On rapporte qu’as-Sudayy, dans son récit transmis d’après les Compagnons, a affirmé que ce terme « الصخر » renverrait au rocher situé sous les sept terres (1). Il en a également été rapporté la même chose de la part de ‘Aṭiyyah al-‘Awfī (2), Abū Mālik, ath-Thawrī, al-Minhāl ibn ‘Amr et d’autres. La validité même de cette interprétation soulève toutefois des doutes.
Ensuite, même si l’on considère que tel est le sens, il subsiste une autre réserve : en effet, dans ce verset, il est question d’un terme indéfini et non pas défini. Si la référence avait été précisément celle qu’ils suggèrent, le texte aurait dit « فتكن في الصخرة » (« afin qu’elle soit cachée dans le rocher »). Or, le texte dit plutôt « فتكن في صخرة », à savoir « dans un rocher quelconque ». C’est conforme au hadith rapporté par l’imām Aḥmad : « Ḥaddathanā Ḥasan ibn Mūsā, Ḥaddathanā Ibn Lahī‘ah, Ḥaddathanā Darrāj, d’après Abū l-Haytham, d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī, selon le Messager d’Allah (ﷺ) qui a dit (4) : “Si l’un d’entre vous agit dans un rocher compact, sans porte ni ouverture, son acte paraîtra au grand jour, quoi qu’il en soit” (5). »
Puis il dit : « Ô mon fils, accomplis la prière, » c’est-à-dire observe-la en remplissant toutes ses obligations : ses rites, ses temps fixés, son inclination (rukū‘), sa prosternation (sujūd), la quiétude, la humilité prescrites, et évite tout ce qui y est interdit.
Ensuite, il dit : « Ordonne le bien et interdis le mal » : c’est-à-dire fais-le dans la mesure de tes capacités, si tu peux le faire à la main, alors fais-le, sinon par ta parole, et si tu n’en es pas capable, alors en ton cœur. Puis il commande d’endurer patiemment : « Endure avec patience ce qui t’atteint » (وَاصْبِرْ عَلَى مَا أَصَابَكَ), car celui qui ordonne le bien et interdit le mal s’expose à l’hostilité et se voit parfois malmené. Toutefois, l’issue finale lui appartient ; aussi lui enjoint-il de faire preuve de patience. Et il est connu que la fin de la patience est l’allègement.
Lorsqu’Allah dit : « Voilà bien une résolution à toute épreuve » (إِنَّ ذَلِكَ مِنْ عَزْمِ الْأُمُورِ), il signifie : ton commandement du bien, ta prohibition du mal et ta patience face à l’offense font partie des décisions fermes et nécessaires (6), qu’il est inévitable d’adopter.
Il dit ensuite : « Ne détourne pas (lit. “Ne penche pas”) ta joue devant les gens » (وَلَا تُصَعِّرْ خَدَّكَ لِلنَّاسِ). Ibn ‘Abbās, Mujāhid, ‘Ikrimah, Sa‘īd ibn Jubayr, ad-Ḍaḥḥāk, Yazīd ibn al-Aṣamm, Abū l-Jawzā’ et bien d’autres (7) ont expliqué que cela signifie : ne sois pas orgueilleux envers les gens, ne tourne pas ta joue lors de tes échanges avec eux d’un air hautain ou méprisant. Selon les linguistes (8), le terme « aṣ-ṣa‘ar » désigne à l’origine une maladie qui frappe les chameaux