Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le prédicateur (khaṭīb), l’agent du Trésor public (wakīl bayt al-māl) et le muḥtasib ‘Alā’ al-Dīn al-Anṣārī revinrent à ce poste au cours de l’année précédente, ainsi que le ḥājib al-ḥujjāb Qumārī (1), celui qui le secondait, le Sulaymānī, ainsi qu’un autre venu d’Égypte. Le secrétaire royal (kātib al-sirr) était le juge Nāṣir al-Dīn Muḥammad ibn Ya‘qūb al-Ḥalabī, et l’administrateur de la grande mosquée (nāẓir al-jāmi‘) le juge Taqī al-Dīn ibn Marājil. Le grand cadi, Tāj al-Dīn al-Shāfi‘ī, m’informa qu’au début de cette année un cadi ḥanafite avait été nommé dans la ville protégée de Ṣafad en plus du cadi shāfi‘ite. Ainsi, il se trouva désormais dans chaque ville de Ḥamā, Ṭarābulus (Tripoli) et Ṣafad deux juges : un shāfi‘ite et un ḥanafite.

Le deuxième jour de Muḥarram, le lieutenant de la sultane (nāʾib al-salṭana) arriva après environ quinze jours d’absence. Il avait semé la crainte dans les régions de Frayr et arrêté un groupe de leurs chefs pour les jeter en prison. Il s’était répandu la rumeur qu’il était allé combattre les tribus al-Mawāsīn dans la région d ‘Ajlūn. Je l’interrogeai à ce sujet lorsque je lui présentai mes salutations. Il me répondit qu’il ne s’était pas aventuré au-delà du territoire de Frayr, que les tribus s’étaient réconciliées et que l’expédition (al-tajrīda) était auprès d’elles.

Il ajouta : « Les Bédouins s’en étaient pris au campement des Turcs, mais ceux-ci les mirent en déroute et en tuèrent un grand nombre. Puis une embuscade apparut aux Arabes ; les Turcs se réfugièrent alors dans la vallée de Ṣarḥ, où ils furent assiégés. Mais les Arabes s’enfuirent bientôt, sans que nul parmi les Turcs ne trouvât la mort. Un seul émir turc fut légèrement blessé, alors qu’il tomba plus de cinquante morts parmi les Arabes. »

Les pèlerins (al-ḥajjāj) arrivèrent le dimanche vingt-deux Muḥarram. Le mahmal sultanien fit son entrée dans la nuit du lundi après la prière d’al-ʿishā’, mais on ne célébra point son arrivée comme à l’accoutumée, en raison de la dureté du froid que dut endurer la caravane sur le chemin du retour, de Brīz jusqu’ici. Il fut rapporté qu’environ cent personnes périrent à cause de ce froid (nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous revenons). Toutefois, on signale de grandes facilités et un bon sentiment de sécurité, ainsi que la mort de Thiqba (2), frère de ‘Ajlān, souverain de La Mecque. Les gens de ce pays se réjouirent de ce décès, car il opprimait son frère ‘Ajlān, lequel se montrait juste envers eux. Fin de citation, et Dieu est plus savant.

Un songe très étrange

La nuit du lundi vingt-deux Muḥarram de l’an sept cent soixante-trois de l’Hégire, je vis en songe le shaykh Muḥyī al-Dīn al-Nawawī (3) — que Dieu lui fasse miséricorde. Je lui dis : « Ô mon maître le shaykh ! Pourquoi n’as-tu pas inclus, dans ton commentaire du Muhadhdhab (4), quelque chose des ouvrages… »

