sayf ad-Dîn Yalbughâ al-Khâsakî.
Le grand juge (qâdî al-qudât) de rite chaféite en Égypte était Bahâ’ ad-Dîn Abû al-Baqâ as-Subkî, et les autres juges étaient ceux déjà mentionnés l’année passée. Le gouverneur de Damas (nâ’ib) était l’émir Sayf ad-Dîn Mankulî Bughâ. Les juges de Damas restaient les mêmes que précédemment, à l’exception de celui de rite hanafite, le shaykh Jamâl ad-Dîn ibn as-Sarrâj, maître du madhhab hanafite. La fonction de khatîb (prédicateur) était exercée par le juge suprême Tâj ad-Dîn, de rite chaféite. Le kâtib as-sirr et shaykh ash-shuyûkh (responsable des maîtres spirituels) était le juge Fath ad-Dîn ibn ash-Shahîd, tandis que la charge de l’agent du Bayt al-Mâl (Trésor public) revenait au shaykh Jamâl ad-Dîn ibn ar-Ruhâwî.
Le convoi du mahmal (cortège transportant l’enveloppe de la Kaʿba) entra le vendredi après la prière de lʿAsr, vers le coucher du soleil, sans que la plupart des habitants de la ville ne s’en aperçoivent, du fait de l’absence du gouverneur en expédition du côté de la région du Euphrate. Ceci se produisit en guise de riposte à l’opération préparée pour la destruction d’al-Kubaysât, terre d’iqtâʿ attribuée à Ḥayyâr ibn Mihnâ depuis l’époque du sultan Uways, roi d’Irak. Fin de cet épisode.
La prise d’Alexandrie par les Francs – qu’Allah les maudisse
(1) :
Au cours des dix derniers jours du mois de Muharram, on resserra la surveillance des Francs présents à Damas, qui furent ensuite emprisonnés dans la citadelle al-Manṣûrah. Il se fit grand bruit que la cause de ces mesures était le siège d’Alexandrie par plusieurs vaisseaux, parmi lesquels, dit-on, se trouvait le souverain de Chypre. L’armée égyptienne se porta alors à la défense d’Alexandrie – qu’Allah le Très-Haut la préserve et la protège. Les détails de cet événement se préciseront le mois suivant, lorsque nous en serons mieux informés. D’après ce que l’on rapporte, les assaillants demeurèrent quelques jours à Alexandrie. Par la suite, un émir tatar nommé Mâmiyah l’assiégea avec l’aide d’un groupe de Francs. Ils la prirent de force, tuèrent un grand nombre de ses habitants, s’emparèrent de nombreux biens, et Mâmiyah s’y installa comme roi.
Le vendredi, dernier jour de ce même mois, mourut le shaykh Burhân ad-Dîn Ibrâhîm, fils du shaykh Shams ad-Dîn Ibn Qayyim al-Jawziyya, dans son verger à al-Mizza. Il fut ensuite transporté auprès