Le mercredi neuvième de Ṣafar, le shaykh Shams al-Dīn Ibn Sanad se présenta à la séance de la machyakha an-Nafīsiyya. Il se trouva également en présence du qāḍī al-quḍāt Tāj ad-Dīn et d’un groupe de notables. Il cita le ḥadīth rapporté par ʿUbāda Ibn aṣ-Ṣāmit : « Il n’y a pas de prière pour celui qui ne récite pas la Fātiḥa du Livre », (3) qu’il attribua au qāḍī al-quḍāt mentionné.
Un courrier arriva alors d’Égypte, convoquant le qāḍī al-quḍāt Tāj ad-Dīn en ces contrées ; il envoya donc sa famille en avance sur des chameaux. Le vendredi onzième de Rabīʿ al-awwal, un groupe de ses proches partit rendre visite aux leurs là-bas. Lui-même resta encore un temps sur place, jusqu’à l’arrivée du vice-sultan depuis ar-Raḥba, avant de prendre la route par courrier. Puis, le lundi quinzième de Jumādā al-Ākhira, le qāḍī al-quḍāt Tāj ad-Dīn as-Subkī revint d’Égypte par le même moyen ; la population alla à sa rencontre sur le chemin, lui faisant grande fête pour le saluer et le féliciter de son retour sain et sauf. Fin de l’extrait. Dieu est plus savant.
[Exécution du “râfidî” infâme]
Le jeudi dix-sept du même mois, tôt dans la matinée, on trouva un homme dans la mosquée des Omeyyades du nom de Maḥmūd Ibn Ibrāhīm aš-Šīrāzī. Il injuriait les deux Shaykhs et les maudissait ouvertement. On le présenta au qāḍī mālikī, le qāḍī al-quḍāt Jamāl ad-Dīn al-Masallatī, qui lui demanda de se rétracter. Le bourreau fut amené. Dès le premier coup, il s’écria : « Lā ilāha illā Allāh, ʿAlī walī Allāh ! » Puis, au second coup, il maudit Abū Bakr et ʿUmar. À ce moment-là, les gens l’assaillirent et le frappèrent violemment, au point qu’il faillit succomber. Le juge tenta en vain de les contenir, tandis que l’homme continuait de proférer des injures et des malédictions contre les Compagnons, affirmant qu’ils étaient dans l’erreur. On l’emmena aussitôt devant le vice-sultan ; des témoins attestèrent qu’il avait bien déclaré que les Compagnons étaient égarés. Sur ce, le juge prononça la peine capitale. L’homme fut conduit hors de la ville, décapité, puis brûlé par la foule — que Dieu le flétrisse.
Il était l’un de ceux qui étudiaient à la madrasa d’Abū ʿUmar. Lorsqu’on découvrit sa tendance au chiisme extrême, il fut emprisonné quarante jours par le ḥanbalī, sans résultat. Il persista en effet à insulter les Compagnons partout où il allait, jusqu’à ce que, ce jour fatidique, il dévoilât sa doctrine en pleine mosquée. C’est cela qui causa sa mise à mort — que Dieu le déshonore, comme Il a déshonoré ceux d’avant lui. Il fut exécuté en l’an cinquante-cinq (5).