Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens se réjouirent grandement de l’investiture de cet homme et de son arrivée, tout autant que de la destitution du précédent et de son départ de la ville. Il était porteur d’un décret noble prévoyant la suppression de la moitié du prélèvement sur les moutons, qui s’élevait à quatre dirhams et demi et fut ainsi réduit à deux dirhams et un quart. On en fit l’annonce dans la ville le lundi vingt du mois de Rabî‘ al-Âkhir, et les gens en éprouvèrent une grande joie. Louange et grâce à Dieu ! Leurs prières redoublèrent pour celui qui fut à l’origine de cela, car l’abondance de l’approvisionnement contribue à rendre la viande moins coûteuse pour la population, tandis que le dîwân conserve ce qu’il prélevait auparavant. Par la volonté de Dieu – qu’Il soit exalté – des délégations arrivèrent et repartirent avec divers biens, sur lesquels le dîwân sultanien perçut la zakât et les frais d’agence. Il vint aussi de nombreux navires, et l’impôt du dixième y fut prélevé pour un montant bien supérieur à ce qui avait été abandonné dans le précédent prélèvement. Louange et grâce à Dieu ! Puis, le texte fut proclamé devant les gens le vendredi, après la prière de midi et avant celle de l’après-midi.

Le lundi vingt de ce même mois, le faqîh Shams ad-Dîn ibn as-Safadî fut battu à Dâr as-Sa‘âda à propos de la khânqâh des Tawâwîs (1). Il était venu avec un groupe parmi eux pour se plaindre du kâtib as-sirr, qui est le « shaykh des shuyûkh ». Ils discutèrent sur des points relatifs à la condition laissée par le fondateur du waqf, laquelle leur était pénible. Ibn as-Safadî tint alors des propos durs, et on le coucha à plat pour le battre, mais on intercéda pour lui. Il parla encore, et l’on intercéda de nouveau en sa faveur. Puis, la troisième fois, on le renversa et on le frappa, avant de l’envoyer en prison, d’où il sortit après deux ou trois nuits.

Le dimanche matin, vingt-six du mois, le qâdî al-qudât ash-shâfi‘î (2) fit son cours dans ses madrasas (3). Il assista au cours de la Nâsiriyya al-Jawwâniyya, conformément à la condition stipulée par le fondateur du waqf, laquelle fut établie par son frère après la mort du qâdî Nâsir ad-Dîn, le kâtib as-sirr. Une assemblée de notables et quelques juges étaient présents. Il commença par la sourate al-Fath, et l’on lut devant lui un extrait du tafsîr de son père au sujet de la parole divine : « Nous t’avons certes accordé une victoire éclatante » (Coran 48 : 1).

Le premier jour de Jumâdâ al-Ûlâ, un vendredi après la prière de l’aube avec l’imâm majeur, on pria pour le défunt qâdî Qutb ad-Dîn Muḥammad (4) ibn [‘Abd] al-Muḥsin, juge à Ḥoms. Il était venu à Damas pour accueillir le frère de son épouse, le qâdî al-qudât Tâj ad-Dîn as-Subkî ash-shâfi‘î. Tombé malade pendant un certain temps, il mourut à Damas. On pria sur lui à la Grande Mosquée, comme mentionné, puis à l’extérieur de Bâb al-Faraj, avant de l’emmener au flanc du mont Qâsiyûn. Il avait dépassé quatre-vingts ans de deux années (5). Il avait transmis et relaté quelques traditions, que Dieu lui fasse miséricorde.

(1) Nom de la khânqâh (maison de retraite spirituelle pour soufis).
(2) Littéralement « juge des juges » dans l’école juridique shâfi‘ite.
(3) Désigne l’ensemble des écoles ou collèges où l’on enseigne le fiqh (jurisprudence) et autres sciences religieuses.
(4) « ibn [‘Abd] al-Muḥsin » : le texte authentique pourrait varier selon les manuscrits.
(5) Soit quatre-vingt-deux ans au total.

