On l’emmena sur un chameau jusqu’à al-Sâliḥiyya, où il mourut quelques jours plus tard, après avoir enduré de graves châtiments. Il apparut ensuite qu’il avait tué un grand nombre de personnes – que Dieu le flétrisse.
Arrivée du juge suprême (qâḍî al-quḍât) Bahâ’ al-Dîn Aḥmad ibn Taqî al-Dîn, en remplacement de son frère, le juge suprême Tâj al-Dîn ibn ‘Abd al-Wahhâb :
Il parvint le mardi avant la prière de l’après-midi. Il commença par rendre visite au « roi des émirs » et le salua, puis se rendit à Dâr al-Ḥadîth pour y prier. Il se dirigea ensuite vers la madrasah al-Rukniyya (1), où il résida auprès de son neveu, le juge suprême Badr al-Dîn ibn Abî al-Fatḥ (2), juge des armées. Les gens allèrent lui présenter leurs salutations ; il détestait qu’on l’interpelle par le titre de « juge des juges » (qâḍî al-quḍât). Il affichait une grande modestie et une austérité sincère, et manifestait des regrets de s’être éloigné de sa patrie, de son pays, de son fils et de ses proches. Que Dieu, Celui qu’on invoque et en qui l’on espère, fasse que tout se termine au mieux (3).
Le convoi du sultan (maḥmil) partit le jeudi 18 Shawwâl. L’émir du pèlerinage était le roi Ṣalâḥ al-Dîn, fils du roi al-Kâmil ibn al-Saʿîd ibn al-ʿÂdil al-Kabîr, et son juge était le shaykh Bahâ’ al-Dîn ibn Sabʿ, maître de la madrasa al-Amīniyya (4) à Baalbek. Au cours de ce mois, un jugement fut rendu concernant les revenus destinés aux combattants (mujâhidîn) à partir de la dotation (waqf) de la madrasa al-Taqawiyya (5) en leur faveur, et les quatre juges leur donnèrent l’autorisation en présence du « roi des émirs ».
Dans la nuit du dimanche 3 Dhû al-Qaʿda, mourut le juge Nāṣir al-Dîn Muḥammad (6) ibn Yaʿqūb, secrétaire royal (kātib al-sirr), shaykh des shuyūkh et enseignant à la madrasah al-Nāṣiriyya al-Jawwāniyya (7) et à al-Shâmiyya al-Jawwāniyya (8) à Damas, ainsi qu’enseignant à la madrasah al-Asadiyya (9) à Alep. Il assuma par ailleurs la fonction de kātib al-sirr (secrétaire royal) à Alep, la judicature des armées et délivra des fatwas à l’époque où le shaykh Kamâl al-Dîn al-Zamlakânî exerçait la magistrature à Alep. On l’y autorisa vers l’an 727 de l’hégire. Il était né en l’an 707 et avait étudié le Tanbîh et le Mukhtaṣar d’Ibn al-Ḥâjib en usûl et en langue arabe. Il était connu pour son intelligence et sa pratique du savoir, et il possédait un esprit vif et une certaine générosité selon ses moyens.