Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La peste sévit alors en Égypte, où l’on recense environ un millier de victimes par jour parmi ses habitants. Il est rapporté que plusieurs personnes connues y sont décédées, tels les deux fils du juge suprême Tadj ad-Dîn al-Munâwî, le greffier du tribunal Ibn al-Furât (1), ainsi que tous les membres de sa famille. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.

Puis, vers la fin du mois de Rajab, on reçut la nouvelle du décès de plusieurs personnes en Égypte, parmi lesquelles Abû Hâtim (2), fils du shaykh Bahâ’ ad-Dîn as-Subkî, un Égyptien du Caire. C’était un jeune homme qui n’avait pas encore vingt ans ; il avait enseigné en plusieurs lieux au Caire et prononcé des prêches. Son père le perdit, et les gens le regrettèrent amèrement. Ils présentèrent également leurs condoléances à son oncle, le juge suprême Tadj ad-Dîn as-Subkî, qui était le cadi chaféite à Damas.

On apprit en outre la mort de Shihâb ad-Dîn Ahmad (3) ar-Rabâhî (4), cadi suprême (de rite mâlikite). Il avait exercé ses fonctions deux fois à Alep, avant d’en être destitué. Il s’était ensuite rendu en Égypte et s’y était établi un temps, dans l’espoir de recouvrer un jour sa charge. Mais l’épidémie de cette année l’a emporté, de même que deux de ses fils qui l’accompagnaient.

Le samedi 6 Sha‘bân, le lieutenant du sultan, accompagné d’un grand nombre d’émirs, se dirigea vers la région de Tadmur (Palmyre) afin de repousser les tribus arabes alliées à Ḥiyâr (5) ibn Muhannâ et à ceux qui s’étaient rangés à ses côtés. Certains d’entre eux avaient saccagé Tadmur, incendié une grande partie de ses arbres, y avaient fait paître leurs bêtes et pillé de nombreux biens, quittant ainsi l’obéissance au pouvoir. Ceci était dû à la confiscation de leurs fiefs, la saisie de leurs propriétés et l’obstruction qui leur était imposée. Le lieutenant du sultan partit avec ses hommes pour les chasser de la région, accompagné de l’émir Ḥamza ibn al-Khayyât, l’un des émirs de la « ṭablkhânah ». Auparavant chambellan auprès de Ḥiyâr, il s’était détourné de lui et l’avait dénoncé auprès du grand émir Yalbûghâ al-Khâṣṣakî, lui promettant que, s’il était comblé d’honneurs et de faveurs, il mettrait Ḥiyâr à sa merci et lui en rapporterait la tête. L’émir accéda à sa requête, si bien qu’il arriva à Damas muni d’un décret ordonnant à l’armée de se joindre à lui contre Ḥiyâr et ses compagnons. Ils partirent selon ce qui a été mentionné, atteignirent Tadmur, et les Bédouins s’enfuirent à leur approche, de crainte de se mesurer au lieutenant de la Syrie, tout en manifestant ouvertement leur hostilité à l’égard de Ḥamza ibn al-Khayyât. Plus tard, nous apprîmes qu’ils avaient mené une attaque de nuit contre l’armée, tuant certains soldats, en blessant d’autres et faisant des prisonniers. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons (6).

