Elle était de grande taille et convenait à l’īwān sacré. Au matin du samedi quatorze du mois, il sortit avec les juges et les notables parmi les chambellans et les émirs pour lui faire ses adieux.
Au début de Dhû al-Ḥijja, une lettre parvint de la part du vice-sultan, écrite de sa propre main et adressée au Qâḍî al-Qudât Tâj al-Dîn (1) de rite shaféite, l’invitant à se rendre à al-Qods ach-Charîf (Jérusalem) et à visiter la tombe d’al-Khalîl. Il y mentionnait tous les bienfaits, marques de générosité, d’honneur, de respect, de liberté, et les dons de chevaux, d’offrandes, d’argent et de récoltes que le sultan lui avait accordés. Ainsi, le Qâḍî al-Qudât partit à sa rencontre le vendredi, après la prière, le quatrième, chevauchant six chevaux de la poste, muni de présents et de ce qui convenait comme cadeaux. Il revint le vendredi après-midi, le dix-huitième du mois, à son verger (2).
Dans ce mois et le précédent, il y eut de nombreuses crues dans différents endroits. Parmi celles-ci, nous avons observé les ravages qu’elles ont laissés dans la ville de Ba‘labakk : elles détruisirent une quantité importante d’arbres et traversèrent un grand nombre de zones aux alentours. Il y eut également une crue dans la région de Ja‘luṣ, qui causa d’énormes destructions et où se noya le juge de cette contrée, accompagné de quelques personnes de bien. Ils se tenaient sur une butte lorsqu’un torrent d’une violence subite les surprit ; ils ne purent ni l’endiguer ni s’en protéger, si bien qu’ils périrent.
Il y eut aussi une crue dans la région de Ḥissiyya (3) Jamâl qui fit périr un grand nombre d’arbres, de moutons, de vignes et autres. Une autre crue eut encore lieu en terre d’Alep, où bien des gens périrent, parmi les Turcomans et d’autres, hommes, femmes et enfants, ainsi que des troupeaux de moutons et de chameaux. J’ai lu à ce sujet une lettre d’un témoin oculaire affirmant qu’il était tombé de la grêle dont un seul grêlon pesait près de sept cents dirhams ; certains étaient plus gros encore, d’autres plus petits. Fin de citation (4).
Un ordre exigea alors que la confrérie des Qalandariyya cesse de se raser la barbe, les sourcils et la moustache, un acte unanimement interdit d’après ce qu’a rapporté Ibn Ḥazm (5), bien que certains juristes n’en parlent qu’en termes de réprobation (makrûh). Puis, une lettre du sultan, qu’Allâh le soutienne, arriva à Damas le mardi quinzième de Dhû al-Ḥijja pour leur imposer cet habit (ou cette tenue).