La suppléance de Walī al-Dīn, fils de Bahā’ al-Dīn Abī al-Baktā’ al-Subkī :
Vers la fin de ce jour – c’est-à-dire le jeudi dix-huit du mois – le juge suprême Walī al-Dīn, fils du juge suprême Bahā’ al-Dīn Ibn Abī al-Baqā’, rendit son verdict à la grande madrasa al-ʿĀdiliyya, agissant comme suppléant du juge suprême Tāj al-Dīn, conjointement avec la suppléance du juge suprême Shams al-Dīn al-Ghazzī et celle du juge suprême Badr al-Dīn Ibn Wahba. Quant au juge suprême Badr al-Dīn Ibn Abī al-Fath, il était lui aussi suppléant, mais sur la base d’un décret honorifique qui lui octroyait le droit de rendre ses jugements de manière indépendante aux côtés du juge suprême Tāj al-Dīn.
Le lundi vingt-deux du même mois, l’émir Nāṣir al-Dīn Ibn al-ʿAwī, qui exerçait la vice-sultanat, convoqua le gouverneur de la ville après lui avoir reproché divers griefs. Il ordonna qu’on le frappe, et il fut donc battu devant lui, à coups portés sur les épaules, quoique la punition ne fût point trop sévère. Puis il le destitua et requit la présence de l’émir ʿAlam al-Dīn Sulaymān, l’un des émirs dits « ʿasharawāt », fils de l’émir Ṣafī al-Dīn Ibn Abī al-Qāsim al-Buṣrāwī, établi parmi les émirs des « ṭabal khānāt ». Cet émir avait déjà exercé la surintendance des dīwāns, ainsi que l’inspection de Jérusalem et d’Hébron, en plus d’autres hautes charges. Il était le fils du shaykh Fakhr al-Dīn ʿUthmān, lui-même fils du shaykh Ṣafī al-Dīn Abī al-Qāsim al-Tamīmī al-Ḥanafī. Sa famille dirigeait la madrasa al-Amīniyya située à Buṣrā ainsi que la madrasa al-Ḥakīmiyya depuis plus d’un siècle. On lui confia donc la gestion de la ville, malgré sa réticence. Il fut contraint d’accepter, reçut l’investiture par une robe d’honneur, et comme il avait déjà assuré auparavant cette fonction avec une conduite irréprochable, sa droiture et son intégrité furent saluées. Les habitants s’en réjouirent, Dieu soit loué.
La nomination du juge suprême Bahā’ al-Dīn al-Subkī à la magistrature d’Égypte après la démission de ʿIzz al-Dīn Ibn Jamāʿa :
On apprit par courrier arrivé d’Égypte que le juge suprême ʿIzz al-Dīn ʿAbd al-ʿAzīz, fils du juge suprême Badr al-Dīn Ibn Jamāʿa, avait renoncé de lui-même à sa charge le lundi seizième de ce mois, et qu’il s’y était décidé fermement. L’émir majeur Yalbughā dépêcha alors plusieurs émirs pour essai de conciliation, mais ʿIzz al-Dīn refusa de reconsidérer sa décision. L’émir se rendit lui-même auprès de lui, accompagné des juges et d’autres notables, le priant avec insistance, mais en vain : ʿIzz al-Dīn demeura inflexible. L’émir lui demanda alors : « Indique-nous un successeur possible. » Il répondit : « Je ne dirai qu’une chose : n’attribuez pas la fonction à un seul homme, puis nommez qui bon vous semble. » Le juge suprême Tāj al-Dīn al-Subkī me raconta qu’il avait ajouté : « Ne confiez pas la fonction à Ibn ʿAqīl. » L’émir majeur désigna alors le juge suprême Bahā’ al-Dīn Abū al-Baqā’. On raconte qu’au début, il refusa puis finit par accepter et reçut l’investiture. Il entra en fonction le lundi vingt-troisième de Jumādā al-Ākhirah, tandis que le juge suprême shaykh Bahā’ al-Dīn, fils du juge suprême Taqī al-Dīn al-Subkī, reprit la fonction de juge des armées jusqu’alors exercée par Abū al-Baqā’.
Le lundi septième du mois de Rajab, il rendit l’âme.