Le cheikh Nasser ad-Dîn Muhammad (1) ibn Ahmad al-Qûnawî al-Hanafî, prédicateur de la mosquée Yalbughâ, fit l’objet de la prière funèbre aussitôt après la prière de midi, et il fut enterré à aṣ-Ṣûfiyyah. C’est alors que le juge suprême Jamâl ad-Dîn al-Kafrî al-Hanafî assuma en son lieu et place la fonction de prédicateur et d’imam.
Le même jour, dans l’après-midi, décéda le juge ‘Alâ’ ad-Dîn (2) ibn le juge Sharaf ad-Dîn, lui-même fils du juge Shams ad-Dîn ibn ash-Shihâb Maḥmûd al-Ḥalabî, l’un des signataires du « dust » à Damas. La prière funèbre fut accomplie pour lui le mercredi, et il fut inhumé à as-Safḥ.
Le vendredi vingt-troisième de ce mois, le juge suprême Jamâl ad-Dîn al-Kafrî al-Hanafî prononça le prône dans la mosquée Yalbughâ, en remplacement du cheikh Nasser ad-Dîn ibn al-Qûnawî – qu’Allah lui fasse miséricorde. Assista également à la cérémonie le gouverneur de la sultane, l’émir Sayf ad-Dîn Qachtamur, et le juge suprême Tâj ad-Dîn ash-Shâfi‘î pria avec lui près de la fenêtre occidentale du côté sud. De nombreux émirs et notables étaient présents, et ce fut un jour mémorable. Ibn Nubâta (3) prononça un discours d’une belle prestation et d’une éloquence remarquable, malgré la difficulté de toute entreprise.
Le samedi 15 Jumâdâ al-Âkhirah, le cheikh Sharaf ad-Dîn (4) al-Qâḍî al-Ḥanbalî se rendit en terre d’Égypte sur demande de l’émir Sayf ad-Dîn Yalbughâ, exprimée dans une lettre qu’il lui adressa pour l’inviter et l’encourager à venir.
Le mardi deuxième jour de Rajab, deux hommes ivres tombèrent d’un toit dans le quartier juif : l’un était musulman et l’autre juif. Le musulman mourut sur-le-champ, tandis que l’œil du juif fut arraché et son bras cassé – qu’Allah le maudisse. On le conduisit devant le gouverneur de la sultane, qui ne sut que répondre.
Le cheikh Sharaf ad-Dîn, fils du Qâḍî al-Jabal, rebroussa chemin après avoir failli atteindre Ghazza, lorsqu’il apprit l’existence de l’épidémie en terre d’Égypte (5). Il retourna donc à la noble Jérusalem, puis gagna son pays d’origine où il se conforma à la Sunna (6). De nombreuses lettres parvinrent, confirmant la gravité de l’épidémie.