(1) Il s'agit du khānaqāh Ṭawāwīsiyya, qui est une grande mosquée contenant la tombe du roi Daqāq, et qui possède un dôme connu sous le nom de dôme des Ṭawāwīs sur sa partie supérieure. Al-Dāris (2/164).\n(2) Il s'agit du juge Bahāʾ al-Dīn Aḥmad.\n(3) Al-Dāris (1/38).\n(4) Dans l’édition de Muḥammad ibn al-Ḥasan, c’est une déformation. Sa biographie se trouve dans l’appendice d’al-Ḥusaynī, p. 359, dans al-Durar al-Kāmina (4/28) et dans l’appendice complet (1/195). Dans toutes ces sources, il s’agit de Muḥammad ibn ʿAbd al-Muḥsin ibn Ḥamdān al-Subkī al-Shāfiʿī.\n(5) Dans l’appendice d’al-Ḥusaynī : sa naissance est en l’an 686. Il serait donc mort deux ans avant d’avoir atteint quatre-vingts ans, tandis que dans l’appendice complet d’al-Sakhāwī il est indiqué qu’il est mort avant soixante-dix ans, ce qui est probablement une erreur.
الناس بولاية هذا وقدومه- وبعزل الأوَّل وانصرافه عن البلد فرحًا شديدًا، ومعه مرسوم شريف بوضع نصف مكس الغنم، وكان عبرته أربعة دراهم ونصف، فصار إلى درهمين وربع درهم، وقد نودي بذلك في البلد يوم الإثنين العشرين من شهر ربيع الآخر، ففرح الناس بذلك فرحًا شديدًا، وللَّه الحمد والمنّة، وتضاعفت أدعيتُهم لمن كان السبب في ذلك، وذلك أنه يكثر الجلب برخص اللَّحم على الناس، ويأخذ الديوان نظير ما كان يأخذ قبل ذلك، وقذر اللَّه تعالى قدوم وفود وقفول بتجائر متعدِّدة، وأخذ منها الديوان السلطاني في الزَّكاة والوكالة، وقدم مراكب كثيرة فأخذ منها في العشر أضعاف ما أطلق من المكس، وللَّه الحمد والمنة، ثم قرئ على الناس في يوم الجمعة بعد صلاة الجمعة قبل العصر. وفي يوم الإثنين العشرين منه ضُرب الفقيه شمس الدين بن الصفدي بدار السعادة بسبب خانقاه الطواويس (١) ، فإنه جاء في جماعة منهم يتظلمون من كاتب السر الذي هو شيخ الشيوخ، وقد تكلَّم معهم فيما يتعلق بشرط الواقف ممَّا فيه مشقّة عليهم، فتكلَّم الصفديُّ المذكور بكلام فيه غلظ، فبُطح ليضرب فشفِّع فيه، ثم تكلَّم فشفع فيه، ثم بطح الثالثة فضرب ثم أمر به إلى السجن، ثم أخرج بعد ليلتين أو ثلاث. وفي صبيحة يوم الأحد السادس والعشرين منه درس قاضي القضاة الشافعي (٢) بمدارسه (٣) ، وحضر درس النَّاصرية الجوانية بمقتضى شرط الواقف الذي أثبته أخوه بعد موت القاضي ناصر الدين كاتب السر، وحضر عنده جماعة من الأعيان وبعض القضاة، وأخذ في سورة الفتح، قرئ عليه من تفسير والده في قوله ﴿إِنَّا فَتَحْنَا لَكَ فَتْحًا مُبِينًا﴾ [الفتح: ١] . وفي مستهل جُمادى الأولى يوم الجمعة بعد صلاة الفجر مع الإمام الكبير صُلِّي على القاضي قطب الدين محمد (٤) بن [عبد] المُحْسن الحاكم بحمصَ، جاء إلى دمشق لتلقِّي أخي زوجته قاضي القضاة تاج الدين السُّبكي الشافعي، فتمرَّض مدة ثم كانت وفاته بدمشق، فصلِّيَ عليه بالجامع كما ذكرنا، وخارج باب الفرج، ثم صعدوا به إلى سفح قاسيون، وقد جاوز الثمانين بسنتين (٥) ، وقد حدَّث وروى شيئًا يسيرًا (رحمه الله) .
(١) هي الخانقاه الطواويسية، وهم مسجد كبير فيه قبر الملك دقاق، وفيه قبة معروفة بقبة الطواويس بالشرف الأعلى. الدارس (٢/ ١٦٤). (٢) هو القاضي بهاء الدين أحمد. (٣) الدارس (١/ ٣٨). (٤) في ط: محمد بن الحسن وهو تحريف. ترجمته في الذيل للحسيني ص (٣٥٩) والدرر الكامنة (٤/ ٢٨) والذيل التام (١/ ١٩٥). وفيها جميعًا محمد بن عبد المحسن بن حمدان السُّبكي الشافعي. (٥) في الذيل للحسيني: مولده سنة ست وثمانين وستمئة. فيكون مات قبل إتمام الثمانين بسنتين، وفي الذيل التام للسخاوي عن دون السبعين ولعلّه وهم.

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