Abd ar-Razzâq a rapporté, d’après Ibn Jurayj, d’après un homme, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs (1). Mâlik a également rapporté, d’après Ibn Rûmân, et Shaybân d’après Qatâda et ‘Atâ’ al-Khurâsânî, qu’en substance, ceux qui commirent cet acte furent séparés du reste des habitants de la ville. Certains d’entre eux tentèrent de les en dissuader, mais ils refusèrent de les écouter. Ainsi, ils passaient leurs nuits à l’écart, seuls, en fermant les portes entre eux et les autres, dans l’attente de leur destruction imminente. Puis, un matin, on constata que les portes de leur quartier restaient fermées et ne s’ouvraient pas, bien que la journée fût déjà bien avancée et le soleil haut. Les autres habitants ordonnèrent alors à un homme de monter sur des échelles et de les observer du haut ; lorsqu’il les aperçut, ils étaient devenus des singes dotés de queues, hurlant et se chassant les uns les autres. On ouvrit alors les portes, et ces singes reconnaissaient leurs proches, alors que leurs proches ne les reconnaissaient pas. Ils s’accrochaient à eux, et ceux qui les avaient avertis disaient : « Ne vous avions-nous pas interdits d’agir ainsi ? » Les singes hochaient la tête pour répondre : « Oui. » Ensuite, ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs se mit à pleurer et déclara : « Nous voyons de nombreuses choses blâmables, mais nous ne les dénonçons pas et nous ne disons rien à leur sujet » (3).
Al-‘Awfî (4) rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs, que les jeunes de la cité furent changés en singes, et les vieillards en porcs. Ibn Abî Hâtim (5) relate, par l’intermédiaire de Mujâhid, d’après Ibn ‘Abbâs, qu’ils ne vécurent qu’un court laps de temps (6) avant de périr, sans laisser de descendance. Ad-Dahhâk rapporte, d’après Ibn ‘Abbâs (7), que nul être transformé ne vécut jamais plus de trois jours, et qu’ils ne mangèrent ni ne burent, et ne se reproduisirent pas. Nous avons exposé en détail tous ces récits dans notre commentaire des sourates Al-Baqara et Al-A‘râf (8). Louange et grâce à Dieu.
Par ailleurs, Ibn Abî Hâtim (9) et Ibn Jarîr (10) rapportent, par le biais de Ibn Abî Najîh, que Mujâhid a déclaré : « Leur cœur fut métamorphosé, mais ils ne furent pas changés physiquement en singes et en porcs ; il ne s’agissait que d’un exemple donné par Dieu, tout comme Sa parole : “Tel l’âne qui porte des livres” (Al-Jum‘a, 5). » Cette opinion lui est attribuée de façon solide, bien qu’elle soit très singulière, et elle va à l’encontre du sens apparent du Coran et des avis clairs de nombreux savants des premières générations comme des suivantes. Dieu sait mieux.