Said (Saʿīd) : « Ne sois pas affligé d’être noir, car parmi les meilleurs des hommes, il y eut trois personnes noires : Bilāl, Mihjaʿ — l’affranchi de ʿUmar — et Luqmān le Sage, qui était noir, nubien et doté de larges lèvres (1). »
Al-Aʿmash rapporte, d’après Mujāhid : « Luqmān était un esclave noir, aux lèvres épaisses et aux pieds crevassés. » Dans une autre version, il est dit : « Il avait des pieds larges (2). »
ʿAmr ibn Qays a déclaré : « C’était un esclave noir, aux lèvres épaisses et aux pieds larges. Un homme vint à lui alors qu’il se trouvait parmi des gens qu’il instruisait, et lui demanda : “N’es-tu pas celui qui gardait les moutons avec moi en tel et tel endroit (3) ?” Il répondit : “Oui.” L’autre lui dit : “Qu’est-ce qui t’a élevé à la position que je vois aujourd’hui ?” Il répondit : “La véracité dans mes propos et le silence sur tout ce qui ne me concerne pas.” » Ibn Jarīr le rapporte (4) d’après Ibn Ḥumayd, d’après al-Ḥakam, d’après ʿAmr.
Ibn Abī Ḥātim rapporte : « Abū Zurʿah nous a transmis, Ṣafwān nous a transmis, al-Walīd nous a transmis, ʿAbd al-Raḥmān ibn Yazīd ibn Jābir dit : “Dieu a élevé Luqmān le Sage grâce à sa sagesse. Un homme qui le connaissait auparavant le vit et lui dit : ‘N’es-tu pas l’esclave des Banū Untel qui gardait les moutons (5) hier encore ?’ Luqmān répondit : ‘Si.’ L’homme demanda : ‘Comment en es-tu arrivé à ce que je vois ?’ Luqmān répondit : ‘Le décret de Dieu, le respect de la confiance qu’on me confie, la véracité dans mes propos et le fait de délaisser ce qui ne me regarde pas (6).’” »
Ibn Wahb a dit : « ʿAbd Allāh ibn ʿAyāsh al-Qitbānī (7) m’a informé, d’après ʿUmar, l’affranchi de Ghufra (8), qui raconta : “Un homme s’arrêta…” »