(1) Il est : Taqī al-Dīn Muḥammad ibn Aḥmad ibn al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn al-Furāt al-Ḥanafī, al-Dhayl al-Tām (1/197). (2) Sa biographie se trouve dans al-Dhayl al-Tām (1/195). On y lit : Abū Ḥātim Muḥammad ibn al-Imām al-Baḥāʾ Abū Ḥāmid Aḥmad ibn Shaykh al-Islām al-Taqī ʿAlī al-Subkī. (3) Sa biographie est dans : al-Dhayl de al-Ḥusaynī p. 362, al-Durar al-Kāmina (1/327) et al-Dhayl al-Tām (1/198). Il s'agit d'Aḥmad ibn Yāsīn ibn Muḥammad al-Rabbāḥī, premier à avoir occupé la magistrature judiciaire à Alep. (4) Dans l'édition : al-Rubbājī avec le jīm. Nous avons conservé ce qui figure dans les sources de sa biographie. (5) Dans l'édition : « khiyār » ; le hadith a été authentifié. (6) Ibn Khaldūn (5/439).
والطاعون بمصر، وأنه يضبط من أهلها في النهار نحو الألف، وأنَّه مات جماعة ممَّن يُعرفون كولَدَيْ قاضي القضاة تاج الدين المُنَاوي، وكاتب الحكم ابن الفرات (١) ، وأهل بيته أجمعين، فإنَّا للَّه وإنا إليه راجعون. وجاء الخبر في أواخر شهر رجب بموت جماعة بمصر، منهم أبو حاتم (٢) ابن الشيخ بهاء الدين السُّبكي المصري بمصرَ، وهو شاب لم يستكمل العشرين، وقد درَّس بعدة جهات بمصر وخطب، ففقده والدُه وتأسَّف النَّاس عليه وعزَّوا فيه عمَّه قاضي القضاة تاج الدين السُّبكي قاضي الشافعية بدمشق. وجاء الخبر بموت قاضي القضاة شهاب الدين أحمد (٣) الرباحي (٤) المالكي، وكان بحلب وليها مرتين، ثم عُزل فقصد مصر واستوطنها مدّة ليتمكن من السعي في العَودة، فأدركته منيته في هذه السنة من الفناء وولدان له معه أيضًا. وفي يوم السبت سادس شعبان توجه نائب السلطنة في صحبة جمهور الأمراء إلى ناحية تَدْمُرَ لأجل الأعراب من أصحاب حيار (٥) بن مهنا، ومن التفّ عليه منهم، وقد دمّر بعضهم بلد تَدْمُرَ وحرّقوا كثيرًا من أشجارها، ورعَوْها وانتهبوا شيئًا كثيرًا، وخرجوا من الطّاعة، وذلك بسبب قطع إقطاعاتهم وتملُّك أملاكهم والحيلولة عليهم، فركب نائب السلطنة بمن معه كما ذكرنا، لطردهم عن تلك الناحية، وفي صحبتهم الأمير حمزة بن الخياط، أحد أمراء الطبلخانات، وقد كان حاجبًا لحيار قبل ذلك، فرجع عنه وألَّب عليه عند الأمير الكبير يَلْبُغا الخاصكي، ووعدَه إن هو أفرَه وكبّره أن يُظْفره بحيار وأن يأتيَه برأسه، ففعل معه ذلك، فقدم إلى دمشقَ ومعه مرسوم بركوب الجيش معه إلى حيار وأصحابه، فساروا كما ذكرنا، فوصلوا إلى تَدْمُر، وهربت الأعراب من بين يدي نائب الشام يمينًا وشمالًا، ولم يواجهوه هيبة له، ولكنهم يتحرَّفون على حمزة بن الخيَّاط، ثم بلغنا أنهم بيَّتوا الجيش فقتلوا منه طائفة وجرحوا آخرين وأسروا آخرين فإنا للَّه وإنا إليه راجعون (٦) .
(١) هو: تقي الدين محمد بن أحمد بن الحسن بن محمد بن الفرات الحنفي، الذيل التام (١/ ١٩٧). (٢) ترجمته في الذيل التام (١/ ١٩٥). وفيه: أبو حاتم محمد بن الإمام البهاء أبي حامد أحمد بن شيخ الإسلام التقي علي السُّبكي. (٣) ترجمته في: الذيل للحسيني ص (٣٦٢) والدرر الكامنة (١/ ٣٢٧) والذيل التام (١/ ١٩٨). وهو: أحمد بن ياسين بن محمد الرباحي، وهو أول من ولّي قضاء بحلب. (٤) في ط: الرُّباجي بالجيم. وأثبتنا ما في مصادر ترجمته. (٥) في ط: خيار ومضى الحديث فيه. (٦) ابن خلدون (٥/ ٤٣٩).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies