Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque vint le milieu de la journée du lundi, le seizième du mois, on fit sonner les réjouissances (bachaʾir) dans la citadelle, et l’on déclara que Yalbougha al-Khâsaki avait été exilé par le sultan en Syrie. Puis on fit de nouveau retentir ces annonces au coucher du soleil, puis après la prière nocturne, ainsi que dans la matinée du mardi. Chaque fois, les trois émirs Manjak, Baydamur et Asandamur, vêtus de leurs habits d’apparat, montaient à cheval et sortaient hors de la ville, puis y retournaient. Quant au peuple, il oscillait – dit-on – entre ceux qui y croyaient et ceux qui n’y croyaient pas. Toutefois, on se mit à recouvrir la citadelle de protections et à préparer le siège. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.

Ensuite, il se révéla que ces réjouissances n’avaient aucun fondement. L’on se concentra alors sur la fabrication des rideaux protecteurs de la citadelle et sur l’acheminement de cailloux et de pierres, ainsi que de moutons et de provisions. Il parvint des nouvelles selon lesquelles le convoi sultanien, accompagné de Yalbougha et de toute l’armée d’Égypte, avait déjà dépassé Gaza. Alors sortirent le ṣāḥib, le kātib al-sirr (secrétaire particulier), le juge chaféite, l’inspecteur de l’armée, ses chefs, et le gouverneur de la ville. Ils se dirigèrent vers Ḥamāt pour accueillir l’émir ʿAlī, à qui l’on avait confié la charge de Damas. La ville resta sans gouverneur, hormis le muḥtasib et quelques juges, et les gens étaient comme des brebis sans berger. Malgré cela, les affaires demeuraient bonnes et l’ordre régnait, nul n’agressant personne à ce que l’on en savait.

Pendant ce temps, Baydamur, Manjak et Asandamur fortifiaient la citadelle et y rassemblaient munitions et vivres, car Dieu est Maître de Son ordre : « Où que vous soyez, la mort vous atteindra, même si vous vous trouvez dans des tours imprenables. » On installait les rideaux défensifs au-dessus des tours. Le vendredi dix-neuf du mois, l’émir Baydamur accomplit la prière du vendredi au Choubbak al-Kamālī, dans le sanctuaire dit « Machhad ʿOthmân ». Manjak pria à ses côtés, à l’intérieur même de l’emplacement réservé aux juges. Aucun chambellan ni chef de troupes n’était présent, et il n’y avait dans la ville aucun des administrateurs, ni de soldats si ce n’est un petit nombre, car tous avaient gagné la direction du sultan. Les administrateurs s’étaient rendus à Ḥamāt pour accueillir l’émir ʿAlī, le gouverneur protégé de Syrie. Baydamur repartit ensuite à la citadelle, et Asandamur n’assista pas à la prière, parce que – disait-on – il s’était retiré, ou bien avait-il prié dans la citadelle.

Le samedi vingt du mois, un courrier arriva de la part du sultan et des « fils du Messager » (abnāʾ ar-rasūl) à l’intention du gouverneur de Damas, afin de se renseigner sur son obéissance ou sa rébellion. On l’interrogeait sur le fait de s’être emparé de la citadelle, d’y prononcer le discours du vendredi (khuṭba), d’y accumuler armes et provisions, de ne pas y disposer de catapultes ni de défenses de siège, et de gérer l’argent du sultan comme le ferait un monarque. Le « Roi des émirs » se défaussa de tout cela, affirmant avoir seulement posté la garnison dans la citadelle, sans y pénétrer lui-même, et que ses portes restaient ouvertes, car elle était la citadelle du sultan. Il affirma n’avoir pour seul adversaire que celui envers qui la loi religieuse et les quatre juges devaient trancher, à savoir Yalbougha. Il rédigea sa réponse et l’envoya avec le courrier, qui était Kaykaldi, mamelouk de Tūqṭāy ad-Duwaydār. Il dépêcha également en sa compagnie l’émir Ṣārim ad-Dīn, l’un des émirs à la tête d’une troupe de dix hommes, le jour même.

Le lundi vingt-deux de Ramaḍān, on trouva les portes de la ville closes presque jusqu’à midi, à l’exception de Bāb an-Naṣr et Bāb al-Faraj, et les gens se sentirent fortement accablés et anxieux. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. Cependant, l’arrivée du sultan et des armées victorieuses était déjà toute proche.

