Qâsiyoun. Les gens assistèrent à ses funérailles. Il faisait partie des savants vertueux et des jurisconsultes de l’école chaféite. Il enseigna à la Nâṣiriyya al-Barrâniyya plusieurs années après son père, ainsi qu’au ribâṭ al-Duwaydârî (1) à l’intérieur de Bâb al-Faraj. Il fréquentait les madrasas et résida un temps dans notre madrasa an-Najībiyya. Il aimait la Sunna et la comprenait parfaitement.
Au début de Jumâdâ al-Ûlâ, le juge suprême Tâj ad-Dîn (2), chaféite, fut nommé responsable (mushîkha) de Dâr al-Ḥadîth dans la madrasa établie à Darb al-Qalî (3), qui était auparavant la demeure de son fondateur, Jamâl ad-Dîn ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Îsâ at-Tadmurî, lui-même maître de l’émir Ṭâz. On y introduisit un cours pour les hanbalites, dont l’enseignement fut confié au shaykh Burhân ad-Dîn Ibrâhîm Ibn Qayyim al-Jawziyya (4). Ce dernier y donna son cours et certains hanbalites y assistèrent. Par la suite, divers événements se produisirent, dont le détail serait trop long à exposer.
Le lieutenant du sultan convoqua alors les témoins hanbalites de ce cours, les interrogea individuellement et leur demanda comment ils avaient témoigné dans le document original —le procès-verbal— qui leur était imputé. Ils se trouvèrent en difficulté dans leurs déclarations, ce qui fut enregistré contre eux, car elles étaient en net décalage avec ce qu’ils avaient attesté dans ce même procès-verbal. Beaucoup de gens leur adressèrent des reproches à ce sujet. Par ailleurs, de nombreuses dettes dues par Jamâl ad-Dîn at-Tadmurî, le fondateur, à la maison de Ṭâz apparurent. On demanda alors au juge mâlikite d’invalider la décision rendue par le juge hanbalite, mais il hésita à le faire.
Le lundi vingt-et-unième, on lut la lettre du sultan qui ordonnait de révoquer les agents attachés aux quatre cadis, et ils furent ainsi renvoyés.
Au mois de Jumâdâ al-Âkhira, mourut le shaykh Shams ad-Dîn (5), shaykh des hanbalites à aṣ-Ṣâliḥiyya, appelé at-Tatarî (6), un jeudi, le huit (7). La prière funéraire fut célébrée pour lui à la mosquée al-Muẓaffarî après la prière de l’après-midi, puis il fut inhumé au flanc de la montagne, ayant presque atteint l’âge de quatre-vingts ans.
Le quatorzième jour du même mois, une importante assemblée se tint à Dâr as-Sa‘âda, à laquelle participèrent les quatre juges ainsi qu’un groupe de muftis.