Au cours de ce mois, on rapporta qu’une vache venait du côté de Bāb al-Jābiya vers des chiots appartenant à une chienne dont la mère était décédée. Ils se trouvaient près de l’église de Maryam (1), dans une ruine. La vache s’approchait d’eux, se couchait sur le flanc et leur permettait de téter. Elle répéta cela plusieurs fois. Le traditionnellement fiable et pieux muḥaddith Nūr al-Dīn Aḥmad ibn al-Maqṣūṣ m’informa qu’il en avait été témoin.
Vers le milieu du mois de Jumādā al-Ākhira, un crieur mandaté par le lieutenant du sultan (qu’Allāh le protège) proclama dans la ville que les femmes devaient se déplacer avec pudeur, porter leurs voiles jusqu’en dessous de leurs autres vêtements et ne pas montrer d’ornements ni de mains. Elles se conformèrent à cet ordre, et louange et gratitude reviennent à Dieu.
L’émir des Arabes, Ḥiyār ibn Muhannā (2), arriva dans un appareil imposant. Le lieutenant du sultan alla à sa rencontre en chemin, tandis qu’il se rendait aux Portes Sacrées.
À la fin de Rajab, arriva l’émir Sayf al-Dīn Tamur (3), muhimandār relevant de la vice-gouvernance de Gaza et tenant la fonction de ḥājib al-ḥujjāb à Damas. Il vint prendre la tête de l’aile droite.
Le lieutenant du sultan abolit de nombreux impôts : le maqṣ de l’hidāya, le khazl al-murdadd al-ḥalab et les ṭabābī (4). Il supprima également ce que l’on prélevait aux muḥtasibs au-delà d’un demi-dirham, ainsi que les frais exigés pour l’équipement funéraire de chaque défunt, établis à trois et demi. Il mit à disposition le matériel de la qaysāriyya pour les besoins de purification des morts, en accès libre, sans appropriation par quiconque, ce qui est un très bon geste. Il mit fin, de même, au monopole dont il disposait dans la vente des dattes et autorisa leur commerce comme celui du reste de la population, sans surtaxe (5). Les prix baissèrent alors considérablement cette année-là, au point qu’on rapporte que le qinṭār se négociait à dix (ou autour de ce prix).
Au mois de Shaʿbān (6), l’émir Ḥiyār ibn Muhannā arriva d’Égypte et descendit au Qaṣr al-Ablaq. Le lieutenant du sultan alla à sa rencontre et chacun honora l’autre, après quoi l’émir repartit quelques jours plus tard. Le matin du vendredi sept du même mois, parvinrent les émirs qui avaient été détenus à la prison d’Alexandrie, parmi lesquels l’émir Shihāb al-Dīn ibn Ṣubḥ, Sayf al-Dīn Ṭaydamur le ḥājib, Ṭunayriq (7), un commandant de mille hommes, ainsi que ʿUmar Shāh.