Au deuxième jour de Rajab, mourut : le juge, l’éminent savant Shams al-Dīn (1) Ibn Mufliḥ al-Maqdisī al-Ḥanbalī, adjoint du cheikh du juge suprême Jamāl al-Dīn Yūsuf Ibn Muḥammad al-Maqdisī al-Ḥanbalī, et son gendre, dont il eut sept enfants, garçons et filles. Il était brillant, vertueux et polyvalent dans de nombreuses sciences, en particulier dans l’étude des branches de la jurisprudence (al-furūʿ). Il excellait dans la transmission du madhhab de l’imam Aḥmad et composa de nombreux ouvrages, notamment le “Muqniʿ”, en une trentaine de volumes, comme me l’a rapporté à son sujet le juge suprême Jamāl al-Dīn. De plus, il commenta l’ouvrage “Maḥfūẓat Aḥkām al-Chaykh Majd al-Dīn Ibn Taymiyya” (2) en deux volumes, et laissa en outre diverses notes et commentaires utiles — qu’Allāh lui fasse miséricorde. Il mourut vers la cinquantaine. La prière funéraire fut célébrée sur lui après la prière de midi, le jeudi deuxième de ce mois, dans la mosquée al-Muẓaffarī. Il fut ensuite inhumé au cimetière du cheikh al-Muwaffaq. Ses funérailles furent imposantes, en présence de tous les juges et de nombreux notables — qu’Allāh lui accorde Sa grâce et honore sa demeure finale.
Le matin du samedi, quatrième jour de Rajab, le lieutenant du sultan fit fouetter un groupe d’habitants du quartier de Qabr ʿĀtika (3) qui avaient eu un comportement irrespectueux envers lui et ses mamelouks. La cause de ce désordre était la restauration d’une mosquée destinée au sermon du vendredi dans leur secteur. Certains pauvres (fuqarāʾ) voulaient s’approprier ce lieu pour en faire une zāwiya réservée aux danseurs. Le juge ḥanbalite, toutefois, décida qu’il resterait une mosquée où un minbar avait déjà été installé. Le cheikh des pauvres présenta alors un décret officiel ordonnant de lui remettre ce bâtiment, mais les gens de ce quartier refusèrent qu’il redevienne une zāwiya après en avoir fait une mosquée, et ils s’en indignèrent fortement, si bien que quelques-uns prononcèrent des paroles malvenues. Le lieutenant du sultan convoqua alors un groupe parmi eux, les punit à coups de fouet sous ses yeux et les fit conspuer en public. Certains gens du commun voulurent contester cette décision.
Un moment fut fixé pour une lecture de hadith après la prière du Maghrib, sous la coupole dite Qubbat al-Naṣr, sur la chaire réservée d’ordinaire à la récitation du Coran. L’un des fils du juge ʿImād al-Dīn Ibn al-Chīrāzī organisa cette séance, et le cheikh ʿImād al-Dīn Ibn al-Sirrāj y enseigna. Un grand nombre de personnes s’y rassemblèrent, et on y lut des passages de la “Sīra nabawiyya” (4) copiés de ma main, durant les dix premiers jours du mois.
[Une merveille parmi les merveilles]
Un jeune homme persan, originaire de Tabrīz et du Khurāsān, prétendait avoir mémorisé “Al-Bukhārī”, “Muslim”, “Jāmiʿ al-masānīd” ainsi que le “Kashshāf” d’al-Zamakhsharī, en plus d’autres ouvrages, dans diverses disciplines. Le mercredi, dernier jour de Rajab, il récita en effet de mémoire dans la mosquée des Omeyyades, le long du mur nord, près de la porte al-Kalāssa, à partir du début du “Ṣaḥīḥ al-Bukhārī” jusqu’à une partie du “Livre de la science”. Pendant qu’il récitait, je collationnais ses propos sur un exemplaire que j’avais en main, et il récitait correctement, bien que