﴿Certes, ceux contre qui la Parole de ton Seigneur s’est réalisée ne croiront pas (96), même si tous les signes leur parvenaient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux.﴾ [Yûnus : 96-97]
Et Moïse invoqua contre Pharaon en disant : ﴿« Endurcis leurs cœurs afin qu’ils ne croient pas jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux. » (88) [Dieu] dit : « Votre prière est exaucée. Tenez-vous donc sur le droit chemin. »﴾ [Yûnus : 88-89], fin de la citation (1).
Ensuite, il se présenta un autre jour, résolu dans son égarement. Il fut fouetté, puis manifesta son repentir. Après quoi, on le renvoya en prison, enchaîné. Puis, un troisième jour, on le fit comparaître à nouveau, semblant commencer son repentir, et son nom fut proclamé dans la ville avant qu’il ne fût relâché (2).
Dans la nuit du mardi quatorzième (du mois), la lune se leva entièrement éclipsée, mais se trouvait sous les nuages. Lorsqu’elle apparut à l’heure de la prière du ‘Ishâ’ et qu’elle commençait à se dégager, le prédicateur accomplit la prière de l’éclipse avant la prière du ‘Ishâ’, récitant la sourate « Al-‘Ankabût » lors de la première unité de prière, puis la sourate « Yâ-Sîn » lors de la seconde. Il monta ensuite en chaire pour prêcher, puis redescendit après la prière du ‘Ishâ’.
Parvinrent alors les lettres des pèlerins annonçant des facilités et la sécurité. La montée des eaux avait commencé dès le début de Dhu al-Hijja, voire avant, et perdura jusqu’à ces derniers jours du mois, la situation demeurant inchangée. C’est là une chose qui ne s’était jamais produite auparavant, selon le témoignage de nombreux anciens. Son origine est un afflux d’eau en provenance de certaines montagnes, lequel a surchargé le cours du fleuve.
Le convoi (al-maḥmal) impérial arriva le mardi vingt-et-unième de Muḥarram avant midi. L’émir du Pèlerinage, Jarktamur (3) al-Mardânî — qui résidait à La Mecque, qu’Allah l’honore et la protège des malfaiteurs — fut alors arrêté. Lorsque l’expédition revint à Damas avec les pèlerins, accompagnée d’ibn Qarasunqur (4), ce dernier fut arrêté dès son arrivée, enchaîné et envoyé en Égypte par courrier express. Nous avons appris ensuite que l’émir Sand, seigneur de La Mecque, avait tendu un piège aux troupes du sultan qui accompagnaient ibn Qarasunqur : il les attaqua, tua certains hommes de leur entourage et s’empara de leurs montures, les contraignant à poursuivre à pied et dépouillés jusqu’en Égypte. Nous sommes à Allah et c’est vers Lui que nous retournons.
Au début de Shawwâl, la nouvelle de la grande mortalité qui sévissait en Égypte, en raison des nombreux marécages résultant de la crue inhabituelle du Nil, se répandit et fut confirmée par de multiples témoignages. Il nous fut rapporté qu’il mourait plus de deux mille personnes par jour. Quant à la maladie, elle était très répandue, et les prix s’envolèrent car il y avait peu de main-d’œuvre. Le sucre, l’eau (5) et les fruits devinrent extrêmement coûteux. Le sultan se réfugia à l’extérieur de la ville et connut son lot de tourments, puis il guérit, louange à Dieu (6).
Le troisième jour de Rabî‘ al-Âkhir, ibn al-Jajjâf arriva d’Égypte, envoyé par le souverain d’Irak pour demander en mariage la fille du sultan.