Les Yéménites et les Qaïsites forment une faction. Quant à la source de ‘Ayn Ḥaytā, située à l’est de ‘Ajlūn, elle s’est asséchée, a été ruinée, et ses arbres ont été coupés jusqu’à ce qu’elle soit totalement détruite.
Au matin du samedi vingt-deuxième jour de Dhû al-Ḥijja, les portes de Damas ne furent pas ouvertes avant le lever du soleil, ce qui surprit la population. La raison en était la vigilance exercée à l’égard d’un émir nommé Kitbughâ (1), qui comptait s’enfuir vers les régions de l’Est. On le plaça sous étroite surveillance jusqu’à ce qu’il fût saisi.
Dans la nuit du mercredi vingt-sixième de Dhû al-Ḥijja, l’émir Sayf al-Dîn Tâz (2) arriva de Jérusalem et s’installa au Qaṣr al-Ablaq. Il était devenu aveugle à cause du khôl utilisé alors qu’il se trouvait emprisonné à Alexandrie. Libéré comme mentionné, il demeura un certain temps à Bayt al-Maqdis, puis reçut un décret lui conférant le statut de « ṭarkhân » (3), l’autorisant à résider où bon lui semblerait dans les territoires du Sultan, à l’exception des terres égyptiennes. Il s’installa donc au Qaṣr al-Ablaq, et tous—le vice-sultan et ses subordonnés—vinrent le saluer, tandis qu’il ne voyait plus rien. Il avait l’intention d’acheter ou de louer une maison à Damas pour y habiter. L’affaire en resta là, et Dieu (qu’Il soit exalté) est plus savant.
[Puis vint l’année sept cent soixante-trois]
Cette année commença alors que le souverain des terres d’Égypte, de Syrie, des Deux Lieux saints et de leurs dépendances dans les royaumes islamiques était le sultan al-Malik al-Manṣûr Ṣalâḥ al-Dîn Muḥammad ibn al-Malik al-Muẓaffar Amîr Ḥâjjî (4), fils d’al-Malik al-Manṣûr Qalâwûn, un jeune homme de moins de vingt ans. La gestion des affaires du royaume se trouvait entre les mains de l’émir Yalbughâ, tandis que le vice-roi d’Égypte était Qashtamur (5). Les juges demeuraient les mêmes que ceux de l’année précédente. Le vizir Sayf al-Dîn Qarawîna se trouvait gravement malade. À Damas, l’émir ‘Alâ’ al-Dîn al-Mârdânî était le vice-roi de Syrie, et ses juges restaient ceux de l’année antérieure. Ainsi en était-il.