Rénovation d’un second prône
(1) À l’intérieur des murailles de Damas depuis la conquête du Bilād al-Shām :
Cela eut lieu le troisième vendredi, puis il apparut que c’était le vingt-quatrième de Dhou al-Qa‘da de cette année, dans la mosquée dont la reconstruction fut entreprise par le gouverneur de Syrie, Sayf ad-Dīn Manklī Bugha, dans la ruelle al-Bayyā‘a (2), au sud de la mosquée de Darb al-Ḥajar, à l’intérieur de Bāb Kaysān dont la réouverture a eu lieu récemment, comme on l’a rapporté. On la connaît dans le langage populaire sous le nom de « mosquée ash-Shahrzūrī » (3), alors que, dans le « Tārīkh » d’Ibn ‘Asākir, elle est désignée sous l’appellation de « mosquée ash-Shahrzūrī ». Cette mosquée était en ruine et délabrée depuis fort longtemps ; elle avait été délaissée au point que presque personne ne s’y rendait. Le gouverneur l’agrandit vers son côté méridional et la couvrit d’un toit neuf. Il y aménagea également, au nord, une cour dallée et des galeries sur le modèle des grandes mosquées, dont l’accès se fait par des portes comme à l’accoutumée. On y trouve à l’intérieur une grande galerie divisée en deux ailes, l’une à l’est et l’autre à l’ouest, soutenues par des colonnes et des arcs. Auparavant, c’était une église, prise à ses occupants avant l’an cinq cents de l’hégire, puis transformée en mosquée ; elle demeura ainsi jusqu’à ce moment. Une fois les travaux terminés, comme nous l’avons indiqué, on y fit acheminer l’eau des canaux et on y plaça un minbar déjà utilisé. Ce jour-là, le gouverneur du sultan chevaucha depuis l’extérieur de la ville, entra par Bāb Kaysān, se dirigea vers le quartier juif, puis atteignit ladite mosquée où les gens, juges, notables, érudits et simples habitants, s’étaient rassemblés en nombre. Pour y prononcer le sermon, on avait désigné le shaykh Ṣadr ad-Dīn ibn Manṣūr al-Ḥanafī, enseignant à la madrasa an-Najībiyya (4) et imam des Hanafites à la mosquée des Omeyyades. Cependant, lorsque le premier adhān (appel à la prière) retentit, il lui fut impossible de quitter la chambre de prédication, soit en raison d’une maladie survenue subitement, soit pour une autre cause telle qu’un empêchement à prendre la parole. Ce jour-là, la khutba fut donc prononcée par le juge suprême Jamāl ad-Dīn (5) al-Ḥanafī al-Kafrī, en hommage au gouverneur du sultanat.
Lorsque débuta le mois de Dhou al-Ḥijja, Dieu avait levé l’épidémie qui frappait Damas — à Lui soient louange et gratitude. Les gens de la ville continuaient de mourir comme à l’accoutumée, sans que personne ne contracte ce mal, hormis les maladies ordinaires. Ainsi s’achevèrent les événements de cette période.
[Puis arriva l’année sept cent soixante-six de l’hégire]
Cette année débuta sous le règne du sultan al-Malik al-Ashraf Nāṣir ad-Dīn Shaʿbān, et le pouvoir en Égypte et en Syrie demeurait le même. Le maḥmal sultanien fit son entrée dans la matinée du lundi vingt-quatrième de ce mois. On raconta que, sur le chemin du retour, les pèlerins furent soumis à de rudes épreuves en raison de la cherté des denrées, de la mort des chameaux et de la fuite des chameliers. Parmi ceux qui regagnèrent la ville avec la caravane se trouvaient ceux qui étaient partis des terres égyptiennes.