La position la plus répandue parmi la majorité (des savants) est qu’il fut un sage et un wali (proche de Dieu), sans toutefois être prophète. Dieu – Exalté soit-Il – l’a mentionné dans le Coran, l’a loué et a rapporté de ses propos à l’égard de l’exhortation qu’il dispensa [à son fils, cet être qui lui était le plus cher et dont il avait la plus grande compassion. L’un des premiers conseils qu’il lui donna] (1) fut de dire : « Ne donne pas d’associé à Dieu, car l’association est vraiment une grande injustice » (Coran 31:13). Il le lui interdit donc et l’en mit en garde.
Al-Bukhari (2) rapporte : « Qutaïbah nous a transmis, Jarrîr nous a transmis, d’après Al-Aʿmach, d’après Ibrâhîm, d’après ʿAlqamah, d’après ʿAbd Allâh qui a dit : lorsque ce verset fut révélé : “Ceux qui ont la foi et n’ont pas mêlé leur foi d’aucune injustice” [Al-Anʿâm : 82], cela parut pénible aux compagnons du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Ils dirent : “Qui d’entre nous n’a jamais mêlé sa foi à une injustice ?” Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) leur répondit : “Il ne s’agit pas de cela. N’avez-vous pas entendu la parole de Luqmân : ‘Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Dieu, car l’association est vraiment une grande injustice’ ?” » Ce hadith est également rapporté par Muslim, selon la chaîne de transmission de Sulaymân ibn Mihrân, dit Al-Aʿmach (4).
Puis Dieu – Exalté soit-Il – inséra Sa recommandation à l’égard des parents, soulignant leurs droits et rappelant à quel point ils méritent une bienveillance toute particulière, même s’ils étaient polythéistes, tout en précisant toutefois qu’ils ne doivent pas être obéis si cela devait conduire à embrasser leur religion. Vient ensuite ce dont Il informa à propos de Luqmân lorsqu’il admonesta son fils : « Ô mon fils, même si un acte pesait le poids d’un grain de moutarde et qu’il se trouvait caché dans un rocher ou dans les cieux ou sur la terre, Dieu le fera venir à Lui, car Dieu est infiniment Subtil et Parfaitement Connaisseur » (Coran 31:16). Par là, il lui interdit de commettre la moindre injustice envers autrui, fût-elle de la dimension d’un grain de moutarde, car Dieu l’interrogera à ce sujet, la présentera au Jugement et la placera dans la Balance, comme Il dit : « Dieu ne lèse personne, pas même du poids d’un atome » (An-Nisâ’ : 40). Il dit également : « Nous placerons les balances justes au Jour de la Résurrection, si bien qu’aucune âme ne sera lésée en rien. Fut-ce du poids d’un grain de moutarde, Nous l’apporterons. Nous suffisons amplement pour dresser les comptes » (Al-Anbiyâ’ : 47).
Luqmân l’informa que cette injustice, fût-elle infime comme un grain de moutarde et qu’elle se trouvât au cœur d’un roc compact sans porte ni ouverture, ou qu’elle fût enfouie au sein de l’une des obscurités de la terre ou des cieux, dans leur immensité et leur étendue, Dieu en connaîtrait l’emplacement, « car Dieu est infiniment Subtil et Parfaitement Connaisseur » (Coran 31:16). Autrement dit, Son savoir est si précis qu’aucune particule, apparente ou dissimulée, ne Lui échappe. Comme Il le déclare : « Nulle feuille ne tombe sans qu’Il ne la sache. Pas un grain dans les ténèbres de la terre, pas une chose fraîche ni une chose sèche qui ne soit consignée dans un livre explicite » (Al-Anʿâm : 59). Et Il dit encore : « Rien de caché dans le ciel et sur la terre ne saurait échapper à un livre explicite » (An-Naml : 75), ainsi que : « Il connaît l’Invisible : pas même le poids d’un atome ne Lui échappe dans les cieux ni sur la terre, pas plus que quoi que ce soit de plus petit ou de plus grand, qui ne soit consigné dans un livre explicite » (Saba’ : 3).