On rapporte qu’une personne affirma avoir vu le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) près d’un mûrier, à la mosquée de Ḍirār (1), à l’extérieur de la porte orientale. Aussitôt, des femmes s’empressèrent de parfumer (2) ce mûrier et de prendre ses feuilles pour se soigner de l’épidémie. Toutefois, la véracité de ce songe ne s’est pas confirmée, et l’on ne tient pas pour crédible le récit de son auteur.
Le vendredi sept de Dhû al-Qa‘da, le juge suprême Tâj ad-Dîn as-Subkî prononça un sermon dans la Grande Mosquée de Damas. Il fut à la fois éloquent, clair et récité avec talent. Certains parmi la foule, généralement enclins à semer du désordre, n’ont pas pris la parole cette fois-ci, mais se sont plutôt exclamés avec force lors des exhortations et à d’autres moments du prêche. Le prédicateur leur plut, ainsi que son sermon, sa manière de déclamer, sa transmission et la prestance qu’il dégageait. Il garda pour lui-même la tâche de prêcher.
Le mardi dix-huit du même mois, le grand notable Taqî ad-Dîn Sulaymân (3) ibn Marâjil, surintendant de la Grande Mosquée des Omeyyades et d’autres lieux, décéda. Il avait exercé la fonction de surintendant de la mosquée au temps de Tankiz. Il fit construire la partie ouest du mur méridional (qiblî), recouvrit ce mur entier de marbre, ouvrit une niche de prière (miḥrâb) pour les Hanafites dans ce mur méridional et une autre pour les Hanbalites à l’ouest. Il laissa de nombreuses œuvres dans cet édifice. On le disait ambitieux, intègre, rigoureux, et on reconnaissait ses qualités de gestion. Il fut inhumé dans le mausolée qu’il avait fait ériger en face de sa demeure dans le quartier de al-Qubaybât (qu’Allâh lui fasse miséricorde), et il était âgé de plus de quatre-vingts ans.
Le mercredi dix-neuf, le shaykh Bahâ’ ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb (4) al-Ikhmîmî l’Égyptien, imam de la mosquée de Darb al-Ḥajaz (5), décéda. On pria sur lui après la prière de l’après-midi à la Grande Mosquée des Omeyyades, puis il fut enterré à la zâwiya d’Ibn as-Sarrâj (6), dans le quartier des Ṭuyûrîyîn (7), au sein d’une zâwiya réservée à certains pauvres gardiens du trésor. Il avait de bonnes connaissances en uṣûl al-fiqh et composa un ouvrage sur la lettre Lâm (8) renfermant des points tantôt acceptables, tantôt non acceptables, et ainsi s’acheva son histoire.
Entrée du vice-roi Manklî Bughâ :
Le jeudi vingt-sept de Dhû al-Qa‘da, le vice-roi Manklî Bughâ arriva d’Alep et fit son entrée à Damas.