Il fut investi, depuis l’Égypte, de la fonction de juge suprême (Qāḍī al-quḍāt) des shaféites à Damas, avec l’approbation de son oncle maternel, le juge suprême Tāj al-Dīn, avant de renoncer par la suite à ce poste.
Le jeudi 5 Rabīʿ al-awwal, la barbacane qui faisait face à la porte al-Faraj, sur le pont, fut la proie des flammes. Les pierres de cette porte furent touchées par l’incendie et se fissurèrent. Le lieutenant de la sultane, le grand chambellan, le gouverneur de la citadelle, plusieurs autorités et d’autres responsables assistèrent à l’extinction du feu.
Au matin de ce même jour, le fleuve connut une crue considérable en raison de fortes précipitations, au début du mois de janvier. L’eau envahit entièrement le marché aux chevaux et atteignit les abords de la porte al-Farādīs ainsi que les environs. Elle détruisit le pont en bois situé près de la mosquée Yalbūghā, puis heurta le pont dit « de la zallābiyya » et le rompit également.
Le jeudi 12 (du même mois), le chambellan Qumārī (1) fut démis de ses fonctions à la Dār al-Saʿāda et on lui retira l’autorité sur les juges. Il se retira ensuite chez lui, accompagné de très peu de gens. Beaucoup se réjouirent de cette nouvelle, car il s’ingérait fréquemment dans l’application des décisions de la loi islamique.
Vers la fin de cette période, la mort du juge Tāj al-Dīn al-Munāwī (2) fut annoncée en Égypte. Ce fut alors le juge suprême Bahāʾ al-Dīn ibn Abī al-Baqāʾ al-Subkī qui lui succéda pour la juridiction des armées, tout en assumant aussi la fonction de mandataire du sultan. Il reçut par ailleurs le soutien financier nécessaire à l’exercice de ces charges.
Durant ces mêmes jours, le shaykh Sirāj al-Dīn al-Bulqīnī fut nommé pour rendre des fatwas à la Dār al-ʿAdl aux côtés du shaykh Bahāʾ al-Dīn Aḥmad, fils du juge suprême al-Subkī à Damas. Il fut, lui aussi, nommé au poste de juge à Damas, comme cela a déjà été souligné. Puis il retourna en Égypte avec les honneurs, tandis que son frère Tāj al-Dīn rentrait à Damas. Par la même occasion, on désigna auprès d’al-Bulqīnī un mufti ḥanafite, appelé shaykh Shams al-Dīn ibn al-Ṣāʾigh, pour l’émission de fatwas à la Dār al-ʿAdl. Il était lui aussi mufti ḥanafite (3).
Le lundi 7 Rabīʿ al-awwal, le shaykh Nūr al-Dīn (4) Muḥammad, fils du shaykh Abū Bakr [fils de Muḥammad ibn] (5) Qawwām, mourut dans leur zāwiya (6) située au pied de la montagne.