Nommé à cette fonction dans un grand apparat, il demeurait toutefois souffrant dans son corps à cause de la fatigue qu’il avait endurée en tenant tête aux Bédouins. Il s’installa à Dār as-Saʿāda, comme à l’accoutumée (1).
Le lundi, premier jour de Dhū al-Ḥijja, une robe d’honneur fut conférée au juge suprême (Qāḍī al-Qudhāt) Tāj ad-Dīn as-Subkī, de rite shāfiʿite, afin qu’il officie comme prédicateur à la grande mosquée de Damas. Il poursuivit son office habituel en prononçant lui-même le prêche chaque vendredi.
Le mardi, deuxième jour du mois, le juge Fatḥ ad-Dīn (2) Ibn ash-Shahīd fit son entrée et reçut lui aussi la robe d’honneur, et les gens vinrent le féliciter. Le jeudi suivant, le juge Fatḥ ad-Dīn Ibn ash-Shahīd, secrétaire d’État (kātib as-sirr), prit part à la cérémonie de la fonction de shaykh de la Sumaïṣāṭiyya, à laquelle assistèrent les juges et notables après la prière de midi. À cette occasion, on lui offrit de nouveau une robe d’honneur et il revint le lendemain selon la coutume.
Ce même jour, une robe d’honneur fut remise au responsable de la trésorerie (wakīl bayt al-māl), le shaykh Jamāl ad-Dīn ibn ar-Ruhāwī (3), ainsi qu’au shaykh Shihāb ad-Dīn az-Zuhrī (4), associé à un avis juridique (fatwā) rendu à Dār al-ʿAdl. Fin.
[Puis débuta l’année 765 de l’Hégire]
Le début de cette année vit régner sur les provinces d’Égypte, de Syrie, sur les Deux Lieux saints et leurs dépendances, le sultan al-Malik al-Ashraf Nāṣir ad-Dīn Shaʿbān ibn Ḥusayn, fils du sultan al-Malik an-Nāṣir Muḥammad ibn al-Manṣūr Qalāwūn aṣ-Ṣāliḥī, alors âgé de dix ans. L’administration du royaume se trouvait entre les mains de l’éminent émir Niẓām al-Mulk Sayf ad-Dīn Yalbughā al-Khāṣikī.
Les juges en poste en Égypte étaient les mêmes que ceux mentionnés l’année précédente, et le ministre était Fakhr ad-Dīn ibn Qarawīna. Le gouverneur (nāʾib) de Damas était l’émir Sayf ad-Dīn Mankulī Bughā ash-Shamsī, réputé pour sa bonne conduite. Les juges y étaient toujours ceux cités l’année précédente. L’inspection des bureaux (nāẓir ad-dawāwīn) revenait à aṣ-Ṣāḥib Saʿd ad-Dīn Mājid, celle de l’armée (nāẓir al-jaysh) à ʿAlam ad-Dīn Dāwud, le secrétariat d’État (kātib as-sirr) au juge Fatḥ ad-Dīn ibn ash-Shahīd, et la trésorerie (wakīl bayt al-māl) au juge Jamāl ad-Dīn ibn ar-Ruhāwī.