«Nous ne mentionnons des récits israélites (Isrā’īliyyāt) que ceux qu’il est permis, selon la Loi révélée, de rapporter, c’est-à-dire ceux qui ne contredisent pas le Livre de Dieu ni la Sunna de Son Messager ﷺ. Il s’agit d’un ensemble de récits qui ne peuvent être ni confirmés ni infirmés. (1)
Il a également dit, dans le chapitre concernant ce qui est rapporté au sujet de sept terres : « Telle est ainsi la tradition transmise d’après Ibn ‘Abbās, selon laquelle, dans chaque terre, se trouve une création semblable à celle qui est ici, au point qu’il y aurait un Adam comme le vôtre et un Abraham comme le vôtre. C’est ce qu’Ibn Jarīr a mentionné de manière concise, tandis que l’Imām al-Bayhaqī l’a longuement exposé dans son ouvrage “Al-Asmā’ wa al-Ṣifāt”. Si la transmission de ce propos est authentique, on considère qu’Ibn ‘Abbās l’a tiré des récits israélites ; et Dieu est plus savant.» (2)
Il a encore dit, dans le chapitre relatif à la création des cieux : « Quant à ce que rapportent nombre de commentateurs, dans le récit au sujet de Hārūt et Mārūt, selon lequel la planète Vénus (al-Zuhra) aurait été une femme qu’ils auraient convoitée, mais qui ne leur aurait consenti qu’en échange de l’enseignement du Nom Suprême ; ils le lui enseignèrent, puis elle le prononça et fut alors élevée au rang d’étoile dans le ciel, il s’agit là d’une invention des Israélites, même si Ka‘b al-Aḥbār l’a rapportée. » (3)
Pourtant, Ibn Kathīr – qu'Allah lui fasse miséricorde – n’a pas été préservé de citer certains récits israélites renfermant des exagérations et des fables, en contradiction avec le Coran et la Sunna. C’est le désir de tout compiler et l’influence de la tradition héritée de ceux qui l’ont précédé qui l’ont poussé à les mentionner.
2 – La mention de la source : Il s’agit de la référence d’où il tire ses informations, et c’est là une question d’honnêteté scientifique. Nous avons entendu de nos maîtres – qu'Allah soit satisfait d'eux – que la bénédiction de la science réside dans la rigueur de la transmission et dans la fidélité des citations. Ainsi, l’Hafiz Ibn Kathīr abrège parfois certains récits de batailles et les renvoie, en version complète, à Ibn Jarīr al-Ṭabarī (4). Il se réfère également à “Al-Muntaẓam” d’Ibn al-Jawzī et le mentionne en divers passages (5), tout comme il se réfère à “Al-Kāmil” (6) d’Ibn al-Athīr en citant explicitement la source.
3 – La critique : Elle vise de grands auteurs, et cette attitude critique révèle une personnalité indépendante, un esprit pénétrant et le refus de dissimuler la vérité. Nous le constatons lorsqu’il exprime son opinion sur al-Mukhtār al-Thaqafī, qu’il critique al-Ṭabarī (7) à son sujet, ou encore lorsqu’il s’en prend à Ibn Khallikān (8), avec sévérité, pour sa position douteuse vis-à-vis d’Ibn al-Rāwandī le zindīq, et lorsqu’il reproche à son maître al-Dhahabī (9) de s’être laissé abuser par l’auteur du “Al-‘Iqd al-Farīd.”»