Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il était reconnu aussi bien par les notables que par la population, et persévérait chaque année à veiller en prière durant les dix dernières nuits (du mois de Ramadan) dans le mihrab du Dahâba, en compagnie de plusieurs lecteurs qui y passaient la nuit et y consacraient leur temps à l’office nocturne. Cette année-là, il passa seul la nuit de la fête dans le mihrab cité, puis tomba malade pendant cinq jours. Il mourut ensuite, après la prière de midi, le mardi 10 Shawwâl, dans le quartier de Darb al-‘Amîd. On accomplit sur lui la prière funéraire à ‘Asr dans la grande mosquée des Omeyyades, avant de l’enterrer au cimetière de Bâb as-Saghîr, auprès de son père, au sein d’un tombeau familial. Ses funérailles furent très suivies et les gens le pleurèrent. Qu’Allah étende Sa miséricorde sur sa tombe. Il avait alors presque soixante-cinq ans et laissa derrière lui une fillette d’environ sept ans, du nom de ‘Aïcha. Il lui avait enseigné une partie du Coran jusqu’à la sourate Tabârak et lui avait fait mémoriser les « Quarante » de l’imam an-Nawawî. Puissent son Seigneur la soutenir et accorder Sa miséricorde à son père, Amîn.

Par ailleurs, le mahmal du Shâm et les pèlerins (du Hajj) prirent la route le jeudi 12 du mois, sous la conduite de l’émir ‘Alâ’ ad-Dîn ‘Alî ibn ‘Alam ad-Dîn al-Hilâlî, l’un des émirs chargés des « tabalkhânât » (fanfares solennelles). Le cheikh ‘Abd Allâh al-Maltî(1) mourut le samedi 14 du même mois. Il était connu pour résider dans la « klâssa » de la mosquée omeyyade. Il possédait de nombreux effets, notamment des pièces de tissu (tarârîh) et des instruments dédiés aux cercles de dévotion (faqriyya), et portait l’habit suivant la voie des Harîrîyya. Son apparence était déroutante, et certains croyaient en sa piété, tandis que j’étais de ceux qui le désapprouvaient aussi bien par inclination naturelle que pour des raisons religieuses.

Le jeudi 25 Dhou al-Qa‘da(2), un courrier arriva de l’Orient, apportant avec lui des amphores d’eau d’une source dotée d’une propriété particulière : un oiseau appelé « as-samarmar »—au plumage jaune et de forme proche de l’hirondelle—la suit. Il est rapporté que lorsque des nuées de sauterelles envahissent la région où se trouve cet oiseau, il les dévore en grand nombre et les fait fuir rapidement, si bien que le fléau du criquet n’y dure guère. Je ne fus toutefois pas témoin de ce phénomène personnellement.

À la mi-Dhou al-Hijja, on acheva la construction de la « qaysariyya » qui servait d’atelier près de Dâr al-Hijâra, au sud du « sûq ad-dahsha » destiné aux hommes. Elle fut inaugurée et louée pour y vendre des étoffes féminines, le tout par ordre du « Roi des émirs », responsable de la mosquée omeyyade. Le grand officier ‘Izz ad-Dîn as-Sayrafî, chargé de la supervision de la mosquée, m’informa qu’environ trente mille dirhams avaient été dépensés à cette fin, pris sur les fonds de la mosquée.

Supprimer la taxe sur le coton filé (local et importé)(3) :

Enfin, à la fin de ce même mois, un décret impérial vint abolir la taxe imposée au coton filé, qu’il soit local ou importé. L’annonce en fut faite publiquement dans la ville. Nombreuses furent alors les prières en faveur de ceux qui procurèrent une telle mesure, et les musulmans s’en réjouirent grandement. Louange et gratitude à Dieu pour cette grâce.

(1) Je n'ai trouvé aucune biographie à son sujet dans les sources dont je dispose. (2) Voir le mois de Dhū al-Ḥijja dans "Badāʾiʿ al-Zuhūr" (2/19). (3) "Al-Dhayl al-Tām" (1/208).
عند الخاصة والعامة، وكان يداوم على قيام العشر الأخير في محراب الضحابة مع عدة قرَّاء يبيتون فيه ويُحيون الليل، ولما كان في هذه السنة أحيا ليلة العيد وحده بالمحراب المذكور ثم مرض خمسة أيام، ثم مات بعد الظهر يوم الثلاثاء عاشر شوال بدرب العميد، وصُلِّيَ عليه العصر بالجامع الأموي، ودُفن بمقابر الباب الصغير عند والده في تربة لهم، وكانت جنازته حافلة وتأسَّف النَّاسُ عليه، (رحمه الله) وبل بالرحمة ثراه، وقد قارب خمسًا وستين سنة، وترك بنتًا سباعية اسمها عائشة، وقد أقرأها شيئًا من القرآن إلى تبارك، وحفَّظها "الأربعين" النواوية جبرها ربُّها ورحم أباها آمين. وخرج المحمل الشّامي والحجيجُ يوم الخميس ثاني عشره، وأميرهم الأمير علاء الدين علي بن علَم الدين الهلالي، أحد أمراء الطبلخانات. وتوفي الشيخ عبد اللَّه الملطي (١) يوم السبت رابع عشره، وكان مشهورًا بالمجاورة بالكلاسة في الجامع الأموي، له أشياء كثيرة من الطراريح والآلات الفقرية، ويلبس على طريقة الحريرية، وشكله مزعج، ومن الناس من كان يعتقد فيه الصلاح، وكنت ممن يكرهُهُ طبعًا وشرعًا أيضًا. وفي يوم الخميس الخامس والعشرين من ذي القعدة (٢) قدم البريد من ناحية المشرق ومعهم قماقم ماء من عيني هناك من خاصيَّتِه أنَّه يتبعه طير يسمى السَّمَرْمَر أصفر الريش قريب من شكل الخطَّاف من شأنه إذا قدم الجراد إلى البلد الذي هو فيه أنه يفنيه ويأكله أكلًا سريعًا، فلا يلبث الجراد إلا قليلًا حتى يرحل أو يؤكل على ما ذكر، ولم أشاهد ذلك. وفي المنتصف من ذي الحجة كمل بناء القيسارية التي كانت معملًا بالقرب من دار الحجارة، قبلي سوق الدهشة الذي للرجال، وفتحت وأُكريت دهشة لقماش النساء، وذلك كله بمرسوم ملك الأمراء ناظر الجامع المعمور (رحمه الله) ، وأخبرني الصدر عز الدين الصَّيرفي المشارف بالجامع أنه غرم عليها من مال الجامع قريب ثلاثين ألف درهم انتهى. طرح مكس القطن المغزول البلدي والمجلوب (٣) : وفي أواخر هذا الشهر جاء المرسوم الشريف بطرح مكس القطن المغزول البلدي والجلب أيضًا، ونودي بذلك في البلد، فكثرت الدعوات لمن أمو بذلك، وفرح المسلمون بذلك فرحًا شديدًا وللَّه الحمد والمنة.
(١) لم أقع له على ترجمة فيما بين يدي من المصادر. (٢) في ذي الحجة في بدائع الزهور (٢/ ١٩). (٣) الذيل التام (١/ ٢٠٨).

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