Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il écorche parfois certains mots en raison de son accent étranger, et il lui arrive également de faire quelques fautes de grammaire. Un grand nombre de gens, tant parmi la masse populaire que parmi l’élite, ainsi qu’un groupe de spécialistes du hadith, se réunirent alors, et beaucoup furent fortement impressionnés par lui. Quant à d’autres, ils dirent : « Si le reste du livre est lu de la même manière, c’est assurément très considérable. »

Nous nous rassemblâmes le deuxième jour, qui coïncidait avec le début de Chaʿbān, dans le lieu susmentionné, en présence du juge suprême chaféite et d’un groupe de notables, tandis que la foule se pressait autour de lui. Il récita comme à l’accoutumée, sans toutefois s’étendre autant que le premier jour. Il omit certains hadiths et, dans plusieurs expressions, écorcha et altéra la prononciation. Puis arrivèrent les deux juges du rite hanafite et du rite malékite ; il leur lut également une partie de l’ouvrage en leur présence, alors que la foule l’entourait, émerveillée de son affaire. Certains cherchaient à se rapprocher de lui en lui baisant les mains. Il se réjouit que j’aie noté pour lui l’audition sur l’ijāza. Il déclara : « Je n’ai quitté mon pays que pour venir te voir et obtenir ton autorisation ; ta renommée est très répandue chez nous. » Il retourna ensuite au Caire dans la nuit du vendredi, après que les juges et les notables lui eurent offert une somme d’argent avoisinant les mille.

(1) La destitution de l’émir ʿAlī de sa fonction de lieutenant à Damas la Bien-Gardée :
Le dimanche onzième de Chaʿbān, un courrier arriva d’Égypte, porteur d’un décret impérial ordonnant la révocation de l’émir ʿAlī de son poste de lieutenant de Damas. Les émirs furent convoqués à la Dār as-Saʿāda, où l’on donna lecture du décret impérial en sa présence, puis on l’investit d’une robe d’honneur acheminée avec le message. Il reçut en outre le village de Dūma et un autre fief dans la région de Tripoli comme appointements, avec l’autorisation de séjourner dans la ville de son choix, que ce soit Damas, Jérusalem ou le Hedjaz. Dès ce jour-là, il quitta la Dār as-Saʿāda, accompagné de ses gens et de ses Mamelouks, pour s’installer dans la Dār al-Khalīlī, dans le quartier de Qaṣāʿīn, laquelle avait été rénovée et agrandie par son chambellan Yalbūghā. C’est une demeure imposante. Les gens vinrent le saluer, attristés de sa destitution et peinés pour lui. Fin de l’épisode.

(2) Le départ de Qâḍî al-quḍât Tâj ad-Dîn ʿAbd al-Wahhâb ibn as-Subkî (chaféite), convoqué en Égypte et démis de son office de juge suprême à Damas :
Le courrier arriva en fin de journée du dimanche onzième de Chaʿbān de l’an sept cent soixante-trois (de l’Hégire), exigeant son départ le jour même. Il demanda un délai jusqu’au lendemain, ce qui lui fut accordé. La nouvelle circulait également que son frère, le cheikh Bahâ’ ad-Dîn ibn as-Subkî, avait été nommé juge suprême en Syrie pour le remplacer, et qu’il avait fait parvenir des instructions à leur neveu, invitant Qâḍî Tâj ad-Dîn à se tenir prêt pour le voyage. Les gens allèrent lui faire leurs adieux et se lamenter de son départ. Le lundi douzième de Chaʿbān, après la prière de l’après-midi, il partit de son verger, empruntant la monture du courrier en direction de l’Égypte, escorté par les juges suprêmes et divers notables, dont le juge suprême Bahâ’ ad-Dîn Abû al-Baqâ’ as-Subkî, jusqu’à ce qu’il les congédiât non loin de là.

