Le jeudi, il se répandit la nouvelle qu’un groupe de l’armée en Égypte, composé de Tawashiya et de Khasikiyya, avait proclamé Hussein al-Nâsir comme souverain. Mais ils s’opposèrent les uns aux autres et en vinrent aux mains (1). Finalement, l’affaire fut réglée et Hussein fut renvoyé au lieu où il était détenu (2). Dieu éteignit le mal de ce groupe, et à Lui reviennent les louanges.
Le même jour, à la fin de la journée, le juge Nâsir al-Dîn ibn Ya‘qûb (3) reçut l’habit d’investiture pour la Fonction de l’Écrit secret d’al-Sharîf, ainsi que pour les deux madrasas et le poste de Shaykh al-Shuyûkh, en remplacement du Ra’îs ‘Alâ’ al-Dîn ibn al-Qalânsî, qui fut démis et frappé de confiscation. Les gens se rendirent ensuite auprès de lui pour le féliciter de son retour à son poste comme auparavant (4).
Le vendredi matin, troisième jour de Shawwâl, on arrêta plusieurs émirs syriens, parmi lesquels se trouvaient les deux ḥajib (chambellans) Ṣalâḥ al-Dîn et Ḥusâm al-Dîn ; l’officier al-Muhimmandâr, neveu du grand ḥajib Tamur ; Nâṣir al-Dîn, fils du sultan Ṣalâḥ al-Dîn ibn al-Kâmil ; Ibn Ḥamza, al-Ṭarkhânî et deux frères, Ṭaybughâ Zafar et Baljâk (5). Ils étaient tous tambourinaires (ṭablkhânāt). On chassa également Khayr et Tamur, les ḥujjâb al-ḥujjâb (grands chambellans), de même que d’autres chambellans (ḥujûbiyya) proches d’un des émirs d’Égypte.
Le mardi, septième jour de Shawwâl, on s’empara de seize émirs arabes à la citadelle al-Manṣûra, parmi lesquels ‘Umar ibn Mûsâ ibn Muhannâ, surnommé al-Miṣma‘, qui fut par le passé émir des Arabes, ainsi que Mu‘ayqil ibn Faḍl ibn Muhannâ et d’autres encore. Selon certaines informations, la cause en serait qu’un groupe de la famille Āl Faḍl avait intercepté l’émir Sayf al-Dîn al-Aḥmadî, qui était conduit vers Alep, en lui prenant certaines de ses affaires ; la guerre était sur le point d’éclater entre eux. Le jeudi soir, après la prière du Maghreb, on transféra dix-neuf émirs turcs et arabes par courrier rapide, entravés de fers, vers les contrées égyptiennes, parmi lesquels Baydamur, Manjak, Asandamur, Jibrîl, Ṣalâḥ al-Dîn le ḥajib, Ḥusâm al-Dîn également, Baljak et d’autres. Ils étaient accompagnés d’environ deux cents cavaliers en armes, chargés de leur garde. Ils prirent ainsi la route en direction de l’Égypte. On promut un groupe de militaires sans poste, dont certains fils de Lâqûsh, et on libéra le Ra’îs Amîn al-Dîn ibn al-Qalânsî de la confiscation et de la détention à la citadelle, après qu’il eut versé une partie de la somme réclamée. Il rejoignit ensuite son domicile et reçut les félicitations de la population.
Sortie du sultan de Damas en direction de l’Égypte (6)
Le vendredi, dixième jour du mois de Shawwâl, Yalbughâ al-Khâṣakî partit au matin, mandé à se présenter, dans un faste impressionnant que l’on n’avait jamais vu auparavant.