Quant aux intrépides, certains parmi eux ont dépassé cette limite. C’est Dieu que l’on invoque pour assurer une belle fin dans ce monde et dans l’au-delà. Fin de citation, et Dieu – Exalté soit-Il – connaît mieux ce qui est juste.
[Une autre merveille étonnante]
Le mardi vingtième jour de Shaʿbân, je fus convié au jardin du cheikh, l’éminent spécialiste Kamâl ad-Dîn ibn ash-Sharîshî, cheikh des shâfiʿites. Un groupe de gens importants était présent, parmi lesquels se trouvaient le cheikh, l’érudit Shams ad-Dîn ibn al-Mawṣilî ash-Shâfiʿî (1) ; le cheikh, l’imam, l’érudit Ṣalâḥ ad-Dîn aṣ-Ṣafadî (2), qui était le responsable du Bayt al-Mâl (trésor public) ; le cheikh, l’imam, l’érudit Shams ad-Dîn al-Mawṣilî ash-Shâfiʿî ; le cheikh, l’imam, l’érudit Majd ad-Dîn Muḥammad ibn Yaʿqûb ash-Shîrâzî, de la lignée du cheikh Abû Isḥâq al-Fayrûzâbâdî (3), grand linguiste ; le prédicateur, l’imam, l’érudit Ṣadr ad-Dîn ibn al-ʿIzz al-Ḥanafî, l’un des orateurs cultivés ; et le cheikh, l’imam, l’érudit Nûr ad-Dîn ʿAlî ibn aṣ-Ṣârim, l’un des récitateurs et traditionnistes éloquents. Ils apportèrent plus de quarante volumes de l’ouvrage « al-Muntahâ fî al-lugha » (4) de at-Tamîmî al-Barmakî (5), provenant de la fondation pieuse (waqf) an-Nâṣiriyya (6). Assista également le fils du cheikh Kamâl ad-Dîn ibn ash-Sharîshî, à savoir l’érudit Badr ad-Dîn Muḥammad. Nous nous réunîmes tous autour de lui et chacun prit un volume. Nous l’interrogeâmes alors sur les vers de poésie cités en référence dans ces ouvrages, et à chaque vers, il le récitait et en donnait une explication claire et instructive. Les personnes présentes et les auditeurs reconnurent unanimement qu’il connaissait par cœur l’ensemble des références poétiques de la langue, à l’exception de quelques rares cas isolés. C’est là l’une des merveilles les plus étonnantes et un témoignage d’une éloquence remarquable (7).
Entrée du gouverneur (nâʾib as-salṭana) Sayf ad-Dîn Qachtamur (8) :
Cela se produisit au début du mois de Ramaḍân, un samedi (9), dans la matinée, tandis que les chambellans le précédaient et que l’armée était au grand complet. Il s’avança vers le marché aux chevaux pour y être mis en selle, puis il se rendit près de la « porte secrète » et en baisa le seuil, avant de marcher vers la Dâr as-Saʿâda, avec le peuple devant lui. La première mesure qu’il prit fut d’ordonner la mise en croix de l’individu qui avait tué la veille le gouverneur de aṣ-Ṣâliḥiyya alors que ce dernier se rendait à la prière du vendredi. Après son crime, il s’était enfui, mais la population l’avait pourchassé. Il tua encore l’un d’eux, en blessa d’autres, puis, devant leur nombre croissant, il fut finalement capturé. Lorsqu’il fut crucifié, les gens tournèrent autour de lui et l’entourèrent de toutes parts.