(1) Al-Dhayl d'Al-Husseini, p. 352 ; Al-Durar al-Kamina, vol. 3, p. 77 ; Al-Dhayl al-Tam, vol. 1, p. 185. (2) Al-Dhayl d'Al-Husseini, p. 352 ; Al-Durar al-Kamina, vol. 2, p. 426.
يصحِّفُ بعضًا من الكلمات لعُجْم فيه، وربما لَحَن أيضًا في بعض الأحيان، واجتمع خلقٌ كثير من العامّة والخاضة وجماعةٌ من المحدّثين، فأعجب ذلك جماعةً كثيرين، وقال آخرون منهم: إن سردَ بقيَّة الكتاب على هذا المِنْوال لعظيمٌ جدًا. فاجتمعنا في اليوم الثاني وهو مستهلُّ شعبان في المكان المذكور، وحضر قاضي القضاة الشافعي وجماعة من الفضلاء، واجتمع العامة مُحْدقين، فقرأ على العادة غير نَّه لم يطوِّل كأول يوم، وسقط عليه بعض الأحاديث، وصحَّف ولحَن في بعض الألفاظ، ثم جاء القاضيان الخنفي والمالكي فقرأ بحضرتهما أيضًا بعضَ الشيء، هذا والعامة محتفُّون به متعجِّبون من أمره، ومنهم من يتقرب بتقبيل يديه، وفرح بكتابتي له بالسَّماع على الإجازة، وقال: أنا ما خرجت من بلادي إلَّا إلى القصد إليك، وأن تجيزني، وذكرك في بلادنا مشهور، ثم رجع إلى مصر ليلة الجمعة وقد كارمه القضاة والأعيان بشيء من الدَّراهم يقارب الألف. عزل الأمير علي عن نيابة دمشق المحروسة (١) : في يوم الأحد حادي عَشَرَ شعبان ورد البريد من الدّيار المصرية وعلى يديه مرسوم شريف بعزل الأمير علي عن نيابة دمشقَ، فأحضر الأمراء إلى دار السعادة وقُرئ المرسوم الشريف عليهم بحضوره، وخُلع عليه خلعةٌ وردت مع البريد، ورُسم له بقرية دومة وأُخرى في بلاد طَرابُلُس على سبيل الراتب، وأن يكون في أي البلاد شاء من دمشقَ أو القدسِ أو الحجاز، فانتقل من يومه من دار السَّعادة وبباقي أصحابه ومماليكه، واستقرَّ نزوله في دَار الخليلي بالقصاعين التي جدَّدها وزاد فيها دويداره يَلْبُغا، وهي دار هائلة، وراح النَّاسُ للتَّأسُّف عليه والحُزن له انتهى. سفر قاضي القضاة تاج الدين عبد الوهاب (٢) بن السُّبكي الشافعيّ مطلوبًا إلى الديار المصرية معزولًا عن قضاء دمشق: ورد البريد بطلبه من آخر نهار الأحد بعد العصر الحادي عشر من شعبان سنة ثلاث وستين وسبعمئة، فأرسل إليه حاجب الحجاب قُماري وهو نائب الغيبة أن يسافرَ من يومه، فاستنظرهم إلى الغد فأمهل، وقد ورد الخبر بولاية أخيه الشيخ بهاء الدين بن السبكي بقضاء الشام عوضًا عن أخيه تاج الدين، وأرسل يستنب ابن أختهما قاضي القضاة تاج الدين في التأهُّب والسير، وجاء الناس إليه ليودّعُوه ويستوحشون له، وركب من بستانه بعد العصر يوم الإثنين ثاني عشر شعبان، متوجهًا على البريد إلى الديار المصرية، وبين يديه قضاة القضاة والأعيان، حتى قاضي القضاة بهاء الدين أبو البقاء السُّبكي، حتى ردهم قريبًا من
(١) الذيل للحسيني ص (٣٥٢) الدرر الكامنة (٣/ ٧٧) الذيل التام (١/ ١٨٥). (٢) الذيل للحسيني ص (٣٥٢) الدرر الكامنة (٢/ ٤٢٦).

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