(1) Dans l’édition de Baqṭuba, c’est une déformation. Nous avons conservé ce qui se trouve dans al-Dalīl al-Shāfī (1/367). Il s’agit de : Ṭuqṭāy ibn ʿAbdullāh Dawwādār, l’émir Yalbughā al-Yahyāwī, vice-gouverneur de Damas, mort après l’an 670.
ولما كان في أثناء نهار الإثنين سادس عشره دُقَّت البشائر في القلعة وأظهر أن يَلْبُغا الخاصكي قد نفاه السلطان إلى الشام، ثم ضربت وقت المغرب ثم بعد العشاء في صبيحة يوم الثلاثاء أيضًا، وفي كل ذلك يركب الأمراء الثلاثة مَنْجَك وَبَيْدَمُر وأسَنْدَمُر ملبسين، ويخرجون إلى خارج البلد، ثم يعودون، والناس فيما يقال: ما بين مصدق ومكذب، ولكن قد شُرع إلى تستير القلعة وتهيء الحصار فإنا للَّه وإنا إليه راجعون. ثم تبيّن أن هذه البشائر لا حقيقة لها، فاهتم في عمل ستائر القلعة وحمل الزلط والأحجار إليها، الأغنام والحواصل، وقد وردت الأخبار بأن الركاب الشريف السلطاني وصحبته يَلْبُغَا في جميع جيش مصر قد عدا غزّة، فعند ذلك خرج الصاحب وكاتب السر والقاضي الشافعي وناظر الجيش ونقباؤه ومتولّي البلد وتوجهوا تلقاء حماة لتلقي الأمير علي الذي قد جاءه تقليدُ دمشقَ، وبقي البلد شاغرًا عن حاكم فيها سوى المحتسب وبعض القضاة، والناس كغنم لا راعي لهم، ومع هذا الأحوال صالحة والأمور ساكنة، لا يعدو أحد على أحد فيما بلغنا، هذا وبَيْدَمُر ومَنْجَك وأسَنْدَمُر في تحصين القلعة وتحصيل العدد والأقوات فيها، واللَّه غالب على أمره، أينما تكونوا يدرككم الموت ولو كنتم في بروج مشيدة، الستائر تعمل فوق الأبرجة، وصلَّى الأمير بَيْدَمُر صلاة الجمعة تاسع عشر الشهر في الشباك الكمالي، في مشهد عثمان، وصلَّى عنده مَنْجك إلى جانبه داخل موضع القضاة، وليس هناك أحدٌ من الحجبة ولا النقباء، وليس في البلد أحد من المباشرين بالكليّة، ولا من الجند إلا القليل، وكلهم قد سافروا إلى ناحية السلطان، والمباشرون إلى ناحية حماة لتلقي الأمير عليّ نائب الشام المحروس، ثم عاد إلى القلعة ولم يحضر الصلاة أسَنْدَمُر، لأنه قيل: كان منقطعًا، أو قد صلّى في القلعة. وفي يوم السبت العشرين من الشهر وصل البريد من جهة السلطان من أبناء الرسول إلى نائب دمشق يستعلم طاعته أو مخالفته، وبعث عليه فيما اعتمده من استحوذ على القلعة ويخطب فيها، وادِّخار الآلات والأطعمات فيها، وعدم المجانيق والستائر عليها، وكيف تصرَّف في الأموال السلطانية تصرف الملك والملوك، فتنصل ملك الأمراء من ذلك، وذكر أنه إنما أرصد في القلعة جنادتها وأنه لم يدخلها، وأن أبوابها مفتوحة، وهي قلعة السلطان، وإنما له غريم بينه وبينه الشرع والقضاة الأربعة -يعني بذلك يَلْبُغا- وكتب بالجواب وأرسله صحبة البريدي وهو كيكلدي مملوك طُقْطاي (١) الدويدار، وأرسل في صحبته الأمير صارم الدين أحد أمراء العشرات من يوم ذلك. وفي يوم الإثنين الثاني والعشرين من رمضان تصبح أبواب البلد مغلقة إلى قريب الظهر، وليس ثمّ مفتوح سوى باب النصر والفرج، والناس في حصر شديد وانزعاج، فإنا للَّه وإنا إليه راجعون، ولكن قد اقترب وصول السلطان والعساكر المنصورة.
(١) في ط: بقطبة وهو تحريف. وأثبتنا ما في الدليل الشافي (١/ ٣٦٧). وهو: طقطاي بن عبد اللَّه دوادار الأمير يلبغا اليحياوي نائب دمشق مات بعد الستين والسبعمئة.

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