(1) Il sera mentionné sous peu lors du discours sur l'éviction de Tāj ad-Dīn as-Subkī. (2) Dans l’édition elle-même et la correction de « ad-Durar al-Kāmina » (1/531), il s’agit de Thaqaba ibn Rumi’a. (3) Il s'agit d’Abū Zakariyā Muḥyī ad-Dīn Yaḥyā ibn Sharaf an-Nawawī al-Dimashqī. Il est décédé en 676 de l’Hégire (voir al-Fawāt al-Wafayāt, 4/264). (4) Le « Al-Muḥadhdhab » d’Abū Isḥāq al-Shīrāzī, Abū Ibrāhīm ibn ʿAlī. Il mourut en 476 de l’Hégire dans le domaine du fiqh shāfiʿī (consulter al-Fawāt, 1/29 et al-A‘lām, 1/51). Je dis : An-Nawawī en fit un commentaire et atteignit dans celui-ci les chapitres sur l’usure (riba), sans toutefois le compléter. Ibn Kathīr, en parlant d’an-Nawawī, a mentionné à ce propos qu’il aurait été sans pareil dans son domaine s’il avait achevé son travail, car il l’a innové, maîtrisé, enrichi, critiqué avec finesse, et il a exposé la jurisprudence dans l’école ainsi que d’autres domaines ; le hadith approfondi selon les souhaits, la langue et d’autres points importants. Je ne connais pas d’ouvrage de jurisprudence meilleur que le sien. Fin de citation.
الخطيب، ووكيل بيت المال، والمحتسب علاء الدين الأنصاري عاد إليها في السنة المنفصلة، وحاجب الحجَّاب قُماري (١) ، والذي يليه السليماني وآخر من مصر أيضًا، وكاتب السر القاضي ناصر الدين محمد بن يعقوب الحلبي، وناظر الجامع القاضي تقي الدين بن مراجل، وأخبرني قاضي القضاة تاج الدين الشافعي أنَّه جُدِّد في أول هذه السنة قاضي حنفي بمدينة صفد المحروسة مع الشافعي، فصار في كل من حماة وطرابُلُس وصفد قاضيان شافعي وحنفي. وفي ثاني المحرّم قدم نائب السلطنة بعد غيبة نحو من خمسة عشر يومًا، وقد أوطأ بلاد فرير بالرعب، وأخذ من مقدميهم طائفة فأودعهم الحبس، وكان قد اشتهر أنه قصد العشيرات المواسين ببلاد عجلون، فسألتُه عن ذلك حين سلَّمتُ عليه فأخبرني أنه لم يتعد ناحية فرير، وأن العشيرات قد اصطلحوا واتفقوا، وأن التجريدة عندهم هناك. قال: وقد كبس الأعراب من حرم الترك، فهزمهم الترك وقتلو منهم خلقًا كثيرًا، ثم ظهر للعرب كمين فلجأ الترك إلى وادي صرح فحصروهم هنالك، ثم ولت الأعراب فرارًا ولم يقتل من الترك أحد، وإنما جرح منهم أمير واحد فقط، وقتل من الأعراب فوق الخمسين نفسًا. وقدم الحجّاج يوم الأحد الثاني والعشرين من المحرّم، ودخل المحمل السلطاني ليلة الإثنين بعد العشاء، ولم يحتفل لدخوله كما جرت به العادة، وذلك لشدة ما نال الركب في الرجعة من بريز إلى هنا من البرد الشديد، بحيث إنه قد قيل إنه مات منهم بسبب ذلك نحو المئة، فإنا للَّه وإنا إليه راجعون، ولكن أُخبروا برخص كثير وأمن، وبموت ثقبه (٢) أخي عَجْلان صاحب مكة، وقد استبشر بموته أهل تلك البلاد لبغيه على أخيه عجلان العادل فيهم انتهى واللَّه أعلم. منام غريب جدًا ورأيتُ في ليلة الإثنين الثاني والعشرين من المحرَّم سنة ثلاث وستين وسبعمئة الشيخ محيي الدين النَّواوي (٣) (رحمه الله) ، فقلت له: يا سيدي الشيخ لم لا أدخلت في شرحك المهذب (٤) شيئًا من مصنّفات
(١) سيأتي ذكره بعد قليل عند الكلام على عزل تاج الدين السبكي. (٢) في ط: نفسه والتصويب من الدرر الكامنة (١/ ٥٣١) وهو: ثقبة بن رميئة. (٣) هو: أبو زكريا محيى الدين يحيى بن شرف النّووي الدمشقي. مات سنة (٦٧٦) هـ فوات الوفيات (٤/ ٢٦٤). (٤) المهذّب لأبي إسحاق الشيرازي إبواهيم بن علي. مات سنة (٤٧٦) هـ في الفقه الشافعي الفوات (١/ ٢٩) والأعلام (١/ ٥١). قلت: شرحه النووي ووصل فيه إلى أبواب الرّبا، ولم يتمّه، وقد ذكره ابن كثير لدى حديثه عن النَّووي (رحمه الله) إذ قال: إنه لو كمل لم يكن له نظير في بابه، فإنه أبْدع فيه وأجاد، وأفاد وأحسن الانتقاد وحرّر الفقه في المذهب وغيره، والحديث على ما يبغي، واللغة وأشياء مهمة لا أعرف في كت الفقه أحسن منه. اهـ.

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