Dans un apparat impressionnant et éblouissant, avec un grand nombre et de précieux équipements, les musulmans se réjouirent de lui pour sa bravoure, sa rigueur, et pour le fait qu’il ordonnait le bien et interdisait le mal. Qu’Allah, exalté soit-Il, le soutienne et le guide.
Le vendredi, deuxième jour de Ramadan, les hanbalites prononcèrent le prône dans la mosquée d’al-Qubayyibât, et le juge Shihâb ad-Dîn, qâdî (juge) hanbalite de l’armée, fut révoqué par décret du vice-sultan, car il était notoire qu’il était lié aux hanbalites depuis sa nomination jusqu’alors.
Le vendredi seizième jour du même mois, ‘Uthmân (1) ibn Muhammad, surnommé Ibn Dabâdib ad-Daqqâq, fut exécuté « à coups de fer », selon le témoignage d’un groupe de personnes dont il n’était pas possible qu’elles s’accordent pour mentir, au motif qu’il insultait fréquemment le Messager d’Allah (ﷺ). Il fut traduit devant le juge mālikite et accusé ; il se montra lâche, puis l’affaire aboutit à son exécution. Qu’Allah le défigure, l’éloigne et ne lui fasse pas miséricorde.
Le lundi vingt-sixième jour du même mois, fut également mis à mort Muhammad (2), surnommé Zubâlah, qui s’était rallié (3) à Ibn Ma‘bad, en raison des injures qu’il proférait contre le Prophète (ﷺ) et de ses prétentions de nature blasphématoire. On rapporta de lui qu’il priait et jeûnait beaucoup, mais malgré cela, il proféra des propos infâmes concernant Abû Bakr, ‘Umar, ‘Â’ishah – Mère des croyants – ainsi qu’à l’encontre du Prophète (ﷺ). Sa tête fut tranchée ce même jour au Sûq al-Khayl (marché aux chevaux) ; louange et reconnaissance reviennent à Allah.
Le treizième jour de Shawwâl, le mahmal (cortège textile) impérial partit en pèlerinage, sous le commandement de l’émir Nâsir ad-Dîn ibn Qarâsunqur, tandis que le juge des pèlerins était le shaykh Shams ad-Dîn Muhammad ibn Sand, l’un des muftis.
Vers la fin du mois de Shawwâl, on arrêta un homme appelé Hasan, tailleur dans le quartier d’ash-Shâghûr, réputé pour prendre la défense de Pharaon – qu’Allah le maudisse – en prétendant qu’il était mort en étant musulman, se fondant sur le verset : « Je crois qu’il n’y a pas d’autre dieu que Celui en qui ont cru les Enfants d’Israël, et je suis du nombre des soumis » [Yûnus, 10:90], sans saisir le sens du verset : « Maintenant (tu crois), alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu fus parmi les corrupteurs ? » [Yûnus, 10:91], ni celui de : « Allah l’a saisi pour servir d’exemple dans l’autre monde comme dans celui-ci » [an-Nâzi‘ât, 79:25], ni encore celui de : « Nous l’avons alors saisi d’une saisie terrible » [al-Muzzammil, 73:16]. Il négligeait de nombreuses autres preuves scripturaires prouvant que Pharaon est l’un des plus grands mécréants, ainsi qu’il est unanimement reconnu par les juifs, les chrétiens et les musulmans.
Le matin du vendredi sixième jour de Dhu-l-Qa‘dah, un courrier arriva, convoquant le vice-sultan (4) vers les terres d’Égypte avec tous les honneurs, selon la coutume de Tankiz. Le vice-sultan se rendit donc en Égypte, emportant avec lui de magnifiques présents et offrandes.